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Commentaires GHI - Page 4

  • Les dents, c'est du concret !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 19.11.25

     

    De quoi souffre la gauche, à Genève comme ailleurs ? De s’être, depuis la chute du Mur, éloignée des fondamentaux du social, pour s’égarer dans le sociétal. Elle souffre aussi de tenir, en milieu urbain, un discours bobo déraciné, au lieu de plonger dans les souffrances des Suisses. Elle souffre encore de mépriser les saintes et légitimes colères de nos compatriotes pour qui la libre-circulation des personnes, entendez les flux migratoires massifs, ne sont pas nécessairement vécus comme un enrichissement. Elle souffre, enfin, sous l’influence des Verts, de privilégier la fin du monde sur la fin du mois.

     

    Face à cette dérive, l’initiative cantonale sur les soins dentaires, lancée par la gauche genevoise, et portée par la députée socialiste Sophie Demaurex, fait plaisir à voir. Les dents des humains : rien de plus concret, rien de plus fragile si on se nourrit mal, si on abuse du sucre. Une dent infectée peut avoir des conséquences funestes sur l’ensemble du corps. La dent n’est absolument pas un élément extérieur, elle est partie intégrante de notre corps. Nous devons en prendre soin.

     

    L’initiative propose un chèque annuel de 300 francs pour les plus défavorisés d’entre nous, valable pour leurs soins dentaires. Elle va totalement dans le bon sens. Et surtout, elle donne un signal : s’occuper ENFIN des vraies souffrances des gens. A commencer par les plus démunis. Aux initiants, je dis bravo !

     

    Pascal Décaillet 

  • La rue, la rue, la rue !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 12.11.25

     

    Il y a des gens, comme dans le sketch génial de Jean Yanne et Daniel Prévost, qui sont de véritables manifestants professionnels. Ils passent leur vie dans la rue. La moindre cause est prétexte à se fondre dans une foule, ils ont le geste liturgique, la flamme de la procession. On les retrouve depuis des décennies, oui exactement les mêmes, sur à peu n’importe quel sujet, pourvu qu’ils puissent défiler, et répéter les slogans du coryphée : la rue, toujours la rue, rien que la rue !

     

    Leur cartographie de Genève : place des Nations, Vingt-deux-cantons, place Neuve, Pont du Mont-Blanc, les mêmes, toujours les mêmes. Mêmes itinéraires, mêmes débordements par des casseurs incontrôlés, même absence de responsabilité, ne serait-ce que financière, par les meneurs. Et des autorités, parfois, bien complices.

     

    Ils nous disent que le droit de manifester est protégé par la Constitution. Mais celui de tout casser ? Celui d’immobiliser des milliers de Genevois, qui se lèvent le matin pour aller bosser, ne touchent aucune subvention, paient des tonnes d’impôts. Et n’ont pas envie, sur le coup de 18h, en retraversant la ville pour enfin rentrer chez eux, de perdre deux heures à cause des éternels braillards. L’écrasante majorité silencieuse, à Genève, exige de pouvoir se déplacer de façon fluide. Il y a déjà les bouchons. Mais les manifs en plus, ça suffit,

     

    Pascal Décaillet

  • La lucidité oui, la morale non

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 12.11.25

     

    La politique doit aimer les citoyens, et se méfier des militants. Elle doit chérir tout compatriote, de gauche comme de droite, progressiste ou conservateur, qui s’engage pour la collectivité. Mais elle doit tenir à distance les enragés d’une seule cause, aussi respectable soit-elle. La politique est un art du possible. Elle exige connaissance de l’Histoire, du terrain, des hommes et des femmes, compétence sur les enjeux, vision générale, sens de l’Etat. Elle exige de mettre en action notre cerveau. Le politique, tous degrés confondus, doit se faire tête froide, et même avec un certain cynisme assumé. Ce mot, non dans le sens diabolique qu’on lui prête trop souvent, mais dans celui d’une démarche dépassionnée, seule possible pour prendre des décisions engageant toute une collectivité, un Etat, une nation. Une communauté humaine, au sein de frontières bien déterminées. Et non la planète entière. Accepter des limites est œuvre de raison. Vouloir convertir le monde est pathologie passionnelle.

     

    Pour cela, il faut commencer à l’école. Dans les cours d’Histoire. Ne surtout pas moraliser. Ne surtout pas condamner les actes de nos ancêtres sans les placer soigneusement dans le contexte de leur époque, qui n’est pas la nôtre. Il faut, avec cynisme (oui, j’insiste sur ce mot, dans ce qu’il a de glaçant et d’appel à la lucidité), expliquer les grandes décisions de l’Histoire en fonction des intérêts des puissants du moment. Comme nous y invitent Karl Marx, et, vingt-cinq siècles avant lui, l’historien athénien Thucydide, il nous faut décortiquer les causes et les effets, aller chercher dans les relations de pouvoir et de domination, principalement économiques, les vraies raisons des guerres. Cela doit être enseigné aux élèves dès l’école primaire, c’est une école de vérité.

     

    En un mot, en politique, la lucidité doit primer sur la morale. C’est valable chez les décideurs. Mais aussi, et surtout, chez les citoyennes et citoyens que nous sommes tous. En Suisse, nous sommes les patrons. Nous avons le dernier mot. Soyez passionnés, si ça vous chante. Mais dans l’ordre de la décision politique, ne votez jamais sans avoir actionné votre cerveau. Peser les intérêts, laisser, en son for, se frotter comme des silex le pour et le contre, écouter tous les arguments, c’est cela le mystère de notre démocratie suisse. Notre pays a besoin d’hommes et de femmes compétents, ouverts, curieux, avides de s’informer, capables de débattre sans hurler ni agresser son adversaire. Il a besoin de la lumière des arguments, et n’a que faire des slogans grégaires, moutonniers, scandés par des foules n’en pouvant plus de rêver du Grand Soir. Les citoyens oui, les éternels militants professionnels, non merci.

     

    La maturité citoyenne exige tout le contraire de l’agrégation à une foule. Elle impose la solitude. La lecture. La réflexion. Et, s’il le faut, le courage d’être seul contre tous. Parce que là, ça tangue, et nul ne viendra vous soutenir, si ce n’est la lumière intrinsèque à chacun de vos propres arguments. En un mot, les forces de l’esprit.

     

    Pascal Décaillet