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Liberté - Page 2

  • La France vivra !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 28.10.26

     

    La France va très mal, c’est une certitude. De là à la considérer comme perdue, restons calmes. Et surtout, gardons-nous d’enterrer une aussi vieille nation, qui a traversé tant d’épreuves, et a toujours fini par les surmonter.

     

    Guerre de Cent Ans, où la Perfide Albion a bien failli lui imposer sa loi. Mais un jour, il y eut Jeanne, la « Bonne Lorraine ». Guerres de Religion, terrible ferment de division, sur le point de lacérer l’unité du pays. Mais un 22 mars 1594, il y eut Henri, roi de Navarre, devenu Henri IV, pour entrer dans Paris, et réconcilier les Français.

     

    Et puis, il y eut la Fronde, mais déjà un enfant-roi ruminait, pour plus tard, la mise au pas des factieux. Et puis, dans le domaine des armes, tant de défaites, Azincourt, Waterloo, alternant avec tant de victoires : le Grand Condé à Rocroi, Maurice de Saxe à Fontenoy, Bonaparte en Italie, puis partout en Europe.

     

    Alors non, la France n’est pas morte. Son effondrement de mai-juin 1940, ça n’est pas si vieux, a constitué la pire défaite de son Histoire. Elle n’est pas morte, mais elle est malade. La dette, la révolte des jeunes, l’économie à la traîne. Nous Suisses, voisins et amis de ce grand et noble pays, n’avons en aucun cas à nous réjouir de ses souffrances. Au contraire, prouvons-lui notre amitié. La France traverse une passe très difficile, c’est vrai. Mais la France vivra.

     

    Pascal Décaillet

  • La France de la peur fera la différence

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 28.10.26

     

    La stupeur. C’est le mot qui résume la réaction générale face au déferlement d’images de violence en France. Les plus renseignés sur l’Histoire pensent aux barricades de 1830 et 1848, puis à celles de la Commune en 1871, puis à la tentative de coup de force des Ligues et des Camelots, le 6 février 1934, ou encore à Mai 68. Les autres, donc la masse immense, encaissent les images, se demandent à juste titre ce qui arrive à ce magnifique pays. Chacun de nous tente de faire, dans sa tête, la part des choses entre l’émeute sociale, sa récupération par des profiteurs et des pillards, et l’insurrection générationnelle. Quelques-uns, trop rares, qui ont l’esprit politique et le sens de l’Etat, voudraient savoir s’il y a eu, en une quelconque officine, un plan concerté, pour faire vaciller la République, comme le 6 février 34. La masse des retraités, quant à elle, découvre une certaine jeunesse de France, son dénuement, sa pauvreté, son sentiment de génération sacrifiée. Tout cela, bien sûr, nous interpelle. Il y a largement de quoi réveiller nos méninges, électriser nos consciences.

     

    La masse des retraités. Ou, disons, les enfants du baby-boom, ayant eu la chance de commencer leur carrière en période de plein-emploi, ayant travaillé toute leur vie, capitalisé aussi, pour s’offrir une retraite au moins digne, si possible un peu plus. En clair, des millions de personnes. Je dirais même : le personnage muet, mais majeur et décisif, de cette crise française. C’est cette catégorie-là qui fera la différence, dans les choix cruciaux du printemps 2027. D’abord, ils possèdent un poste de télévision, et passent des heures, émeutes ou pas, à le regarder, de leur canapé, surtout le soir, alors que la jeune génération tapote et s’informe à longueur de journée sur les réseaux. Il faut bien se dire que toutes les TV privées parisiennes, mais aussi le service public, formatent leurs émissions pour ce public-là, plus de 50 ans, voire carrément retraité, avec du temps pour dévorer les programmes.

     

    Ce public-cible, électoralement, constitue, pour un parti, une masse autrement importante à capter que n’importe quelle communauté, y compris celle des banlieues, des « cités ». Y compris, même, celle de la jeune génération, qui n’a d’ailleurs rien d’uniforme. C’est cette masse de retraités muets, discrets, craignant pour leur bas de laine, parfois d’ailleurs bien maigre, qu’il s’agira, le jour venu, de convaincre. Certains sont à gauche, d’autres à droite, peu importe : tous répugnent à cette irruption brutale de la racaille et de la canaille, qui du reste oblitère les légitimes revendications des lycéens pour étudier dans de bonnes conditions. Soyons clairs : le retraité tranquille, qui a bossé toute sa vie, veut rester peinard devant sa télé si ça le chante, avec son drink et ses chips, est le personnage muet, décisif, de la crise. Le jour venu, en avril puis mai 2027, il enverra à l’Elysée celui – ou celle – qui lui garantira la pérennité de son confort, bien mérité. Cette France de la peur, comme en juin 68, fera la différence.

     

    Pascal Décaillet 

  • Puissance d'incarnation

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 21.10.26

     

    Personne ne contestera à l’UDC son droit à deux sièges au Conseil fédéral. Vous connaissez la formule magique, de 1959, règle tacite mais tenace : deux sièges chacun pour les trois premiers partis au élections fédérales : un siège pour le quatrième. Or, l’UDC est de loin le premier parti dans la Berne fédérale.

     

    Ce qui, en revanche, sera infiniment discuté, jusqu’au mercredi 9 décembre, jour de l’élection, c’est, au sein de l’UDC, le profil politique. Celui de Céline Amaudruz est assurément celui d’une femme de la droite économique. Et en cela, vous le savez bien, elle diverge de ma sensibilité sociale, soucieuse d’un Etat fort, et protectionniste sur l’agriculture et l’industrie.

     

    Alors, pourquoi je la soutiens ? Parce qu’elle est, au sens très large, de la sensibilité romande. Non agrarienne, je le regrette, mais empreinte d’humanité, de cohésion du pays, d’ouverture aux gens, avec lesquels elle a un contact facile. Bref, la qualité de sa personne, son amour incontestable de la Suisse et de ses habitants, tout cela transcende à mes yeux nos divergences économiques.

     

    La Suisse a besoin d’idées, mais au Conseil fédéral, la puissance d’incarnation d’une personne joue un rôle essentiel, je l’avais puissamment éprouvé avec Jean-Pascal Delamuraz. Au fond de moi, je pense que Céline Amaudruz peut devenir, si le destin le veut, une conseillère fédérale appréciée et aimée des Suisses.

     

    Pascal Décaillet