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Commentaires GHI - Page 2

  • La grande trouille du patronat

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.05.26

     

    La votation capitale du 14 juin prochain, sur la Suisse à 10 millions d’habitants, constitue un parfait terrain de bataille où pourront s’exercer les feux de la droite non-libérale, face à la droite casino, libre-échangiste, immigrationniste par profit, méprisante du peuple, des frontières, des nations. Cette dernière, hélas, alliée à la gauche, qui se montre dans cette affaire d’une candeur à couper le souffle, et se fait manipuler par les ultra-libéraux. Quelle naïveté, surtout de la part des socialistes ! Défendent-ils encore les travailleurs suisses ?

     

    La progression, en Suisse, de la droite non-libérale, est présente dans plusieurs indices. Ne retenons que l’un d’entre eux : une majorité des militants PLR, selon un sondage Tamedia, serait FAVORABLE à l’initiative ! Et que penser de la démocratie chrétienne conservatrice, d’origine rurale, si attachée à ses traditions locales, dans les cantons de Suisse centrale et orientale ? Si on ajoute tout ce beau monde à l’électorat de l’UDC, ça commence à faire beaucoup. Et ça pourrait, le jour venu, constituer une majorité. Ce sera très serré.

     

    Face à tout cela, le rouleau compresseur du grand patronat, qui carbure à coups de dizaines de millions. Une campagne hallucinante, ils ont la trouille, du jamais vu ! Et leur trouille, ils essaient de la transmettre au peuple suisse. A lui, en contrepartie, de lui prouver son indépendance. Et sa souveraineté.

     

    Pascal Décaillet

     

  • La droite non-libérale, ça existe !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.05.26

     

    La marée ultra-libérale qui a submergé l’Europe depuis 35 ans, suite à la chute du Mur et à l’éclosion d’idéologies économiques libertaires d’origine anglo-saxonne, mortifères à mes yeux, toute cette Croisade anti-Etat, anti-services publics, donne l’impression que la droite ne peut être que libérale. Pire : ultra-libérale. Il n’y aurait, face à la gauche, que cette droite-là : capitaliste, mondialiste, cosmopolite, se jouant des frontières et des nations, dérégulatrice. Une droite de la spéculation en officines, du profit aux actionnaires plutôt qu’aux travailleurs. Une droite de la financiarisation de l’industrie. Une droite des délocalisations. Une droite qui méprise l’agriculture. Une droite des flux migratoires sans entraves, constituant une main d’œuvre payée à la sous-enchère. Une droite de l’Argent roi. Une droite du Veau d’or.

     

    A qui profite cette réduction sémantique et intellectuelle ? A la gauche, bien sûr ! Elle saisit l’occasion au vol, et associe depuis trois décennies la droite au capitalisme le plus débridé. Pourquoi se gênerait-elle ? Dans ce Yalta, où l’univers vivant serait scindé en deux, d’’un côté une droite égoïste et sauvage, de l’autre une gauche de la justice et de la rédemption (la gauche théologique, moralisatrice à souhait), il est, je dois l’avouer, difficile de plaider pour une troisième voie. J’en sais quelque chose ! C’est exactement ce que je fais, depuis près d’un demi-siècle d’engagement éditorial.

     

    Je me sens homme de droite, par l’éducation qui fut la mienne, l’école que j’ai fréquentée, les maîtres qui m’ont initié, les milliers de livres que j’ai lus, mon rapport à la langue, au passé, bref une droite culturelle. Je l’assume, bien évidemment. Pourtant, depuis toujours, sur les grands sujets sociaux, je vote avec la gauche. J’ai voté pour la Caisse unique, pour la Caisse publique, pour la treizième rente. Je défends le monde ouvrier. Je défends les paysans. Je considère absolument tous les humains de la terre de façon égale, quelle que soit leur condition sociale, la couleur de leur peau, leur origine, leur religion. J’utilise exactement le même ton avec chacun d’entre eux. Je défends le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le droit des Palestiniens à avoir leur Etat, par exemple, depuis ma jeunesse. Je ne supporte pas la morgue, ni l’arrogance de classe.

     

    Ma position est peu lisible ? Je n’en suis pas si sûr. Peu lisible, dans la droite libérale, ou à l’inverse dans la gauche moralisante, les deux pôles que le Yalta dichotomique arrange bien, ça oui ! Mais auprès des couches profondes de la population, à en juger par les milliers de réactions que je reçois, ma ligne est parfaitement claire. Et parle à un nombre immense de mes compatriotes, qui ne veulent ni la doxa des camarades, ni la satisfaction repue des nantis. Des patriotes, oui ! Des gens qui aiment leur pays. Aiment le travail. Lui sacrifient une partie de leur vie, comme l’ont fait avant eux leurs parents. Ah, un dernier détail, infinitésimal : les colleurs d’étiquettes, je les emmerde.

     

    Pascal Décaillet

  • Le Laos, peut-être ?

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.05.26

     

    Prenons les faits, et eux seulement. Quel pays, depuis 1945, a-t-il utilisé deux fois la bombe atomique, le 6 août 45 sur Hiroshima, puis le 9 sur Nagasaki, pulvérisant, à trois jours d’intervalle, deux villes importantes du Japon ? Ce pays, je ne crois pas que ce soit l’Iran. Ni l’Irak. Ni la Serbie. Ni le Vietnam. Ni Cuba.

     

    Les faits, toujours. Quel pays, premier à utiliser l’arme nucléaire, est devenu la première puissance atomique du monde, profitant de l’effroi pour établir sur la planète un impérialisme rarement égalé dans l’Histoire ? Digne de celui de Rome sur le monde méditerranéen, ou de la puissance navale britannique, aux 18ème et 19ème siècle ? Le Vietnam ? Cuba ?

     

    Quel pays, usant de sa monnaie comme étalon de référence, l’ayant déconnectée en 1971 de son pesant en or, faisant rouler sa planche à billets, impose sa domination économique et financière sur le monde, depuis 1945 ? L’Iran ? L’Irak ? La Serbie ? Le Vénézuéla ?

     

    Quel pays, finançant Israël depuis des décennies, fermant les yeux sur les exactions de Netanyahu, s’oppose à toutes les sanctions internationales tentées contre ce pays ? Cuba ? Le Nicaragua ? Le Cambodge ? Hmmm, le Laos, peut-être ?

     

    Quel pays bombarde, napalmise, incendie les récoltes de pays pauvres, impose au monde ses systèmes informatiques, et demain son intelligence artificielle ? L’Iran ? La Serbie ? Ou, peut-être, la République de Saint-Marin ? Oui, c’est cela : Saint-Marin.

     

    Pascal Décaillet