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Commentaires GHI - Page 5

  • Se désincarcérer des USA

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 18.03.26

     

    La Suisse, ce petit pays que nous aimons, dépend beaucoup trop des Etats-Unis d’Amérique. Elle en dépend économiquement. Financièrement. Intellectuellement. Culturellement. Les historiens, un jour, mettront en lumière le chemin d’acceptation coloniale, depuis 1945, de la Suisse face aux USA. Comme, si après les années de guerre, il avait fallu, en forme d’amende honorable, accepter une génuflexion face au vainqueur en Europe occidentale.

     

    Huit décennies d’intrication des intérêts. D’aucuns, au sommet de l’échelle sociale, en ont infiniment profité : grands patrons, actionnaires cossus, investisseurs, exportateurs. Pendant les belles années, celles de la croissance, nul ne semblait s’offusquer de cette inféodation de notre pays, à l’exception de solitaires lucides et courageux, comme Jean Ziegler. L’argent coulait à flots. A quoi bon se soucier de sa provenance ?

     

    Aujourd’hui, l’Histoire bascule. Les Etats-Unis sont de moins en moins considérés en Europe comme des alliés. Et notre brave Suisse ? Eh bien, elle doit, sans tarder, se désincarcérer de ses liens avec les Etats-Unis. Diversifier, plus que jamais, ses exportations. Et surtout, privilégier son marché intérieur. Protection de notre agriculture, relance urgente de notre industrie, priorité à nos PME. Un peu moins de trajets en avion pour aller faire des affaires à New York. Un peu plus d’attention à nos compatriotes qui souffrent. Ne jamais en laisser aucun sur le bord de la route.

     

    Pascal Décaillet

     

  • "La Déroute, géante à la face effarée"

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 18.03.26

     

    L’initiative populaire fédérale est un exercice dangereux. En soi, c’est même un pari complètement fou : celui lancé, au départ, par une poignée de citoyens au peuple suisse tout entier. A la fin d’une longue campagne, harassante, le verdict tombe. La victoire, pour les initiants, est rare : elle exige la double majorité, peuple et cantons, très dure à arracher. Prenez la liste des initiatives, depuis 1891 : beaucoup d’échecs, très peu de réussites.

     

    Et puis, si on perd, tout dépend de l’ampleur du revers : à 55% de NON, vous aurez quand même quasiment gagné, vous aurez imposé au pays un grand débat national. Mais 71% de refus ! Et vous, seulement 29% ! Plus de sept votants sur dix contre vous ! Là, c’est dur. Là, c’est Waterloo. Là, il vous faut relire Victor Hugo, « La Déroute, géante à la face effarée ». Le jeu est cruel. Vous avez choisi de lancer un défi au peuple suisse. Vous avez réuni les signatures. Vous vous êtes battus, à la loyale. Et puis, un beau dimanche, le pays vous signifie sèchement son rejet. Respect à ces combattants. Tous les combattants du monde, ceux qui gagnent, ceux qui perdent.

     

    71% de NON, c’est le verdict des Suisses, le dimanche 8 mars, sur le « fonds climat », présenté par les Verts, soutenu par la gauche, combattu par la droite. C’est une déroute. Il appartient aux Verts, sur l’ensemble du pays, dans toutes leurs sections, avec cette décentralisation qui leur est chère, d’en tirer les leçons. Dire que le peuple « a mal voté », ou qu’il n’a « pas compris les enjeux » est tout simplement ridicule. Le peuple a parfaitement saisi ! Et il a vu, surtout, qu’il était scélérat de prétendre faire échapper ces milliards au mécanisme, démocratiquement voulu par le peuple ou ses représentants, du frein à l’endettement. En quel honneur, je vous prie ? En vertu de quelle théologie, de quel dogme, qui se proclameraient supérieurs à notre ordre démocratique ? En réagissant, dès le 8 mars à midi, avec un tel mépris pour le peuple souverain, les Verts ont aggravé leur cas. Et creusé leur tombe. Les Suisses ne supportent pas une telle arrogance.

     

    L’avenir des Verts ? C’est leur affaire. Disons simplement qu’un peu plus de social, pour un parti qui se réclame des grandes valeurs de la gauche, ne ferait pas de mal. Un peu plus de fin du mois, un peu moins de fin du monde. Un peu plus de pragmatisme, un peu moins de catastrophisme. Un peu plus de politique, un peu moins de morale. Un peu plus de respect pour l’effort fiscal des classes moyennes, qui est phénoménal, tant on les ponctionne. Un peu plus de sens du pays, de sa souveraineté, de sa cohésion sociale. Un peu moins d’internationalisme. Un peu moins de Bruxelles. Un peu moins d’immigration. Un peu plus de marché intérieur : sur les « circuits courts », et la nécessité de consommer local, une majorité de Suisses sont prêts à suivre les Verts. Mais sur les milliards du « fonds climat », c’est NON. Et c’est sans appel.

     

    Pascal Décaillet 

  • Sublimes inconnus

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.03.26

     

    Relisez les journaux de l’époque. Au début des années 1920, est apparue la radio. La presse écrite, jusque-là souveraine, s’étranglait de cette subite concurrence, elle en dénonçait la superficialité, la vulgarité.

     

    Au début des années 1950, idem pour la TV. Mêmes réactions : les journaux, et aussi la radio, devenue à son tour un média de la convenance et du pouvoir, hurlaient face à l’immense popularité de cette lucarne qui venait prendre la place du foyer, le vrai avec le feu, autour duquel les familles s’agglutinaient depuis des siècles.

     

    Aujourd’hui, même scénario avec les réseaux sociaux. Que de haine, chez les désormais très conservateurs journaux, radio et télévision, bien installés ! Eh bien je vous dis, moi, de ne pas vous laisser influencer par ce torrent de propagande et de jalousie.

     

    Sur les réseaux, il y a le pire : les meutes, l’anonymat, la lâcheté. Mais croyez-moi, il y a aussi le meilleur : le surgissement de parfaits inconnus, des solitaires, passionnés par un thème, ultra-compétents, dont les informations sont précieuses, surprenantes, documentées. Ces gens-là, sans l’existence des réseaux, auraient passé le restant de leur vie sans que personne ne pût bénéficier de leurs apports, leurs lumières.

     

    Alors moi, homme de radio, homme de télé, homme de presse écrite, je vous dis que les réseaux c’est génial. Écartez le pire. Prenez le meilleur. Vous en serez enrichis. Cultivés. Moins seuls.

     

    Pascal Décaillet