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Commentaires GHI

  • Sauver le modèle allemand

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 21.01.26

     

    L’effondrement industriel de l’Allemagne : voilà un vrai problème ! Il éclaire la faiblesse actuelle du continent européen. Et jusqu’à nos fragilités économiques suisses.

     

    Depuis Frédéric II, le grand roi de Prusse (1740-1786), et ses conquêtes de la Silésie et de la Poméranie, l’Allemagne s’est lancée dans la grande aventure de transformation de la matière. L’Histoire de son industrie, de sa sidérurgie, ces deux derniers siècles, est l’Histoire de l’Allemagne elle-même. Visiter le Musée de la Mine à Bochum (Ruhr, Rhénanie du Nord – Westphalie), c’est tout comprendre sur la Révolution industrielle, ses aspects économiques et sociaux.

     

    Je vous en conjure : allez passer vos vacances en Allemagne ! Visitez des usines. Promenez-vous dans des friches industrielles. Ça vaut tous les livres.

     

    Première puissance industrielle d’Europe, quatrième du monde ? Plus pour longtemps, si l’effondrement se poursuit. Dans une Allemagne paupérisée, qu’adviendra-t-il du remarquable système social mis en place dès les dernières années de Bismarck ? Et qui a traversé plus d’un siècle ? Nul, en Europe, n’a intérêt à un affaiblissement industriel de l’Allemagne, encore moins à une fragilisation des rapports sociaux.

     

    L’Allemagne que nous aimons, c’est celle de Willy Brandt : vitalité économique sans précédent, mais système social à visage humain et responsable. Voilà, en Europe, un modèle à sauver.

     

    Pascal Décaillet

  • Soyons plus Suisses que jamais !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 21.01.26

     

    Etats-Unis, Chine, Russie : le retour des empires, avec des appétits territoriaux assumés, domine le monde. Il y en a pour plusieurs années, ce qu’on appelle un cycle. Partout, on nous parle de guerres. Tout le monde se réarme. Les budgets militaires grimpent. Les gens commencent, même dans nos pays apparemment épargnés, à avoir peur. Ambiance difficile, presque angoissante, peu portée à un regard serein sur l’avenir. Dans ces conditions, tellement en rupture avec les décennies de candeur suite à la chute du Mur, et la théorie bidon des « dividendes de la paix », ou, pire encore, de « fin de l’Histoire », que doit faire la Suisse ? Que peut-elle faire, seulement ?

     

    Le première chose est de garder notre calme. S’informer, bien sûr, mais en se méfiant comme de la peste de toutes les propagandes. En période de guerre, ou de préparation à la guerre, la maîtrise de l’information est l’une des composantes du combat. Nous méfier du narratif de Moscou ? Certes. Mais, tout autant, et sans doute plus encore, de celui de Washington. Il n’y a pas de bons ni de méchants, il y a des empires immenses dont les chefs bombent le torse. Le « droit international », c’est fini, pour peu qu’il n’ait jamais eu, depuis 1945, la moindre pertinence. Les Américains « amis » de l’Europe, c’est fini. Quant à l’Europe elle-même, ce continent dont nous sommes et que nous aimons tant, elle n’a nulle existence politique. Encore moins, diplomatique. Encore moins, militaire et stratégique. A Bruxelles, une oligarchie de fonctionnaires pond des directives. Est détestée par les peuples. Et fait la morale. C’est rafraîchissant, pour les cabarettistes. Mais, en termes de crédibilité, c’est un peu juste.

     

    La Suisse ? Notre pays est minuscule. Nous ne sommes pas dans la cour des grands, nous n’y fûmes jamais. Mais ce petit pays, nous l’aimons. Il est le nôtre. Il est nos paysages. Il est nos souvenirs, notre passé. Il est ce présent incarné par les gens, autour de nous, que nous aimons. Il est notre Histoire. Il est notre démocratie directe, unique au monde, où le peuple a le dernier mot. Il est ce fédéralisme si subtil, où nulle minorité n’est bafouée. Il est cette passion commune de faire vivre le pays, son énergie, sa vitalité, son économie, ses lois. Il est notre rapport au passé, à la mémoire, à nos cicatrices, cette nostalgie qui nous prend à la gorge. Il est nos grands drames nationaux, nous venons d’en vivre un, majeur, en ce début d’année.

     

    Nous, Suisses, n’entrons jamais dans une alliance. Soyons amis de tous les peuples du monde, apprenons leurs langues, leur Histoire, renseignons-nous passionnément, soyons une terre de dialogue et de paix. Mais, plus que jamais, méfions-nous des puissants. Méfions-nous du pouvoir. De tout pouvoir, d’où qu’il vienne. Défendons simplement nos valeurs. Soyons, plus que jamais, solidaires à l’interne. N’abandonnons aucun de nos compatriotes. Avant toute chose, soyons souverains. Nos lois se décident à Berne, ou dans les cantons. A Berne, et pas à Bruxelles. Encore moins, à Washington.

     

    Pascal Décaillet

  • Lucidité, vertu première

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 14.01.26

     

    De deux choses, l’une. Soit on se réclame du « droit international », soit on considère, en analyste cynique, lecteur de Clausewitz et Bismarck, les seuls rapports de forces.

     

    Si on est de la première catégorie, alors désolé, il faut condamner le comportement de Trump au Venezuela avec la même force que celui de Poutine en Ukraine. Dans les deux cas, à des degrés certes différents, il y a l’application, pure et dure, de la loi du plus fort : « Tu es dans ma zone d’influence, je suis le patron ». Et cela, c’est tout, sauf le « droit international ».

     

    Si on se veut de la seconde catégorie, celle qui reconnaît, comme fait accompli, les sphères d’influence, donc la capacité d’attraction d’un petit par un proche puissant, alors OK, on laisse Trump débarquer à Caracas, enlever le Président en exercice (fût-il un très méchant individu), s’approprier le pétrole du pays, en recouvrant cet acte de pur piratage de belles paroles sur la démocratie. Mais alors, dans le cas de la Russie et de l’Ukraine, on doit peut-être se poser quelques questions sur l’ancestrale rivalité de Kiev et Moscou autour de la partie orientale de l’Ukraine, à commencer par le Donbass.

     

    Bref, le moralisme, dans cet implacable paradoxe, qui nous force à nous montrer cohérents et à choisir, est la grande victime. Rien ne sert de gémir. Il nous faut être lucides, c’est la première des vertus.

     

    Pascal Décaillet