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Liberté - Page 6

  • Soyons plus Suisses que jamais !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 21.01.26

     

    Etats-Unis, Chine, Russie : le retour des empires, avec des appétits territoriaux assumés, domine le monde. Il y en a pour plusieurs années, ce qu’on appelle un cycle. Partout, on nous parle de guerres. Tout le monde se réarme. Les budgets militaires grimpent. Les gens commencent, même dans nos pays apparemment épargnés, à avoir peur. Ambiance difficile, presque angoissante, peu portée à un regard serein sur l’avenir. Dans ces conditions, tellement en rupture avec les décennies de candeur suite à la chute du Mur, et la théorie bidon des « dividendes de la paix », ou, pire encore, de « fin de l’Histoire », que doit faire la Suisse ? Que peut-elle faire, seulement ?

     

    Le première chose est de garder notre calme. S’informer, bien sûr, mais en se méfiant comme de la peste de toutes les propagandes. En période de guerre, ou de préparation à la guerre, la maîtrise de l’information est l’une des composantes du combat. Nous méfier du narratif de Moscou ? Certes. Mais, tout autant, et sans doute plus encore, de celui de Washington. Il n’y a pas de bons ni de méchants, il y a des empires immenses dont les chefs bombent le torse. Le « droit international », c’est fini, pour peu qu’il n’ait jamais eu, depuis 1945, la moindre pertinence. Les Américains « amis » de l’Europe, c’est fini. Quant à l’Europe elle-même, ce continent dont nous sommes et que nous aimons tant, elle n’a nulle existence politique. Encore moins, diplomatique. Encore moins, militaire et stratégique. A Bruxelles, une oligarchie de fonctionnaires pond des directives. Est détestée par les peuples. Et fait la morale. C’est rafraîchissant, pour les cabarettistes. Mais, en termes de crédibilité, c’est un peu juste.

     

    La Suisse ? Notre pays est minuscule. Nous ne sommes pas dans la cour des grands, nous n’y fûmes jamais. Mais ce petit pays, nous l’aimons. Il est le nôtre. Il est nos paysages. Il est nos souvenirs, notre passé. Il est ce présent incarné par les gens, autour de nous, que nous aimons. Il est notre Histoire. Il est notre démocratie directe, unique au monde, où le peuple a le dernier mot. Il est ce fédéralisme si subtil, où nulle minorité n’est bafouée. Il est cette passion commune de faire vivre le pays, son énergie, sa vitalité, son économie, ses lois. Il est notre rapport au passé, à la mémoire, à nos cicatrices, cette nostalgie qui nous prend à la gorge. Il est nos grands drames nationaux, nous venons d’en vivre un, majeur, en ce début d’année.

     

    Nous, Suisses, n’entrons jamais dans une alliance. Soyons amis de tous les peuples du monde, apprenons leurs langues, leur Histoire, renseignons-nous passionnément, soyons une terre de dialogue et de paix. Mais, plus que jamais, méfions-nous des puissants. Méfions-nous du pouvoir. De tout pouvoir, d’où qu’il vienne. Défendons simplement nos valeurs. Soyons, plus que jamais, solidaires à l’interne. N’abandonnons aucun de nos compatriotes. Avant toute chose, soyons souverains. Nos lois se décident à Berne, ou dans les cantons. A Berne, et pas à Bruxelles. Encore moins, à Washington.

     

    Pascal Décaillet

  • Davos ? On s'en luge !

     
     
    Sur le vif - Mardi 20.02.26 - 15.52h
     
     
     
    Davos a toujours été insupportable. Et, pour ma part, depuis plus de trente ans, je l'ai toujours dit. Sous couvert de lieu d'échanges intellectuels sur les modèles économiques du futur, nous avons affaire, depuis des décennies, à un festival de génuflexions devant les puissants du monde occidental. A commencer par les premiers d'entre eux, suzerains dans l'ordre de l'arrogance et de l'impérialisme : les Etats-Unis d'Amérique. J'ai toujours détesté cela.
     
    Que les puissants se réunissent, se congratulent, se cirent mutuellement les pompes, fassent leur cirque, c'est leur problème. Mais, depuis des décennies, ce flot de journalistes, tellement obédients face au capitalisme ! Ces conseillers fédéraux, qui se ruent sur Davos, tout heureux de se faire voir avec les grands de ce monde. Et donnent une telle impression de servilité que nous, citoyennes et citoyens de ce pays que nous aimons, nous en sommes révulsés.
     
    Nous sommes, à l'échelle du monde, un tout petit pays. Mais nous avons des valeurs. Nous prônons la simplicité, le respect mutuel, des tonalités égales entre tous les humains, riches ou pauvres, "occidentaux" ou de l'Orient compliqué, toutes langues, couleurs de peau, religions confondues. Ce souci égalitaire est l'honneur même de notre petite Suisse. Nous n'aimons pas les prosternations devant les puissants, je l'ai lu dans une certaine pièce de Schiller, dès l'âge de quinze ans. Ces vers immortels, comment les oublier ?
     
    A l'arrogance de Davos, il faut opposer Schiller. Son Wilhelm Tell, mais aussi, et sans doute plus encore, le "Ritter Götz von Berlichingen", du jeune Goethe (24 ans), que j'ai eu l'immense honneur de voir au théâtre à Nuremberg, où je passais l'été, en juillet 1971. Ces vers de liberté, ces syllabes d'affranchissement, qui préfigurent les plus beaux passages de Brecht ou de Heiner Müller, un siècle et demi plus tard, vous restent ancrés dans l'âme.
     
    Les puissants de ce monde ont le droit de se réunir à Davos. Mais qui oblige la Suisse à en faire un tel foin ? Il y aurait tant à dire, à l'heure où des quotidiens "de référence" semblent enfin découvrir l'existence de Thomas Mann, sur cette sacralité de la montagne grisonne, ce besoin tellurique d'un Temple sur l'Alpe.
     
    Mais là, quel temple ? Juste le culte du Veau d'Or. La prosternation devant les forces de l'Argent. Face aux puissants, le sourire de fièvre et d'angoisse des faibles. Même pas Sganarelle. Même pas Leporello. Non, juste le commis de basses oeuvres, sans nom, la cruauté juste nourrie par sa propre peur de la disgrâce.
     
    Non. Je suis Suisse, et vous aussi, qui me lisez. Nous avons d'autres valeurs à défendre. Autrement plus belles, plus fondamentales. Notre démocratie. Notre respect des minorités. Notre amour du pays. Nos regards d'humains à humains, chacun en valant un autre, sans exception. Quant à Davos, je vous le dis avec les plus beaux souvenirs de glisse, oui ce saisissant vertige de la pente, aussi loin que remontent mes souvenirs dans le chalet valaisan de mon enfance, quant à Davos, on s'en luge.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Expulsion de locataires à la Jonction : arrogance et injustice

     
     
    Sur le vif - Lundi 19.01.26 - 16.30h
     
     
     
    Il y a des moments, dans la vie, où il faut être clair. L'expulsion massive de locataires, à la Jonction, est un PUR SCANDALE. Elle appelle à un débat (qui sera mené à GAC, mercredi 19h), mais aussi, plus profondément, à une réflexion sur la propriété immobilière à Genève, la toute-puissance des régies, les tonalités d'arrogance du puissant face au faible. Lorsqu'une situation devient insupportable, lorsque le mépris de la justice sociale, s'acharnant sur les plus précaires, s'affiche à un tel point, il faut réagir.
     
    Pour ma part, je souscris à chaque mot, chaque virgule, du communiqué du Parti du Travail, signé hier soir par Tobia Schnebli. Une fois de plus, ce parti s'occupe des vrais problèmes des gens, ce qui les touche au plus profond, au plus concret, dans la plus grande injustice. Honneur à lui.
     
    Oui, Genève doit entreprendre une immense réflexion sur la nature de la propriété foncière, notamment en Ville. Sur le rôle des Caisses de pension. Sur le manque de protection légale des plus faibles. Cela prendra de années, le droit du bail se joue à Berne. Mais nous devons cheminer, tous ensemble, nous la société, vers une protection beaucoup plus efficace des locataires, à commencer par les moins favorisés d'entre eux, face à des méthodes tout simplement inacceptables.
     
     
    Pascal Décaillet