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Liberté - Page 2

  • Imposition individuelle : bonne nuit à tous !

     
     
    Sur le vif - Samedi 14.02.26 - 16.24h
     
     
    Individuelle ou non, l'imposition étouffe les classes moyennes. C'est ça, le vrai problème, dans la Suisse de 2026. Le MONTANT. La PART DÉVORANTE de l'impôt dans le budget des ménages. Et c'est pour cela, à cause de ce hiatus entre la question posée au peuple et leurs AUTHENTIQUES PRÉOCCUPATIONS, que les Suisses peinent à se passionner pour la votation du 8 mars. C'est même le grand sommeil, Big Sleep : bonne nuit à tous !
     
    L'innovation proposée est certes intéressante. Elle nous invite à voter sur une importante réforme du modèle. Le sujet est conceptuellement poussé, il passionne les juristes, les fiscalistes, les spécialistes de droit, les hauts-fonctionnaires des administrations fiscales cantonales. C'est bien. Mais ça n'est pas encore un sujet populaire. Viscéral. De ceux qui vous arrachent le ventre, laissent rugir vos colères noires. C'est un sujet cérébral. Propre. Gentil.
     
    Bien sûr que la question posée est pertinente. Seulement voilà, un sujet de votation ne limite pas à un thème à traiter, en dehors de toute temporalité. Le scrutin intervient à un certain moment, dans un certain contexte, et dans un certain degré d'EXASPERATION du peuple face à ce qu'il ressent comme une injustice. Et justement, la fureur des classes moyennes suisses, là, maintenant, février 2026, ne s'exerce pas tant sur le monde d'imposition des couples mariés, que sur la CAPACITÉ D’ÉTOUFFEMENT qu'exerce dans leurs budgets le poste "fiscalité", en plus des loyers, des primes d'assurance maladie, etc.
     
    Dans ces conditions, aussi passionnant soit, pour ceux qui rédigent des thèses de doctorat en droit, le sujet soumis au vote le 8 mars, il n'exerce hélas aucune espèce de capacité émotive, ni de sentiment d'injustice à réparer, alors que le vrai sujet qui fait fulminer est le MONTANT des impôts des classes moyennes.
     
    Hélas, sur le montant, le peuple n'a pas souvenance d'avoir été exagérément invité à se prononcer.
     
    Les vrais sujets populaires, concernants, émotifs, viennent de la démocratie directe, notamment des initiatives. Et pas des paquets ou compromis ficelés à Berne.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La Colline inspirée

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.02.26

     

    Diction, Histoire de l’art : ces deux branches majeures, et magnifiques, sont en danger de disparition au Collège de Genève. Levées de boucliers, mobilisations : cela suffira-t-il ? Empoignons le problème, non pour défendre la corporation des intéressés, mais celle, essentielle et centrale, des élèves.

     

    J’ai passé ma propre Maturité fédérale, type A (latin-grec), il y a cinquante ans, le 7 avril 1976. A l’époque, il n’était pas question de diction. Ni d’Histoire de l’art. Si cette dernière avait été possible, je l’aurais très volontiers troquée contre, par exemple, la physique ! Mais c’était une autre époque.

     

    La diction nous invite à habiter corporellement la langue et les syllabes. Le souffle. Les silences. Les intonations. L’Histoire de l’art nous initie aux grandes œuvres, les ausculter, les décrypter. Dans les deux cas, des ondes merveilleusement positives. Après deux heures de maths, avec des dérivées et des intégrales, et une heure de physique, franchement ça fait du bien ! A 17 ans, ça m’aurait fait du bien. Aux jeunes d’aujourd’hui, ça fait du bien ! Ça ouvre des horizons. Ça élève.

     

    Bien sûr, nulle branche n’est indispensable. Pas plus, d’ailleurs, que de fréquenter à tout prix le Collège. Mais il est des lieux, écrit Barrès au début de sa Colline inspirée, où souffle l’esprit. De grâce, qu’il souffle ! Et souffle encore !

     

    Pascal Décaillet

  • Oser dire non aux Verts !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.02.28

     

    En ce milieu, déjà dépassé, de législature 2023-2028, le Conseil d’Etat genevois a-t-il une cohérence idéologique ? Une épine dorsale ? Un programme de législature qui repose sur une philosophie politique, plutôt qu’un amoncellement administratif ? A-t-il un cap, tient-il le gouvernail, plutôt que d’errer, tel un Vaisseau fantôme, au gré des vents ? Travaille-t-il en intelligence interne, plutôt qu’en juxtaposition de sept baronnies, indifférentes les unes aux autres ? A-t-il du courage, celui de dire OUI, mais aussi parfois celui de dire NON ? Tient-il ses engagements de campagne ? Respecte-t-il la très nette majorité de droite plébiscitée par le peuple au printemps 2023 ? Voit-t-il, simplement, que la mode de la doxa Verte des quinze dernières années, une vague sur Fukushima, puis une autre sur le climat, s’est nettement tassée ? Voit-il, tout court ? N’est-il pas dans la nuit ?

     

    Une question, claire : en quel honneur, et en vertu de quel basculement, le Conseil d’Etat genevois a-t-il cru bon, le mercredi 4 février, de se prononcer en faveur de l’initiative Verte sur le « Fonds Climat » ? Une initiative fédérale de gauche, sur laquelle nous voterons le 8 mars prochain, qui demande d’investir entre 0,5% et 1% du PIB (produit intérieur brut) de la Suisse pour le « climat ». Et qui, au nom de l’impératif que cet enjeu représenterait, entend soustraire ces milliards de dépenses au mécanisme du frein à l’endettement, dûment mis en place par notre ordre démocratique. En clair, une dépense qui, au nom d’un impératif moral supérieur, aux accents de dogme théologique, échapperait à la loi suisse. Quoi qu’on pense de la nécessité de protéger notre planète (nous n’en contestons pas ici le principe), ce saute-moutons sur la loi suisse, démocratiquement votée, est inacceptable. Il en dit long, très long, sur la mentalité des initiants, leur légèreté face à la loi, leur approximation marécageuse face au marbre républicain.

     

    Le Conseil d’Etat genevois est composé de trois personnes de droite, trois de gauche, et un imprévisible. Aux trois de gauche, nous n’avons nul reproche à adresser. L’initiative vient de leurs rangs, elle est parfaitement légitime sur le plan formel, elle a eu les signatures, ils ont absolument le droit de la défendre. Mais il a bien fallu, arithmétiquement, qu’un membre, au moins, du collège bascule à gauche, pour obtenir ce soutien du Conseil d’Etat à l’initiative sur le Fonds Climat. Aux Verts, nul reproche : ils soutiennent leur texte. Aux socialistes, nul reproche : ils soutiennent les Verts. Mais le drame d’une bonne partie de la droite suisse, depuis au moins deux décennies, c’est qu’elle semble comme apeurée par les thèses des Verts. Comme si on n’avait pas le droit de leur dire, en toute fraternité républicaine : « Vous êtes adorables, mais votre initiative est excessive. Nous n’en voulons pas ». Il est temps que la droite suisse se réveille. Organise sa pensée autour de ses propres valeurs. Et non autour de celles des Verts.

     

    Pascal Décaillet