Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Commentaires GHI

  • Duel d'escogriffes

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.03.26

     

    Qui sommes-nous ? Des hommes et des femmes libres. Libres de vivre. De respirer. Libres de nos regards sur le monde. Nos lucidités. Nos décryptages. Nos analyses. Nos adhésions spirituelles. Libres, surtout, de nous détacher de toute meute, d’où qu’elle vienne. Les rejeter. Les haïr. Les meutes de gauche. Et, tout autant, les meutes de droite, en forme olympienne, ces temps, sur certaines chaînes privées parisiennes. La meute, c’est le degré zéro de l’esprit critique. La meute, c’est la nullité, c’est la honte.

     

    Alors oui, fuyons toutes les meutes. Un exemple : Mélenchon. Dieu sait si je le combats, celui-là, mais je ne supporte pas la meute contre lui, orchestrée au plus haut niveau de la droite française la plus ultra. Elle est tout aussi détestable, cette meute contre un homme, que les meutes des Insoumis pour empêcher les opinions contraires aux leurs dans les Universités.

     

    Deux extrêmes, qui passent leur temps à surenchérir l’un contre l’autre, dans l’ordre de l’invective. Le pays de Verlaine et Debussy, de Jean-Philippe Rameau, de Racine et La Fontaine, le pays de Ravel, est tombé si bas ? Assister à l’affrontement à mort de deux meutes, enragées, endoctrinées ? Non, non et non : la France mérite mieux que ce duel d’escogriffes. Elle a d’autres lumières à offrir au monde. Elle a une autre musique à livrer à nos oreilles. A quand, le grand réveil ?

     

    Pascal Décaillet  

  • Ni Bruxelles, ni Washington !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.03.26

     

    Il va quand même falloir, sans trop tarder, recommencer à enseigner, dans les écoles, ce qu’est un pays, ce qu’est une nation. Comment ils se sont forgés, au fil de l’Histoire. La France. L’Allemagne. L’Italie. Etc. Avec toute la part de férocité, de sacrifices, de sang versé, pour être un jour reconnu comme crédible, sur une carte. Enfant, à l’école primaire, entre 1965 et 1969, là où j’étais, j’ai eu la chance immense d’avoir un enseignement de l’Histoire centré sur les batailles, les Traités, l’analyse glacée des rapports de pouvoir. Une approche cynique, lucide, ne laissant aucune place à la morale. Par exemple, la France étant à l’époque notre grand sujet d’étude, les longs siècles qu’il aura fallu au pouvoir royal, à Paris, pour s’imposer sur les grands féodaux provinciaux. A l’époque, on ne nous parlait pas droits de l’homme, ni d’ailleurs d’un quelconque droit. Mais je vous jure qu’on nous initiait à la lucidité critique la plus vive. On prenait des faits, on en analysait les causes et les conséquences. La tête froide. Un seul impératif : décrypter, comprendre. Bref, la méthode de l’historien grec Thucydide, il y a 25 siècles.

     

    La Suisse est un pays souverain. Minuscule, mais souverain. Elle doit à tout prix le demeurer. Là doit être notre but premier, le reste suit. Souveraineté, ça n’est pas repli. Au contraire, je plaide pour une ouverture, une amitié sincère et réelle avec tous les peuples du monde. La Suisse n’a pas d’ennemis, et n’a pas à en avoir, nous sommes trop petits pour nous payer ce luxe. Discutons, échangeons, commerçons, passionnons-nous pour les langues du monde, tiens celles de l’Orient compliqué par exemple. Entrons, par l’étude et l’ascèse, dans les manières de penser des autres, étudions et respectons leurs civilisations. Mais de grâce, n’entrons jamais dans un système où la Suisse devrait se subordonner à une autorité supérieure. Ni celle de Bruxelles, ni celle de Washington, ni aucune autre ! Sur ce point, nous devons être d’une radicale, d’une absolue intransigeance. La seule loi qui doit s’imposer, en Suisse, c’est la loi suisse, votée démocratiquement par le peuple, ou ses représentants. Aucune loi étrangère, aucun juge étranger, ne doit s’imposer sur sol suisse.

     

    La souveraineté. C’est son absolue nécessité qui doit être enseignée dans nos écoles, dès le primaire. Souveraineté politique. Agricole. Alimentaire. Industrielle. Médicale. Numérique. Pensez à notre totale subordination aux Etats-Unis d’Amérique, dans nos téléphones portables et nos ordinateurs. Ce sont eux qui fabriquent, eux qui programment, eux qui pensent les systèmes. Non seulement nous leur livrons nos données, mais nous sommes dépendants d’eux pour l’intendance. Ils peuvent, quand ils le veulent, couper l’alimentation, et nous rejeter dans l’âge de la pierre pré-informatique. Voilà l’une des souverainetés majeures que nous allons devoir rétablir. Il y en a pour des années. Retroussons-nous les manches. Défendons notre pays, tout simplement.

     

    Pascal Décaillet

  • Découdre l'inéluctable !

     

     Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.02.26

     

    Un fer à repasser JURA, une machine à coudre BERNINA. Nous sommes des millions d’enfants de la Suisse de l’après-guerre à avoir grandi avec ces instruments mythiques, à la maison. Ils faisaient partie de la famille. Surtout, ces marques ménagères incarnaient la haute qualité de notre industrie suisse, sa fiabilité, la qualité de ses finitions, sa précision.

     

    Hélas, BERNINA nous quitte. Elle licencie quelque 25 personnes dans son usine de Steckborn, Thurgovie, au bord du lac de Constance. Et parachève sa délocalisation en Thaïlande. La direction invoque les taxes douanières, le franc fort. Elle a fait ce qu’elle a pu. Elle ne peut plus, tout simplement.

     

    Mais tout de même, la Thaïlande ! Terrible exemple de délocalisation. Pour la Suisse, une perte de substance qui fait mal. Surtout, des pouvoirs publics totalement incapables de prendre la mesure du symbole : la fine fleur de nos machines à coudre qui s’en va au fin fond de l’Asie, comme si c’était inéluctable, comme si la Suisse était incapable de venir en aide à l’une de ses marques les plus attachantes !

     

    Cantonaux ou fédéraux, à quoi servent les ministres de l’Économie ? Le libéralisme exigerait-il qu’ils regardent passer les trains, sans intervenir, et s’envoler les machines à coudre ? Non, non, et non ! La Suisse a besoin de renouer avec une vraie politique industrielle. Où l’Etat joue un rôle. Pas seulement pour se pavaner dans les cocktails.

     

    Pascal Décaillet