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Liberté - Page 10

  • C8, le Brumaire de la Macronie

     
     
    Sur le vif - Mercredi 26.02.25 - 07.23h
     
     
     
    Je ne regarde jamais C8, le 95% de ma consommation télévisuelle étant consacré aux chaînes musicales, Mezzo et Stingray Classica.
     
    Mais il se trouve que des dizaines de millions de Français la regardent. Et l’apprécient.
     
    La France, État démocratique en Europe, s’apprête, vendredi minuit, à fermer C8, pour toujours.
     
    M. Macron, avant de gesticuler autour de l’Ukraine, et de haranguer l’univers avec vos « valeurs universelles », faites juste respecter la liberté d’expression dans votre pays.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Amherd, Cassis : un champ de ruines

     
     
    Sur le vif - Mardi 25.02.25 - 17.41h
     
     
     
    Un champ de ruines. C'est ce que laisse Viola Amherd à la Défense. Le bilan est catastrophique. La sanction méritée serait de ne pas choisir un candidat du Centre le 12 mars prochain, mais un outsider. Homme ou femme, Alémanique ou Romand, on s'en fout. Mais un courageux, aux idées claires, avec du caractère, un patriotisme intransigeant, viscéral. Un être soucieux de la sécurité de notre peuple, et non de sa réputation dans les salons et les chancelleries à l'étranger.
     
    Pour Ignazio Cassis, qu'on aurait aimé partant, en trio, avec Viola Amherd et Guy Parmelin, seul coup de sac salutaire, c'est pire. Une politique étrangère aux abois. Un alignement béat, dès les premières heures de la guerre en Ukraine, sur les "sanctions" de l'Oncle Sam et celles de Bruxelles. Au Proche-Orient, un silence coupable, devant l'Histoire, face à l'ampleur de la répression israélienne à Gaza. Sur ce dossier, le ministre suisse a été l'homme d'un belligérant, toujours le même. Il s'est montré totalement sourd à la souffrance d'un peuple martyrisé. Il ne représente pas la Suisse. Il a perdu tout crédit au Conseil fédéral.
     
    Maigre équipe que celle-là, rachitique attelage ! Aucune vision. Aucun souffle. L'élection partielle du 12 mars aurait dû ouvrir le jeu, avec une charrette de départs amplement mérités. En lieu et place, nous aurons le gentil Centriste no 1 face au gentil Centriste no 2. Notre pays, que nous aimons tous, mérite tellement mieux que cette Comice agricole d'opérette.
     
     
    Pascal Décaillet

  • De grâce, cessez de pathologiser les Allemands de l'ex-DDR !

     
     
    Sur le vif - Lundi 24.02.25 - 16.09h
     
     
     
     
    La carte électorale est totalement claire : les cinq Länder de l'ex-DDR ont voté pour l'AfD, certains avec des chiffres écrasants.
     
    Autre élément, sous-estimé par la plupart des observateurs : les excellents résultats de Die Linke (gauche radicale, pour faire court, à bien des égards héritière lointaine du communisme de la DDR), dans ces mêmes Länder.
     
    Troisième remarque, capitale : un jeune de moins de 25 ans sur quatre, SUR L'ENSEMBLE DES ALLEMAGNES, vote pour Die Linke. Alors que de moins en moins d'Allemands votent SPD, le grand parti historique qui a fait la gauche allemande, héritier des barricades de 1848, de la période bismarckienne, puis de la République de Weimar. Avant de devenir, dans l'après-guerre, le grand parti de la gauche pragmatique, celui du Congrès historique de Bad-Godesberg (1959), et surtout celui de Willy Brandt, le plus grand Chancelier de l'Histoire allemande depuis la guerre, l'homme de l'Ostpolitik et de la génuflexion de Varsovie, en décembre 1970. Ce grand parti, aujourd'hui, s'effondre, ça n'est pas une bonne nouvelle.
     
    Dans les Länder de l'ex-DDR, triomphe de l'AfD, donc, et excellents résultats pour Die Linke. A gauche comme à droite, on radicalise. On se retrouve ainsi, exactement, dans la configuration qui fut celle des années 1919-1923, première partie de la République de Weimar, Révolution allemande (lisez Alfred Döblin, November 1918), luttes à couteaux tirés entre Spartakistes et Corps-francs. Bref, on est loin de l'image de la "gentille Allemagne", des années 49-89), qui cherchait des solutions au centre.
     
    Surtout, il faut arrêter de pathologiser les électeurs de l'AfD, en ex-DDR. A lire les observateurs d'ici (la plupart ne connaissent strictement rien aux saveurs complexes de l'Histoire allemande), ce serait un "vote de souffrance", un "vote de nostalgie", un vote d'oiseau tombé du nid, rêvant d'en retrouver la chaleur protectrice. Bref, un vote d'enfants immatures. Un vote d'orphelins, à l'image du Kaspar Hauser de l'immense poète Stefan George (1868-1933), offrant une version allemande du chef d’œuvre de Verlaine.
     
    Eh bien non. Le vote AfD, en ex-DDR, est un vote parfaitement calme et raisonné, en faveur d'un modèle national, souverainiste, ouvrier, populaire, avec préférence aux Allemands dans l'octroi d'un emploi. C'est, aussi, un vote contre l'Europe des Bruxelles, contre la politique Scholz en Ukraine, contre la rupture énergétique et politique avec la Russie, pour une régulation draconienne des flux migratoires. Il n'y a là nulle pathologie, juste l'expression d'une opposition politique, certes radicale, mais dûment raisonnée, et construite suivant les principes de la pensée kantienne, ou hégélienne, osons dire "très prussienne", à tout ce qui s'est fait depuis le "Wir schaffen das !" de Mme Merkel, en 2015.
     
    J'invite les innombrables "experts" qui salivent aujourd'hui sur l'Allemagne à se plonger, de longues années de leur vie, dans l'Histoire de ce peuple, à se débarrasser des idées toutes faites, des préjugés, de la lecture de l'Histoire imposée par les vainqueurs occidentaux (le vrai combat vital s'étant d'ailleurs déroulé sur le front de l'Est). Et surtout, à cesser de considérer les habitants de l'ex-DDR, partie des Allemagnes qui m'est particulièrement chère et familière, comme une bande de malades, prisonniers de leur nostalgie.
     
    Enfin, cessons de prétendre que l'Allemagne est exsangue ! Nous avons affaire à un géant économique certes essoufflé ces temps par un ralentissement industriel passager, mais dont la capacité à rebondir très vite est particulièrement époustouflante. L'Allemagne est le grand pays d'Europe, le moteur dont le continent a besoin pour exister fort, face aux Empires. Nul d'entre nous n'a intérêt, en Europe, à un affaiblissement durable de l'Allemagne.
     
     
    Pascal Décaillet