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Commentaires GHI

  • TVA : pensons aux PME !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.11.26

     

    Béni soit le pays où, non seulement, le peuple se prononce sur une treizième rente de retraite, mais où il peut, deux ans et demi plus tard, décider aussi de son financement ! Quand je pense à nos amis Français, pour qui tous les décrets tombent du ciel, sans aucune possibilité pour le suffrage universel d’agir sur les thèmes. Tout au plus le consulte-t-on, tous les cinq ans, pour élire un homme providentiel. A peine parvient-il au pouvoir, on commence déjà à le détester. Et on passe un nouveau quinquennat à gueuler, dans la rue. La France mérite mieux.

     

    Alors, la Suisse ? Nous votons sur 0,4% d’élévation du taux TVA pour financer la treizième rente. Enfin, c’est juste un début : le fantastique progrès social voté par le peuple et les Cantons le 3 mars 2024 (il m’avait enthousiasmé) nécessite 5 milliards supplémentaires par an ; même un oui, le 29 novembre, n’en apporterait que 1,5 milliard. Il faudra donc trouver, ailleurs, les 3,5 manquants.

     

    Le taux TVA sur les denrées courantes, qui touchent tous les Suisses, demeurerait inchangé, à 2,6%. L’enjeu de la votation, ce sont donc les PME. Passer de 8,1% à 8,5%, ça n’est pas rien. Combien de PME sont déjà sur la brèche ! Elles constituent, rappelons-le, 97% de notre tissu économique suisse. Pour toutes ces raisons, le citoyen-entrepreneur Décaillet votera NON. A vous de vous forger votre opinion. Votez en conscience. Mais surtout, VOTEZ, tout court !

     

    Pascal Décaillet

  • Les militants communistes méritent notre respect

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.11.26

     

    De ma vie, je n’ai jamais supporté l’anticommunisme. J’avais 31 ans à la chute du Mur, j’ai donc passé mes trois premières décennies sous la Guerre froide. Dans mon enfance, mon adolescence, on nous présentait le monde comme coupé en deux, à l’Ouest les gentils, à l’Est les méchants. Je n’ai, de toute mon existence, jamais cru une seule seconde à cette fable, surgie d’abord, avant-guerre, d’une certaine idéologie de la bourgeoisie britannique, puis de l’impérialisme américain. McCarthy, ça vous parle ?

     

    Bien sûr, il y avait le régime soviétique, ses horreurs, le goulag, il ne s’agit évidemment pas de nier cela. Mais enfin, la moindre des choses, et je m’y suis employé très jeune, était de se renseigner sur l’Histoire. Pourquoi avait-elle eu lieu, cette Révolution de 1917 ? Quelles injustices, terribles, de l’époque des Tsars voulait-elle combattre ? Quel fut, par la suite, l’enchaînement d’actions qui aboutirent à la dictature d’une Nomenklatura ? Et puis, dès la fin de l’enfance, j’ai étudié à fond la Seconde Guerre mondiale, lu des centaines de livres, pu éprouver le rôle immense, décisif, joué par l’Armée Rouge dans la défaite du nazisme : c’est sur le front de l’Est, et nulle part ailleurs, que s’est déroulé, entre le 22 juin 1941 et le 8 mai 1945, le choc gigantesque où le destin de la guerre s’est joué.

     

    J’ai aussi, de très près, comme peu de gens, je pense, en Suisse romande, étudié le communisme allemand. Son rôle dans la Révolution de novembre 1918, puis dans les années de combat entre Spartakistes et Corps-francs, de 1919 à 1923, puis sous la République de Weimar, puis l’enfermement de ses membres dans des prisons ou des camps de 1933 à 1945. Puis, sa renaissance, « Auferstanden auf Ruinen », à l’Est, en zone d’occupation soviétique, dans la grande aventure de la DDR, de 1949 à 1989. L’Histoire de l’Allemagne de l’Est, elle aussi, je pense la connaître de façon particulièrement pointue en Suisse romande. Il se trouve que certaines circonstances personnelles, dans ma jeunesse, m’ont amené à entretenir avec la DDR un lien fort. Je n’ai jamais, une seule seconde, soutenu son régime, qui était évidemment celui d’un parti unique. Mais je puis témoigner d’un système social, coopératif, éducatif, culturel ne méritant absolument pas l’image de l’Allemagne de l’Est véhiculée par la propagande de l’Ouest. Je l’ai toujours affirmé : l’héritage de cohésion sociale de la DDR méritait un autre destin que d’être avalé gloutonnement par l’Ogre capitaliste et atlantiste Kohl, en 1990.

     

    Enfin, toute ma vie, j’ai respecté les militants communistes de nos pays, à l’Ouest. Le parti communiste italien, admirable, exemplaire, avec la grande figure de Berlinguer. Les braves militants communistes de base en France, en Espagne, au Portugal, et bien sûr nos militants du Parti Suisse du Travail. Ces gens-là, souvent modestes, n’ayant rien à voir avec la terreur stalinienne, ont, simplement, lutté toute leur vie pour la justice. A l’époque de l’Argent-Roi, de la spéculation souveraine, de la financiarisation de notre économie, leur rectitude et leur courage méritent le respect. Je leur dis, en tout cas, ici, publiquement, le mien.

     

    Pascal Décaillet

  • La France vivra !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 28.10.26

     

    La France va très mal, c’est une certitude. De là à la considérer comme perdue, restons calmes. Et surtout, gardons-nous d’enterrer une aussi vieille nation, qui a traversé tant d’épreuves, et a toujours fini par les surmonter.

     

    Guerre de Cent Ans, où la Perfide Albion a bien failli lui imposer sa loi. Mais un jour, il y eut Jeanne, la « Bonne Lorraine ». Guerres de Religion, terrible ferment de division, sur le point de lacérer l’unité du pays. Mais un 22 mars 1594, il y eut Henri, roi de Navarre, devenu Henri IV, pour entrer dans Paris, et réconcilier les Français.

     

    Et puis, il y eut la Fronde, mais déjà un enfant-roi ruminait, pour plus tard, la mise au pas des factieux. Et puis, dans le domaine des armes, tant de défaites, Azincourt, Waterloo, alternant avec tant de victoires : le Grand Condé à Rocroi, Maurice de Saxe à Fontenoy, Bonaparte en Italie, puis partout en Europe.

     

    Alors non, la France n’est pas morte. Son effondrement de mai-juin 1940, ça n’est pas si vieux, a constitué la pire défaite de son Histoire. Elle n’est pas morte, mais elle est malade. La dette, la révolte des jeunes, l’économie à la traîne. Nous Suisses, voisins et amis de ce grand et noble pays, n’avons en aucun cas à nous réjouir de ses souffrances. Au contraire, prouvons-lui notre amitié. La France traverse une passe très difficile, c’est vrai. Mais la France vivra.

     

    Pascal Décaillet