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Commentaires GHI - Page 5

  • Petit entrepreneur : ni Dieu, ni maître !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 03.12.25

     

    En matière budgétaire, comme père de famille et, depuis vingt ans, comme entrepreneur, j’ai toujours été pour la plus rigoureuse orthodoxie. Très simple à comprendre : on ne dépense pas un centime de plus que ce qu’on a. On dépense même moins, pour maintenir un capital de réserve. Surtout, pas la moindre dette. Pas question de devoir un seul kopeck à quelqu’un : on doit s’en sortir seul, avec ses ressources. Dans la vie, je ne supporte pas les flambeurs, les prometteurs, les entourloupeurs. J’admire ceux qui bossent. Eux-mêmes, avant de faire trimer leurs employés. J’admire les artisans, les solitaires, qui survivent grâce à leur capacité de travail, d’invention, leur compétence. Ceux qui arrivent, à force d’opiniâtreté, à tenir leur rang dans la férocité concurrentielle. Celui qui délègue pour « faire de la gestion », tout fier de faire bosser les autres, et se royaume dans la République en disant « Je suis cadre ! », je ne l’admire pas. J’encourage chacun de vous à FAIRE son métier, au plus près de son désir créatif, ne pas traîner ses savates dans des séminaires de glandus qui pérorent sur sa profession, c’est totalement inutile. Non, FAIRE, FAIRE, et encore FAIRE !

     

    Depuis trente ans, avec la mode des « start-up », c’est le règne de la frime. D’abord, pourquoi un mot anglais ? Ensuite, à quoi rime de se vanter, jusque dans le mot, d’être sur le départ ? Une entreprise n’a strictement aucun mérite à se créer. Sa valeur, elle la conquiert en durant. Des années, des décennies, à acquérir la confiance et l’estime des partenaires. Le travail, avec une part de routine tout aussi estimable que la part créative. L’entrepreneur qui croit bon, au nom de son génie propre, de négliger l’intendance, court à sa perte. L’indépendant doit savoir tout faire, et en effet TOUT FAIRE lui-même. Rien, dans sa petite entreprise, ne doit lui échapper, être laissé au hasard. Il doit tout contrôler, à commencer par son propre emploi du temps, dont il est maître et responsable. En cas de problème, il ne doit en vouloir qu’à lui-même. Ni Dieu, ni maître !

     

    Tout cela, au fil des années, des décennies, crée un état d’esprit. Pas vraiment commode. Rugueux. Méfiant, à juste titre, les vautours sont partout. Craignant à tout moment un problème de santé, un accident, qui mettrait en danger les intérêts vitaux de son entreprise. Le risque de virer parano, voire un peu cinglé, est bien réel : plus les années vont, plus on accorde une importance démesurée à des détails. Et on a raison : le diable s’y niche ! Au fil des ans, on perd des amis, on s’isole, on s’obsède sur le corps même du métier qu’on a choisi et qu’on aime. Dans ce chemin d’équilibre, d’aucuns trébuchent. Mais au moins, ils font partie de ceux qui auront essayé. Qui auront tout donné. Ensuite, il y a la vie, ses pièges, ses aléas, sa part de chance ou de poisse. Peu importe. Dans la vie, faut bosser, je l’ai appris de mon père. Le destin, on le forge soi-même, au maximum. Et puis, un beau jour… Allez, excellente semaine, et n’oubliez pas de vous prendre en charge. Ça vous ragaillardit l’âme. Et ça la vivifie.

     

    Pascal Décaillet

  • Cochons de payeurs !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 26.11.25

     

    L’automobiliste, à Genève, est déjà taxé comme jamais. Des dizaines de milliers de détenteurs d’une voiture, n’ayant pas les moyens de s’offrir les normes bobo des véhicules électriques, attendent avec angoisse leur taxe 2026 sur les plaques. Echaudés par la plaisanterie d’il y a un an, ils se demandent si cet absolu scandale va recommencer.

     

    Le même citoyen, la même citoyenne, s’il appartient à la classe moyenne (zéro subvention reçue, un maximum de taxes payées), donne trois mois de salaire aux impôts, se farcit les bouchons et les rues éventrées matin et soir, se fait insulter par l’administration, se tape les grèves de fonctionnaires, les manifs en semaine et le week-end, la robotisation des services publics, des banques, des assurances, des régies immobilières, l’absence de tout répondant au téléphone, la nécessité d’une « app » pour pouvoir exister. Et bientôt, à la déchetterie, il devra produire extrait de naissance, permis de pêche et certificat de baptême.

     

    Les nababs, eux, s’en sortent. Ils ont des gens pour s’occuper de leur intendance. De l’autre côté, les assistés sont pris en charge. Mais entre les deux, le cochon de payeur de la classe moyenne n’en peut plus. Genève le méprise. Elle lui pompe son fric, comme un fermier général d’Ancien Régime, et ne s’intéresse absolument pas à lui. Le vent de révolte, c’est de cette classe-là qu’il soufflera un jour. Et ça fera mal. Très mal.

     

    Pascal Décaillet

     

  • On veut circuler dans Genève, maintenant !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 26.11.25

     

    Dire qu’on traverse Genève, et qu’on croirait Verdun. En 1916. Pas une seule rue d’importance, bientôt, qui ne soit éventrée. Perforée de tranchées béantes, la plupart du temps vides, on aimerait qu’il y ait au moins des ouvriers, que les travaux avancent, mais non, ça traîne des mois, des années, ça s’éternise. D’où vient cette folie de creuser partout ? D’emmerder un maximum les usagers des routes ? De pourrir la vie de centaines de milliers de braves Genevois qui prennent leur véhicule le matin pour aller bosser, empruntent les artères légitimement dédiées aux usagers qui paient pour ça, et rebelotte le soir, dans l’autre sens. Et partout les trous, partout le capharnaüm ! Et même pas des feux clignotants, non, ce serait trop simple, on laisse les feux, dont le plus court du monde au vert, devant la Cave valaisanne ! Quand il laisse passer quatre voitures, c’est déjà qu’il est de bonne humeur.

     

    Genève, en 2025, c’est ça, cette honte, cette démission de l’Etat, cette conjonction de chantiers improbables, jetés là, sans aucune cohérence, aucune coordination les uns avec les autres. Au plus haut niveau, Travaux et Mobilité, aucune vision d’ensemble. L’usager de la route, tous transports confondus, se tape le chantier A, puis immédiatement le chantier B, enchaîne sur le chantier C, sans que personne, tout en haut, n'ait eu l’idée de la somme d’encombrements générée par le trio ABC. Non, on a juste décidé du chantier A, puis du chantier B, puis du chantier C, on a grillé les budgets alloués annuellement aux travaux publics, sans se mettre une seule seconde à la place de l’honnête bosseur, payeur d’impôts, de taxes, vache à lait professionnelle du système, qui envisage éventuellement d’enchaîner A, B, C sans choper une dépression nerveuse en arrivant chez lui. Ce cochon de payeur, ce bosseur de la classe moyenne qui ne reçoit jamais un centime de subvention, mais finance par ses impôts les dizaines de milliers d’assistés du canton, on ne le respecte pas. Ce mépris est tout simplement dégueulasse.

     

    Alors vous comprenez, avoir le culot, dans ces conditions, de débouler en conférence de presse, un mercredi, avec un projet complètement hors-sol de métro Jura-Léman-Salève, pour je ne sais quel horizon, style 2060, pour faciliter la vie des pendulaires entre l’Ain et la Haute-Savoie, ce décalage de priorités est juste un peu saumâtre. Voir loin, c’est bien, en politique, voir près, c’est mieux. Genève souffre d’immobilité. Quand il n’y a pas les chantiers, le week-end, les habitants de la Ville peuvent rouler ? Pas du tout ! Manifs, Pont du Mont-Blanc bloqué, cortèges, courses sportives dont on se demande pourquoi elles ne pourraient pas avoir lieu dans le Mandement, en Champagne, ou en Asie mineure ! Et puis, vous verrez, les taxes 2026 ! Si vous faites partie de la bonne vieille classe moyenne qui bichonne et entretient sa vieille auto, parce qu’elle n’a pas les moyens de s’offrir la voiture électrique des bobos, vous allez casquer ! La vérité, c’est qu’on en a marre. 2060, on s’en fout. On veut circuler dans Genève, maintenant !

     

    Pascal Décaillet