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Commentaires GHI - Page 2

  • "La Déroute, géante à la face effarée"

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 18.03.26

     

    L’initiative populaire fédérale est un exercice dangereux. En soi, c’est même un pari complètement fou : celui lancé, au départ, par une poignée de citoyens au peuple suisse tout entier. A la fin d’une longue campagne, harassante, le verdict tombe. La victoire, pour les initiants, est rare : elle exige la double majorité, peuple et cantons, très dure à arracher. Prenez la liste des initiatives, depuis 1891 : beaucoup d’échecs, très peu de réussites.

     

    Et puis, si on perd, tout dépend de l’ampleur du revers : à 55% de NON, vous aurez quand même quasiment gagné, vous aurez imposé au pays un grand débat national. Mais 71% de refus ! Et vous, seulement 29% ! Plus de sept votants sur dix contre vous ! Là, c’est dur. Là, c’est Waterloo. Là, il vous faut relire Victor Hugo, « La Déroute, géante à la face effarée ». Le jeu est cruel. Vous avez choisi de lancer un défi au peuple suisse. Vous avez réuni les signatures. Vous vous êtes battus, à la loyale. Et puis, un beau dimanche, le pays vous signifie sèchement son rejet. Respect à ces combattants. Tous les combattants du monde, ceux qui gagnent, ceux qui perdent.

     

    71% de NON, c’est le verdict des Suisses, le dimanche 8 mars, sur le « fonds climat », présenté par les Verts, soutenu par la gauche, combattu par la droite. C’est une déroute. Il appartient aux Verts, sur l’ensemble du pays, dans toutes leurs sections, avec cette décentralisation qui leur est chère, d’en tirer les leçons. Dire que le peuple « a mal voté », ou qu’il n’a « pas compris les enjeux » est tout simplement ridicule. Le peuple a parfaitement saisi ! Et il a vu, surtout, qu’il était scélérat de prétendre faire échapper ces milliards au mécanisme, démocratiquement voulu par le peuple ou ses représentants, du frein à l’endettement. En quel honneur, je vous prie ? En vertu de quelle théologie, de quel dogme, qui se proclameraient supérieurs à notre ordre démocratique ? En réagissant, dès le 8 mars à midi, avec un tel mépris pour le peuple souverain, les Verts ont aggravé leur cas. Et creusé leur tombe. Les Suisses ne supportent pas une telle arrogance.

     

    L’avenir des Verts ? C’est leur affaire. Disons simplement qu’un peu plus de social, pour un parti qui se réclame des grandes valeurs de la gauche, ne ferait pas de mal. Un peu plus de fin du mois, un peu moins de fin du monde. Un peu plus de pragmatisme, un peu moins de catastrophisme. Un peu plus de politique, un peu moins de morale. Un peu plus de respect pour l’effort fiscal des classes moyennes, qui est phénoménal, tant on les ponctionne. Un peu plus de sens du pays, de sa souveraineté, de sa cohésion sociale. Un peu moins d’internationalisme. Un peu moins de Bruxelles. Un peu moins d’immigration. Un peu plus de marché intérieur : sur les « circuits courts », et la nécessité de consommer local, une majorité de Suisses sont prêts à suivre les Verts. Mais sur les milliards du « fonds climat », c’est NON. Et c’est sans appel.

     

    Pascal Décaillet 

  • Sublimes inconnus

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.03.26

     

    Relisez les journaux de l’époque. Au début des années 1920, est apparue la radio. La presse écrite, jusque-là souveraine, s’étranglait de cette subite concurrence, elle en dénonçait la superficialité, la vulgarité.

     

    Au début des années 1950, idem pour la TV. Mêmes réactions : les journaux, et aussi la radio, devenue à son tour un média de la convenance et du pouvoir, hurlaient face à l’immense popularité de cette lucarne qui venait prendre la place du foyer, le vrai avec le feu, autour duquel les familles s’agglutinaient depuis des siècles.

     

    Aujourd’hui, même scénario avec les réseaux sociaux. Que de haine, chez les désormais très conservateurs journaux, radio et télévision, bien installés ! Eh bien je vous dis, moi, de ne pas vous laisser influencer par ce torrent de propagande et de jalousie.

     

    Sur les réseaux, il y a le pire : les meutes, l’anonymat, la lâcheté. Mais croyez-moi, il y a aussi le meilleur : le surgissement de parfaits inconnus, des solitaires, passionnés par un thème, ultra-compétents, dont les informations sont précieuses, surprenantes, documentées. Ces gens-là, sans l’existence des réseaux, auraient passé le restant de leur vie sans que personne ne pût bénéficier de leurs apports, leurs lumières.

     

    Alors moi, homme de radio, homme de télé, homme de presse écrite, je vous dis que les réseaux c’est génial. Écartez le pire. Prenez le meilleur. Vous en serez enrichis. Cultivés. Moins seuls.

     

    Pascal Décaillet

  • Duel d'escogriffes

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.03.26

     

    Qui sommes-nous ? Des hommes et des femmes libres. Libres de vivre. De respirer. Libres de nos regards sur le monde. Nos lucidités. Nos décryptages. Nos analyses. Nos adhésions spirituelles. Libres, surtout, de nous détacher de toute meute, d’où qu’elle vienne. Les rejeter. Les haïr. Les meutes de gauche. Et, tout autant, les meutes de droite, en forme olympienne, ces temps, sur certaines chaînes privées parisiennes. La meute, c’est le degré zéro de l’esprit critique. La meute, c’est la nullité, c’est la honte.

     

    Alors oui, fuyons toutes les meutes. Un exemple : Mélenchon. Dieu sait si je le combats, celui-là, mais je ne supporte pas la meute contre lui, orchestrée au plus haut niveau de la droite française la plus ultra. Elle est tout aussi détestable, cette meute contre un homme, que les meutes des Insoumis pour empêcher les opinions contraires aux leurs dans les Universités.

     

    Deux extrêmes, qui passent leur temps à surenchérir l’un contre l’autre, dans l’ordre de l’invective. Le pays de Verlaine et Debussy, de Jean-Philippe Rameau, de Racine et La Fontaine, le pays de Ravel, est tombé si bas ? Assister à l’affrontement à mort de deux meutes, enragées, endoctrinées ? Non, non et non : la France mérite mieux que ce duel d’escogriffes. Elle a d’autres lumières à offrir au monde. Elle a une autre musique à livrer à nos oreilles. A quand, le grand réveil ?

     

    Pascal Décaillet