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Liberté - Page 3

  • Madame Huguette

     
    Sur le vif - Vendredi 22.05.26 - 20.21h
     
     
    La mort d’Huguette Bouchardeau, très grande dame de l’Histoire des gauches françaises, candidate au premier tour de la présidentielle en 81, conscience sociale de premier plan, intelligente, sensible, humaine, méritait davantage que huit secondes au Journal de 20h. Je dis bien : huit.
     
    Sa candidature de 1981 fut le surgissement solaire d’une solitaire, dégagée des appareils, attachée à ses valeurs. À l’époque, j’étais pour François Mitterrand, mais le cheminement et le courage de cette candidate, sa lucidité sur les choses de la vie, le sort des humbles, la condition des femmes, m’avaient impressionné.
     
    Et puis, en 1981, je n’oubliais pas que ce discours inédit, mais tellement précieux, représentait un tout petit parti qui avait été celui de la plus grande figure politique française de l’après-guerre, après de Gaulle : Pierre Mendès France. Qui vivait encore, pour quelques mois.
     
    Il faut davantage d’humains comme Madame Bouchardeau.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Mais enfin, bon sang !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.05.26

     

    Mais enfin, bon sang, pourquoi les socialistes, ce vieux parti qui a tant contribué à faire la Suisse moderne, s’allie-t-il avec le grand patronat, au lieu de prendre au sérieux la question démographique ? Le parti de Tschudi, cet immense conseiller fédéral bâlois, qui a mené à terme, tambour battant, trois réformes complètes de l’AVS, entre 1959 et 1973.

     

    Ce qui ne va pas, c’est de rejeter un texte, sous le seul prétexte qu’il vient de l’UDC. C’est complètement idiot ! Le PS et l’UDC ne sont pas des copains, et ne le deviendront jamais. Sur tant d’autres sujets, leurs options divergent totalement. Mais là, ponctuellement, il y a la possibilité de faire reculer l’ennemi commun : l’ultra-libéralisme, destructeur de services publics, de lien social.

     

    Mais enfin, bon sang, pourquoi les Verts, qui défendent à juste titre la qualité de vie, le respect de l’environnement, la préservation du patrimoine et des paysages, s’allient-ils avec les forces de l’Argent, qui les détruisent à longueur d’année ? La question démographique, dans un pays comme le nôtre, avec ce relief si particulier, ce Plateau qui n’est pas extensible à souhait, devrait pourtant intéresser les Verts, au premier chef ! Personne ne demande aux Verts de partir en vacances avec des UDC. Juste réfléchir, avec un minimum d’honnêteté intellectuelle.

     

    Dans cette histoire de Suisse à dix millions, la responsabilité de la gauche est écrasante.

     

    Pascal Décaillet

  • Laisser la Suisse aux affairistes ? Non, merci !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.05.26

     

    La votation du 14 juin sur la Suisse à dix millions est l’une des plus importantes de ces dernières années. Elle n’est absolument pas un scrutin contre les étrangers, mais elle veut enfin introduire la régulation drastique des flux migratoires décidée par le peuple et les cantons, le 9 février 2014. Si cette décision du souverain ultime de notre pays, il y a douze ans, avait été mise en application par le Parlement et les corps intermédiaires, comme ils en avaient le devoir, cette nouvelle initiative n’aurait pas été nécessaire. Il y a eu, clairement, trahison des clercs, trahison des élites, trahison de la « démocratie représentative », comme elle aime se désigner elle-même, non sans arrogance de classe. Et, face à ce coup de poignard, il y a eu réaction d’une partie du peuple suisse. Alors oui, la Suisse à dix millions, c’est la revanche du 9 février 2014. La revanche, non des perdants, mais CELLE DES GAGNANTS !

     

    « Démocratie représentative » : mais qui « représentent-ils », ces emmurés de la molasse bernoise, à se pavaner en costard sous les lambris du Palais fédéral, lorsqu’ils refusent d’appliquer une décision souveraine du peuple et des cantons ? Par ce déni, ils ne « représentent » plus le peuple ! La droite libérale, qui porte une responsabilité écrasante dans ce refus de mise en application, apparaît dans cette affaire comme le syndicat des valets du grand patronat, celui-là même qui profite des flux migratoires créés par la libre-circulation, pratique la sous-enchère, empoche les dividendes de la croissance, en oubliant de les redistribuer aux travailleurs.

     

    La gauche, quant à elle, toute à son carcan idéologique, à sa haine de l’UDC, à son rejet systématique de toute idée avancée par ce parti, ne « représente » plus qu’elle-même. Le peuple, elle l’a oublié. Les souffrances des ouvriers suisses, fragilisés pas la submersion migratoire, elle ne les écoute pas. Ce comportement, cette alliance totalement malsaine avec les forces ultra-libérales qui gangrènent notre cohésion sociale, la gauche suisse devra un jour les payer. Les flux migratoires, elle les laisse déferler, toute heureuse d’engager de nouveaux cotisants dans les syndicats, qui engraisseront ainsi leur propre machine, le serpent se mord la queue.

     

    Le 14 juin, chaque citoyenne, chaque citoyen de notre pays se prononcera individuellement, en conscience, comme il doit d’ailleurs le faire lors de chaque vote. Nul, je dis bien nul, ne doit lui dicter son choix. Les partis donnent leur point de vue, très bien, mais nul citoyen ne doit écouter d’autre guide que sa petite voix intérieure, celle de son intime conviction. Une moitié, je pense, de la Suisse, votera OUI, l’autre votera NON. Reste à savoir en faveur de qui se jouera la bascule. Pour ma part, je ne fais jamais procès à personne de son vote. D’ici là, parlons du fond. Et pensons, très fort, aux intérêts supérieurs de notre pays. C’est le seul, l’unique enjeu, au moment de la décision suprême, qui doit guider chacun de nous.

     

    Pascal Décaillet