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Commentaires GHI

  • Ouvrons nos âmes !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.08.25

     

    Libérer son esprit, c’est commencer par se tourner vers les langues du monde. La place occupée par l’anglais, en Suisse et notamment à Genève, est tout simplement hallucinante. Elle ne surgit pas du hasard, elle est le produit d’un système hégémonique mondial, qui impose une langue pour survivre économiquement. Nous sommes, linguistiquement, les vassaux du monde anglo-saxon.

     

    La langue n’est pas neutre. Elle est matrice de pensée, de vision du monde. Nous, Suisses, pays justement polyglotte parlant quatre merveilleuses langues de notre continent européen, avons mieux à faire que nous aligner comme de petits soldats sur la langue anglaise. Parlons déjà nos langues nationales, le français, l’allemand, l’italien, et pourquoi pas le romanche ! Tournons-nous vers le grec ancien, puis moderne, vers l’arabe, le copte, le russe, le persan. Soyons ouverts. Soyons fous. Ouvrons-nous aux langues du monde !

     

    N'attendons pas d’une langue qu’elle soit seulement un sésame pour commercer. Une langue charrie autres choses que cet utilitarisme, imposé par un impérialisme économique et commercial. Elle charrie une musique, du désir, des rêves, des représentations du monde. Lisez les Romantiques allemands, dans le texte, vous commencerez à saisir le réveil germanique il y a deux siècles. Lisez, en italien, les poèmes de Pasolini. Ouvrons-nous. Ouvrons nos yeux. Ouvrons nos oreilles. Ouvrons nos âmes !

     

    Pascal Décaillet

     

  • L'Oncle Sam ? Non, merci !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.08.25

     

    Oh, j’ai eu, moi aussi, ma période américaine. C’était il y a 62 ans. En juin 1963, pour mes cinq ans, j’ai reçu une tenue complète de cow-boy, qui m’avait comblé de joie. Il doit exister encore quelque part, dans un carton, sous un fatras d’archives non-classées, une photo, prise à l’angle du 107, rue de Lausanne et de l’avenue de France. Quelques mois plus tard, le 22 novembre, Kennedy était assassiné, je m’en souviens comme si c’était hier, nous écoutions en famille le grand poste de radio de la salle à manger (il portait encore les noms des stations, Prague, Belgrade, Bratislava), ma mère était très émue. J’ignorais qui était ce défunt tant pleuré, mais c’est sûr, quelque chose se brisait.

     

    L’image des Etats-Unis qu’allait donner à mon enfance son successeur, le Président Johnson, avec la guerre du Vietnam, était déjà nettement moins de nature à capter mon enthousiasme. Dès les années 64, 65, dans mon esprit d’enfant, le rêve américain s’était déjà dissipé. Il sera survenu bien tôt dans ma vie. Et aura été de fort courte durée ! Mais enfin, je tenais quand même à cet aveu initial, pour montrer que je n’ai pas été toute ma vie une brute anti-Yankee.

     

    Les Américains sont arrivés sur sol européen le 6 juin 1944, sur les côtes de Normandie, à vrai dire déjà un peu avant en Sicile, puis sur la péninsule italienne. Ils ont contribué à libérer l’Europe du nazisme, c’est certain, même si la Seconde Guerre mondiale s’est principalement, et de loin, jouée sur le Front de l’Est. Bref, ils ont véhiculé une image de libérateurs, n’ont pas manqué de l’entretenir eux-mêmes les décennies suivantes, avec des films comme « Le Jour le plus long », où le Débarquement est célébré avec les accents d’un western. Libérateurs ? Ils l’étaient, c’est incontestable. Disons juste qu’il eût fallu, symétriquement, parler au moins autant, à l’époque, des 25 millions de Soviétiques tombés pour repousser, puis finalement vaincre les Allemands à l’Est. Pour ma part, j’ai passé l’été 1972 au Nord de l’Allemagne, chez un ancien combattant de l’Est, qui m’a raconté avec d’incroyables détails ce qu’il avait vécu entre le 22 juin 1941 et le 8 mai 1945.

     

    J’ai eu cette chance, celle de l’équilibre entre les récits. C’est le principe même de la démarche historique : demeurer totalement ouvert à la polyphonie des témoignages, ceux de l’Est, ceux de l’Ouest, ceux des colons, ceux des colonisés, ceux des gentils, ceux des méchants, ceux des sanctifiés, ceux des maudits. Le cinéma américain, auquel je voue un culte total, le grand cinéma, est justement riche, comme leur littérature de rebelles, de cette réhabilitation constante des oubliés. Ce qui est insupportable, c’est un système impérialiste, né de la Seconde Guerre mondiale où ils ont gagné sur tous les fronts (Europe, mais aussi Pacifique), un système qui a trop régenté nos consciences, trop manipulé notre vision de l’Histoire. Le problème, là encore, c’est le pouvoir. Et sa dérive illimitée, lorsqu’on commence à se croire les maîtres du monde.

     

    Pascal Décaillet

  • La pieuvre mondialisée, non !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.08.25

     

    Servir le peuple suisse. Travailler pour lui, pour sa prospérité (et non pour l’opulence de quelques-uns), pour sa santé, sa qualité de vie, son accès aux soins, aux médicaments, à l’éducation, à la culture. Telle doit être la mission de l’économie suisse. Cette position a toujours été la mienne.

     

    Elle s’inspire des grands combats du 19ème siècle, à l’époque de la Révolution industrielle, notamment l’interprétation du capitalisme rhénan par Karl Marx. Mais, tout autant, elle puise ses sources dans « Rerum Novarum », la lumineuse Encyclique de Léon XIII, en 1891, qui tente une réponse non-marxiste, mais imprégnée de vision spirituelle, humaniste, à la condition sociale du monde ouvrier, à une époque où des enfants travaillaient encore dans les mines.

     

    Servir le peuple suisse, et non l’actionnariat mondialisé, des multinationales. Réorienter notre économie vers le marché intérieur. La tyrannie du libre-échange et des exportations (à part pour certains domaines d’excellence, comme l’horlogerie), ça suffit !

     

    Cela exige, aussi, une vision d’Etat, une véritable politique économique. Soutien sans faille à notre agriculture, nos paysans. Relance et réinvention d’une industrie suisse performante, au service du peuple suisse. Reprise du contrôle du marché des médicaments, dans l’intérêt des malades suisses, des accidentés, des assurés, à commencer par les plus faibles. L’intérêt commun oui, la pieuvre mondialisée non.

     

    Pascal Décaillet