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Commentaires GHI

  • Tschudi, Grobet, revenez !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.04.26

     

    La question est simple : la gauche suisse se soucie-t-elle encore des travailleurs suisses ? Des chômeurs suisses ? Des jeunes Suisses, en recherche d’emploi ? Des retraités suisses, en difficulté financière ? Ou n’a-t-elle d’yeux que pour l’altérité ? Tout ce qui vient d’ailleurs semble la charmer. Tout ce qui est de l’intérieur, sédentaire, lui semble indifférent.

     

    Cette posture est catastrophique. La gauche est l’une de nos grandes familles politiques, depuis 130 ans. Elle a contribué à faire la Suisse moderne. Je pense à un homme remarquable, que j’ai personnellement connu et interviewé (chez lui, à Bâle, pour ses 80 ans, en 1993) : le conseiller fédéral Hans-Peter Tschudi, socialiste de Bâle-Ville, trois révisions complètes de l’AVS menées au pas de charge, entre 1959 et 1973.

     

    Des socialistes comme Tschudi, ou comme Willy Ritschard, ou comme Christian Grobet à Genève, on en redemande ! Ils s’occupaient du peuple, de la classe ouvrière, des retraités, ils avaient le sens du concret, de la cohésion du pays.

     

    Dans la votation du 14 juin sur la Suisse à dix millions, il est totalement regrettable de voir la gauche s’opposer au texte, uniquement parce qu’il vient de l’UDC. Dans cette affaire, la gauche et l’UDC ont un ennemi commun : le libéralisme échevelé, le patronat avide de libre-circulation à outrance, et peu importe la saturation démographique de la Suisse ! Sur ce dossier, la gauche suisse fait tout faux. C’est lamentable.

     

    Pascal Décaillet

  • Démographie : la Suisse étouffe !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.04.26

     

    Hallucinante, l’union sacrée, de la gauche candide à la droite libérale et patronale la plus cynique, contre l’initiative de l’UDC pour la Suisse à dix millions d’habitants, pas plus. Tout, absolument tout, ce que notre pays compte d’officiels, de puissants, de voix autorisées, de chroniqueurs et d’éditorialistes raisonnables, au service du pouvoir, du Conseil fédéral, du Parlement, de « l’économie », se ligue pour passer au napalm ce texte parfaitement démocratique, ayant largement récolté les signatures, sur lequel nous nous prononcerons le 14 juin. Cette diabolisation, dans un esprit de fin du monde : on dirait que la Suisse joue son sort, son destin, son avenir. On se croirait dans la campagne du 6 décembre 1992 : j’en sais quelque chose, correspondant de la RSR à Berne, à l’époque, je l’ai couverte à fond, avec mes collègues, toute une année, avec des débats, des reportages, dans tous les cantons suisses. Même intensité dramatique. Mêmes menaces d’Apocalypse.

     

    Comme je l’ai déjà exposé ici, ce texte ose empoigner un sujet tabou, occulté, dans notre pays : la question démographique. Exactement comme l’avait tenté l’initiative Ecopop, écartée avec mépris par les élites, et pourtant parfaitement pertinente, dans la question traitée. Oui, le relief de notre pays, l’étroitesse de notre zone habitable, nous imposent à tout prix une réflexion sur notre rapport à la démographie. En termes, simplement, quantitatifs. Le dire n’a strictement de xénophobe. Tout pays, toute communauté humaine, a le droit, et même le devoir, d’aménager pour ses habitants un espace viable, où la nature, la splendeur de nos paysages, la qualité de vie et d’environnement soient préservées. Le regretté Franz Weber, l’un de nos plus émouvants contemporains, ne disait pas autre chose, cet esprit universel qui combattait pour Delphes autant que pour les sites naturels suisses.

     

    Or, la Suisse étouffe, et la pression migratoire induite, depuis un quart de siècle, par la libre circulation des personnes, en est la principale cause. Nos infrastructures sont congestionnées, les trains sont bondés, les autoroutes bouchées, les logements introuvables pour nos enfants. Alors oui, la question démographique se pose. Elle est totalement pertinente, elle est même majeure. Nous, citoyennes et citoyens de ce pays que nous aimons, il est de notre responsabilité d’introduire les éléments de régulation drastique qui s’imposent à la démographie suisse. Et notre outil premier est la démocratie directe : du Parlement, sur ces questions-là comme hélas sur tant d’autres, il n’y a rien à attendre, il est noyauté par la droite libérale, patronale, libre-échangiste.

     

    La grande déception ? Elle vient de la gauche, qui devrait absolument défendre les travailleurs suisses, les chômeurs suisses, la qualité de vie suisse, et qui au contraire s’allie à la droite la plus dérégulatrice, pour des raisons de candeur internationaliste, et de sanctification béate de tous ce qui vient de l’extérieur. Eh bien, je vous dis, moi, que l’initiative du 14 juin mérite d’être étudiée. Plutôt que rejetée d’emblée, sous le seul prétexte qu’elle vient de l’UDC.

     

    Pascal Décaillet

  • Coupable, et mortifère

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.04.26

     

    Le discours anti-Islam, en Suisse, ne tombe pas du ciel. Il procède d’une construction intellectuelle, préméditée, visant à propager l’idée que les civilisations ne peuvent pas se mêler. Que les valeurs de l’Islam seraient incompatibles avec celles de la société suisse.

     

    Si, au lieu d’Islam, on parle d’islamisme, système visant à établir sous nos latitudes la charia à la place de nos lois, voire une théocratie à la place de notre démocratie, alors oui, 100% d’accord : l'islamisme, nous devons le combattre.

     

    Mais l’Islam n’est pas l’islamisme. Pas plus que le christianisme ne se résume à l’Inquisition. L’Islam est, dans tous ses composantes, l’un des grands courants spirituels de ce monde. Au même titre que le judaïsme, le christianisme, le bouddhisme, l’hindouisme, et tant d’autres. Tous ces courants méritent, tout au moins, d’être étudiés. En profondeur, et avec respect pour nos frères humains qui les pratiquent.

     

    Etudier, cela ne signifie pas adhérer. Libre à chacun d’embrasser la religion de son choix, ou aucune, croire ou ne pas croire. Telle est notre devise républicaine. Elle est la seule qui vaille. Elle garantit le respect mutuel, et invite à pratiquer ses cultes dans la sphère privée. La sphère publique, qui s’impose à tous, ce sont nos lois, notre République.

     

    L’Islam n’est pas l’islamisme. Et les apprentis-sorciers, qui jouent avec sa diabolisation, le savent très bien. D’autant plus grave est leur manipulation. Coupable. Préméditée. Mortifère.

     

    Pascal Décaillet