Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Liberté - Page 944

  • Et si Nathalie nous servait de guide ?

    3846377.image?w=700&h=393 

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 03.05.17

     

    J’ai longtemps sous-estimé Nathalie Fontanet. Autant les qualités humaines de la politicienne libérale m’apparaissaient incontestables, autant je la jugeais précise et compétente sur les dossiers, autant elle me donnait l’impression de trop rouler pour ses mentors, le député Jornot par exemple à l’époque, puis Pierre Maudet, pas assez pour elle-même. Je me disais toujours que, pour arriver au sommet, elle aurait à s’affranchir d’une obligation de figure tutélaire qui, tout en la protégeant, l’empêchait de s’épanouir. Je pensais cela, elle le savait, nous en discutions, très amicalement, c’était un point de désaccord entre nous. Lequel, au demeurant, ne posait aucun problème : Nathalie Fontanet est une personne avec qui on peut discuter. Et puis, j’ai réfléchi. Je crois aujourd’hui qu’elle a mûri en politique, ne s’en laisse plus guère conter par les princes charmants ou les premiers de classe, commence à envisager le destin comme pouvant être sien. Et si un jour, elle nous servait de guide, Nathalie ?

     

    Je vais vous le dire : il y a un jour, un moment très précis, où mon opinion sur Nathalie Fontanet a basculé. C’est le psychodrame du verre d’eau, jeté par Eric Stauffer en direction de Pierre Weiss. Pendant quelques minutes, dans notre brave Grand Conseil, un climat de sédition, de République bananière, d’Amérique latine version le Général Alcazar. Les corps s’échauffent. Les esprits s’enflamment. René Desbaillets tient le bouillant député MCG par la nuque. Rome n’est plus dans Rome. L’Apocalypse, sans passer par l’huissier, fait son entrée. Et, au milieu de tout cela, notre Nathalie Fontanet, parfaitement calme, se plante dans la croisée des diagonales du tableau, là où les coups pouvaient pleuvoir, apaise les gens, tisse des liens. Ce jour-là, cette députée a fait preuve de courage physique, de lucidité. Je ne l’oublierai pas.

     

    Je dis maintenant qu’elle pourrait nous servir de guide. Cela, pour une raison précise : Nathalie Fontanet possède les qualités pour faire de la politique à Genève. D’abord, la compétence, ce qui est la base. Mais aussi, elle sait travailler en équipe. Dans une Chambre aux majorités introuvables, elle a appris – mieux que d’autres – à trouver parfois les clefs pour avoir la solution. Elle a le sens du réseau, seul moyen de survivre dans la Genève politique. Elle a la patience (mais comment diable fait-elle ?) d’écouter les gens. Bref, ce qui pourrait apparaître, en première lecture, comme des qualités relevant de la pédagogie la plus gnangnan du vivre ensemble de l’Ecole genevoise, elle en fait des atouts de lucidité et de survie, dans la jungle du bout du lac. Si elle réussit à se faire élire au Conseil d’Etat, cette connaissance du terrain et de la ductilité politiques pourrait, au fond, lui être très utile. Il est rare que je dise cela, tant le travail en équipe m’est étranger, et tant je préfère l’individuelle verticalité ciselée par une solitude. Mais, en ce bas et périssable monde, chacun ses atouts, chacun ses méthodes. Bonne chance, Nathalie ! Nul doute que les libéraux, comme ils en ont l’habitude, vous soutiendront. Le doigt sur la couture de la jupe. Vive la vie !

     

    Pascal Décaillet

     

  • Quelque chose, contre rien

     

    Sur le vif - Mardi 02.05.17 - 15.14h

     

    Il existe, entre Mme Le Pen et M. Macron, une toute petite nuance, qui permet de les différencier.

     

    Marine Le Pen, on comprend absolument tout de ce qu'elle raconte. C'est clair, limpide. Le taux de réception du message est de 100%. Ensuite, on est d'accord ou non, on l'aime ou on la déteste, chacun est libre.

     

    Emmanuel Macron, on ne comprend strictement rien à son discours. Il parle pourtant très bien, les mots font partie du vocabulaire courant, les phrases s'enchaînent, la posture rhétorique est excellente. Mais le message ne passe pas. Je m'efforce de l'écouter depuis des semaines, je le trouve sympathique, mais je n'ai réussi à retenir, pour l'heure, qu'une vague affaire de taxe d'habitation, qui me semble relever davantage d'un sous-secrétariat d’Etat au Logement que du chef de l'Etat.

     

    Même ses partisans reconnaissent ne pas comprendre grand chose. Mais ils votent pour lui. Par défaut. Parce qu'on ne va tout de même pas élire la Bête immonde, non ? Ils votent pour une image. Un label. Une gravure. Une marque de fabrique.

     

    Nous ne sommes pas dans l'antagonisme de deux discours. Mais dans le choix entre un discours et... une absence de discours.

     

    Singulier, non ?

     

    Pascal Décaillet

     

  • Incandescence des âmes

    image_612.jpg 

    Sur le vif - Mardi 02.05.17 - 06.57h

     

    Jamais, depuis longtemps, la France n'a été placée devant un choix aussi clair. Mme Le Pen ou M. Macron, ce sont deux visions diamétralement opposées de l'avenir du pays.

     

    Quel que soit le résultat, il y aura dimanche soir deux France. L'une pour gouverner. L'autre, pour constituer une puissante et redoutable opposition.

     

    Dimanche, ce sera l'acte 1. En juin, avec les législatives, l'acte 2. Cet automne, avec la rentrée sociale, l'acte 3. Puis, la partie totalement imprévisible, la législature elle-même, dans un climat d'incandescence des âmes de nature à rappeler l'immense poète Agrippa d'Aubigné, l'auteur des Tragiques, l'un de mes livres de chevet.

     

    Ce grand pays s'en sortira, bien sûr, comme toujours dans sa remarquable Histoire. Sur les ferments de sa dispersion, il scellera une nouvelle fois l'unité. Mais nous entrons dans des années difficiles, une période de turbulences. Ça fait partie du jeu. Il faut que s'accomplisse un destin. Il faut parfois que tout s'effondre, pour reconstruire. Ainsi naissent et meurent les Républiques. Toujours dans la crise. Toujours dans le tragique de l'Histoire. Toujours, dans la douleur.

     

    Pascal Décaillet