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Commentaires GHI - Page 2

  • La dette est une faute morale

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.05.26

     

    Vous connaissez sans doute le fameux double sens donné par Martin Luther, dans sa traduction de la Bible en allemand, en 1522, au mot « Schuld ». Pour lui, ce mot peut signifier à la fois la dette (une somme d’argent que l’on doit à quelqu’un) et la faute morale. Celle d’un meurtrier. Celle d’un voleur. Dans l’univers francophone, ça n’est pourtant pas la même chose : un débiteur, qui après tout rembourse, et finit par régler ses comptes, ne saurait être comparé à celui qui dérobe, dévalise, ou, pire, tue un humain. Passionné par l’Histoire de la langue allemande, des mots allemands, Luther, les Frères Grimm, je me demande depuis des décennies si cette différence de champ sémantique, entre l’univers germanique et celui des francophones, n’a pas conditionné, au fil des siècles, la perception même de la dette publique, au niveau d’un Etat, d’un Land allemand, d’un Canton suisse, d’une municipalité, ou même d’un ménage, d’un individu. Y compris, à l’intérieur de la Suisse, une sacrée ligne de fracture entre Romands et Alémaniques.

     

    A titre personnel, toute dette, toute idée d’être débiteur de quelqu’un, me révulse. Comme petit entrepreneur, depuis vingt ans, j’ai toujours opté pour une gestion prudente, limite timorée, excluant toute gourmandise dans les « investissements », et surtout toute dépendance par rapport à un usurier. Cette prudence, je la tiens de mon père. Et au niveau d’un Etat ? Là, vous le savez, les écoles s’affrontent. La gauche veut dépenser à souhait. La droite veut bien une dette « d’investissement », à condition qu’elle soit sévèrement encadrée, mais refuse la dette « de fonctionnement ». Pour ma part, partisan de la rigueur absolue, je m’oppose à toute dette, même d’Etat.

     

    Regardez la France : ce cher voisin, que nous aimons, dont nous admirons la grande Histoire, les poètes, les musiciens, est aujourd’hui rongé par la gangrène de la dette publique. Plus de 3'600 milliards d’euros ! C’est un chiffre colossal, une honte publique, une FAUTE MORALE de tous les pouvoirs successifs, de droite comme de gauche, depuis un demi-siècle. Le dernier Président des chiffres noirs est Georges Pompidou, mort le 2 avril 1974. Cela signifie que, pour les générations qui vont suivre, l’avenir est plombé par le remboursement de la dette. Avec les intérêts, bien sûr. Ceux qui endettent le pays, le liant à des créanciers pratiquant l’usure légale pour s’enrichir, commettent une FAUTE MORALE majeure. Ils transmettent à leurs enfants le poids de leur faute. Ils ruinent le crédit de leur pays, à l’international, mais aussi le rapport de confiance avec la classe politique. Le problème no 1 de la France, c’est la dette. Il faudrait, de longues années, toute la rigueur d’un Mendès France, pour commencer à régler le problème. Hélas, nous en sommes loin.

     

    Nous les Suisses, refusons la dette ! Combattons-la, dans les Cantons comme au niveau fédéral. La force d’un pays, son crédit, ce sont des finances publiques saines, une monnaie forte, et un peuple qui bosse. Les Allemands en savent quelque chose. Nous, les Suisses, demeurons rigoureux et prudents !

     

    Pascal Décaillet

  • Laisser la Suisse aux affairistes ? Non, merci !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.05.26

     

    La votation du 14 juin sur la Suisse à dix millions est l’une des plus importantes de ces dernières années. Elle n’est absolument pas un scrutin contre les étrangers, mais elle veut enfin introduire la régulation drastique des flux migratoires décidée par le peuple et les cantons, le 9 février 2014. Si cette décision du souverain ultime de notre pays, il y a douze ans, avait été mise en application par le Parlement et les corps intermédiaires, comme ils en avaient le devoir, cette nouvelle initiative n’aurait pas été nécessaire. Il y a eu, clairement, trahison des clercs, trahison des élites, trahison de la « démocratie représentative », comme elle aime se désigner elle-même, non sans arrogance de classe. Et, face à ce coup de poignard, il y a eu réaction d’une partie du peuple suisse. Alors oui, la Suisse à dix millions, c’est la revanche du 9 février 2014. La revanche, non des perdants, mais CELLE DES GAGNANTS !

     

    « Démocratie représentative » : mais qui « représentent-ils », ces emmurés de la molasse bernoise, à se pavaner en costard sous les lambris du Palais fédéral, lorsqu’ils refusent d’appliquer une décision souveraine du peuple et des cantons ? Par ce déni, ils ne « représentent » plus le peuple ! La droite libérale, qui porte une responsabilité écrasante dans ce refus de mise en application, apparaît dans cette affaire comme le syndicat des valets du grand patronat, celui-là même qui profite des flux migratoires créés par la libre-circulation, pratique la sous-enchère, empoche les dividendes de la croissance, en oubliant de les redistribuer aux travailleurs.

     

    La gauche, quant à elle, toute à son carcan idéologique, à sa haine de l’UDC, à son rejet systématique de toute idée avancée par ce parti, ne « représente » plus qu’elle-même. Le peuple, elle l’a oublié. Les souffrances des ouvriers suisses, fragilisés pas la submersion migratoire, elle ne les écoute pas. Ce comportement, cette alliance totalement malsaine avec les forces ultra-libérales qui gangrènent notre cohésion sociale, la gauche suisse devra un jour les payer. Les flux migratoires, elle les laisse déferler, toute heureuse d’engager de nouveaux cotisants dans les syndicats, qui engraisseront ainsi leur propre machine, le serpent se mord la queue.

     

    Le 14 juin, chaque citoyenne, chaque citoyen de notre pays se prononcera individuellement, en conscience, comme il doit d’ailleurs le faire lors de chaque vote. Nul, je dis bien nul, ne doit lui dicter son choix. Les partis donnent leur point de vue, très bien, mais nul citoyen ne doit écouter d’autre guide que sa petite voix intérieure, celle de son intime conviction. Une moitié, je pense, de la Suisse, votera OUI, l’autre votera NON. Reste à savoir en faveur de qui se jouera la bascule. Pour ma part, je ne fais jamais procès à personne de son vote. D’ici là, parlons du fond. Et pensons, très fort, aux intérêts supérieurs de notre pays. C’est le seul, l’unique enjeu, au moment de la décision suprême, qui doit guider chacun de nous.

     

    Pascal Décaillet

  • La grande trouille du patronat

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.05.26

     

    La votation capitale du 14 juin prochain, sur la Suisse à 10 millions d’habitants, constitue un parfait terrain de bataille où pourront s’exercer les feux de la droite non-libérale, face à la droite casino, libre-échangiste, immigrationniste par profit, méprisante du peuple, des frontières, des nations. Cette dernière, hélas, alliée à la gauche, qui se montre dans cette affaire d’une candeur à couper le souffle, et se fait manipuler par les ultra-libéraux. Quelle naïveté, surtout de la part des socialistes ! Défendent-ils encore les travailleurs suisses ?

     

    La progression, en Suisse, de la droite non-libérale, est présente dans plusieurs indices. Ne retenons que l’un d’entre eux : une majorité des militants PLR, selon un sondage Tamedia, serait FAVORABLE à l’initiative ! Et que penser de la démocratie chrétienne conservatrice, d’origine rurale, si attachée à ses traditions locales, dans les cantons de Suisse centrale et orientale ? Si on ajoute tout ce beau monde à l’électorat de l’UDC, ça commence à faire beaucoup. Et ça pourrait, le jour venu, constituer une majorité. Ce sera très serré.

     

    Face à tout cela, le rouleau compresseur du grand patronat, qui carbure à coups de dizaines de millions. Une campagne hallucinante, ils ont la trouille, du jamais vu ! Et leur trouille, ils essaient de la transmettre au peuple suisse. A lui, en contrepartie, de lui prouver son indépendance. Et sa souveraineté.

     

    Pascal Décaillet