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Commentaires GHI - Page 5

  • Pater Noster, 1963

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 28.05.24

     

    Les chantiers, je connais, depuis l’aube de mon enfance. Mon père était ingénieur, génie civil, bâtiments, il m’emmenait tous les samedis sur ses rendez-vous de chantiers, j’adorais ça, ces baraques jaunes, ces casques suspendus à l’entrée, ces cirés, ces caisses de bière, ces plans (j’ai appris à les lire) dépliés sur la grande table, pour faire le point avec les chefs de chantiers.

     

    J’ai accompagné mon père partout. Pendant la construction de la grande tour d’un célèbre constructeur de parfums, il y a soixante ans, je prenais le « Pater Noster », ainsi surnommait-on un ascenseur sans portes, destiné aux ouvriers pour le transport de matériel, il montait et descendait sans jamais s’arrêter, j’y passais tout mon temps.

     

    Bref, les chantiers, je suis pour ! Le monde des ouvriers, du travail, est celui que je respecte le plus. Jusqu’à l’âge de 14 ans, je voulais étudier la mécanique à l’EPFZ, et aller passer ma vie professionnelle en Allemagne, dans la sidérurgie. On a les rêves qu’on peut ! Un certain attrait pour les livres semble m’avoir, dès l’adolescence, détourné de cette passion première.

     

    Jamais je ne dirai de mal des chantiers, en soi. Ils sont une partie de mon enfance. Non, ce que je dénonce ici, c’est l’absence totale de coordination, à Genève, d’un chantier à l’autre. Aucune vision globale. Les ouvriers font leur boulot. Les politiques, eux, ferment les yeux, et laissent s’installer le capharnaüm et la chienlit.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Floraison de chantiers : ça suffit !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 28.05.25

     

    Genève étouffe sous les chantiers, c’est la fureur printanière, avec sa floraison de routes barrées, tronçons interdits à la circulation, pelles mécaniques, marteaux piqueurs, agents de circulation en jaune n’ayant pas la moindre idée de la signalétique du trafic, certains se prenant pour des Rambos. Bref, la routine ? Non, bien pire, cette année ! La nouvelle mode, ce sont les ineffables « réseaux thermiques structurants », ceux qui, tels le poinçonneur de Gainsbourg, font des trous, des gros trous, encore des gros trous, toujours et partout, sans préavis, sans crier gare, mettant le bon peuple de Genève, tout benoît de stupeur, devant le fait accompli.

     

    Le bon peuple, oui, celui qui trime toute l’année, se lève le matin pour aller bosser, gagne sa vie sans jamais recevoir, quant à lui, la moindre subvention, celui qui entretient sa famille, fait vivre la société, crée la prospérité du canton, a besoin de son véhicule pour aller au boulot. Celui-là, oui, ce bon bougre, tout juste bon à cracher au bassinet fiscal, voilà qu’en plus, de façon décuplée par rapport aux années précédentes, on vient l’emmerder un maximum avec des trous, des cratères, des tranchées dignes de la Somme et de Verdun, des instruments de chantier qui n’en peuvent plus de faire « tûûût, tûûût ! », des agents de chantier qui se croient tout permis, se comportent comme en terrain conquis.

     

    Tout cela, pourquoi ? Parce que quelques beaux esprits, nourris d’idéologie Verte et de théologie planétaire, se sont mis en tête d’aller trouver dans chaque sous-sol de la Ville des « réseaux thermiques structurants ». Non, mais qui les contrôle, les SIG ? Sont-ils un fief, à part ? Un Etat dans l’Etat ? Qui contrôle cette régie ? Est-elle en roue libre ? Quelle direction politique donnent le Conseil d’Etat, le Grand Conseil ? Existe-t-il, tout en haut, une coordination des chantiers, à Genève, tout comme devrait exister, d’ailleurs, une coordination des autorisations de manifester, le samedi, cortèges politiques, marathons, triathlons, réjouissances prétendument populaires, souvent destinées à calmer la bête sociale possiblement contestatrice, en lui balançant, comme à Rome, des jeux.

     

    La qualité de la vie des Genevois, tout le monde s’en fout ? Vous bossez, vous payez vos impôts, vous vous la coincez : c’est ce triptyque qu’on nous esquisse, comme modèle de vie ? Nos autorités n’ont établi aucune espèce de vision coordonnée entre les chantiers, entre les manifestations, elles laissent faire l’économie, elles puisent dans les deniers des contribuables pour perforer Genève comme la bande-son d’un piano mécanique, certaines rues ressemblent bientôt à la Lune, celle d’Hergé, celle des Dupondt, celle d’Armstrong. Les usagers de la voie publique, tous véhicules confondus, on s’en fout. Ils sont là pour faire l’économie, payer des impôts, engraisser une machine de croissance qui échappe à tout contrôle. Il y a un moment où il faut faire savoir à cette bande d’irresponsables que ça suffit.

     

    Pascal Décaillet

  • L'impératif social

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 21.05.25

     

    Premiers mois au pouvoir de Donald Trump, Ukraine, Proche-Orient, élections municipales à Genève, mort du Pape : tant de sujets qui nous ont occupés, et qui nous ont, hélas, détournés pour un temps de ce qui doit être, à mes yeux, notre préoccupation majeure : la douce, lente et solide construction de notre Suisse sociale. Au fond, ce qui nous lie. Ce qui, depuis 1848, nous fait tenir ensemble.

     

    Sans une attention soutenue aux uns et aux autres, et principalement aux plus faibles d’entre nous, la Suisse s’écroule. La cohésion sociale, entre nantis et dépourvus, entre générations, entre villes et périphéries, entre plaine et montagne, loin d’être un luxe, est une condition de notre survie. A quoi bon faire la Suisse, si c’est pour oublier les Suisses ?

     

    Les grands chantiers, on les connaît : la santé, les retraites. A Berne, ils sont immenses, avec des enjeux structurels autrement plus importants que toutes les autres questions, à part la sécurité, la formation, l’agriculture, la souveraineté alimentaire, et surtout cette relance de l’industrie que j’appelle de mes vœux, y compris ici, depuis tant d’années.

     

    A Berne, loin des projecteurs, d’excellents parlementaires, à gauche comme à droite, font avancer, pas à pas, des dossiers moins spectaculaires que la Caisse unique, ou l’âge de la retraite, mais d’une importance majeure. Donnons-leur la parole ! Débattons-en ! La Suisse sera sociale, solidaire, ou disparaîtra.

     

    Pascal Décaillet