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Liberté - Page 3

  • Santé : un nouveau scandale !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 19.08.26

     

    Un scandale de plus, dans le domaine de la santé publique, en Suisse. Les rabais sur les médicaments, ainsi que d’autres avantages octroyés par les pharmas aux fournisseurs, cabinets médicaux, pharmacies, hôpitaux, en tout 743 millions par an, ne sont répercutés qu’à hauteur de 12% sur les assureurs et les assurés ! Le Contrôle fédéral des finances dénonce cette injustice.

     

    Le scandale ? Sachons voir large, et traduire les débats médicaux en termes d’intérêt général, de primauté du politique sur l’administration, et non en pesées d’apothicaires. Le scandale, c’est la déficience de contrôles de l’OFSP (Office fédéral de la Santé publique), chargé de veiller, depuis 2020, à la bonne répercussion de ces rabais. Trop occupé à régenter les Suisses d’une main de fer, à l’époque du Covid ?

     

    Le scandale, c’est l’absence d’un vrai contrôle politique, par le peuple et ses élus, sur l’armada de fonctionnaires de la Confédération. Le scandale, c’est l’opacité totale de notre système de santé. On a l’impression que la machine tourne seule, hors d’une volonté humaine. Où est la politique ? Où est la Cité ? Où est l’intérêt général ? Où sont la défense, la protection des plus faibles ?

     

    Le scandale, c’est que la santé publique, en Suisse, échappe une fois de plus à la clairvoyance, à la légitimité d’une vision politique. Il existe pourtant une solution : nationaliser le secteur des médicaments. La main invisible du marché, ça suffit !

     

    Pascal Décaillet

  • Souveraineté : au diable, notre image !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 19.08.26

     

    Le 27 septembre, en votations fédérales, les Suisses se prononceront sur le statut qu’ils entendent donner à la neutralité. C’est une initiative importante, nous en reparlerons. Mais ces grands débats, que je conduirai à plusieurs reprises dans « Genève à Chaud » et commenterai dans mes textes, n’ont de sens que si on pose, en amont, la question amirale de la souveraineté. Au fond, c’est la seule qui vaille. Celle de la neutralité, et des déclinaisons qu’on entend lui donner, est certes importante, mais elle vient ensuite. On ne saurait parler neutralité sans avoir, en amont, parlé avec précision, profondeur, intransigeance, de la souveraineté.

     

    Les pays qui constituent le monde ne sont pas le fruit du hasard. Aucun d’entre eux ne s’est constitué sans une volonté farouche, sauvage, d’affranchissement, de délimitation d’un terrain, d’indépendance dans ses institutions. Aucun d’entre eux n’a fait l’économie, pour y parvenir, puis conserver son statut, du prix du sang. L’idée de nation n’a rien de gentil, elle est terrible, mortifère, archaïque dans sa quête de la survie. Elle établit une solidarité à l’interne (j’y suis immensément attaché), mais doit se montrer intraitable face à l’extérieur.

     

    La Suisse est un minuscule pays, bien chétif au regard du monde. Mais c’est le nôtre, nous l’aimons. Nous aimons nos origines, nos ancêtres, nos paysages, nos langues, nos cultures, nos institutions. Nous aimons notre Histoire, complexe, décentralisée, morcelée, nous en avons au fond 27, une par Canton, et une, qui nous est commune, pour la Suisse fédérale, depuis 1848. C’est moins simple à enseigner que l’Histoire de France, avec son fil conducteur, le combat du pouvoir royal (puis républicain, jacobin) contre les ferments de dispersion.

     

    Moins simple, parce qu’en Suisse, à l’opposé de la France, nous aimons infiniment notre diversité. Nos Cantons. Nos langues, nos dialectes. La politique fédérale, celle qui se passe à Berne, sous la Coupole, et à laquelle j’ai consacré plus de quarante ans de ma vie d’observateur du réel, n’est au fond qu’une politique publique suisse, parmi d’autres. Celle de chaque Canton est, intrinsèquement, aussi importante. Cette structure fédérale nous rapproche du modèle allemand, avec ses Länder. Et vous connaissez mon attachement à l’Histoire allemande.

     

    Alors, la souveraineté ? Si nous sommes décentralisés à l’interne, nous sommes perçus, dans le monde entier, comme une nation. L’étranger perçoit la Suisse comme l’une des nations du monde. Il doit d’autant plus nous respecter qu’en taille, nous sommes bien faibles. Alors, avec la férocité de toute nation qui veut survivre, nous devons nous montrer intransigeants, voire insupportables (au diable, notre image !), dans la défense de notre souveraineté. Aimables, certes, ne nous faisons pas des ennemis. Mais rugissants, dès qu’il s’agit de notre indépendance.

     

    Je ne sous-estime pas la question de la neutralité, dont je suis un ferme partisan. Mais, en amont, je place celle de la souveraineté. Il faut procéder dans l’ordre, si on veut avancer. Et survivre.

     

    Pascal Décaillet

  • Léon XIV : un Pape qui fait son boulot

     
     
     
    Sur le vif - Mardi 18.08.26 - 10.26h
     
     
     
    Ignazio Cassis se tait, les dirigeants occidentaux ferment les yeux, à l’exception notable de l’Espagne. Le monde atlantiste, inféodé comme jamais aux États-Unis d’Amérique, rase les murs en sifflotant.
     
    Tous ? Non. Parmi les quelques voix qui osent condamner l’insupportable comportement des colons israéliens en Cisjordanie, qui vient s’ajouter à deux années de massacre à Gaza, il y en a une, et ça n’est pas la moindre. Celle de Léon XIV, premier Pape américain de l’Histoire, successeur assumé de son lointain homonyme, le grand Léon XIII (1878-1903), qui fut l’homme de la Doctrine sociale de l’Eglise (1891), le Pape des ouvriers, le défenseur de la dignité humaine face au capitalisme prédateur, destructeur de destins.
     
    Ignazio Cassis se tait, le Conseil fédéral se tait, Macron passe son temps à passer à autre chose, les dirigeants européens jouent les anguilles. Mais Léon, lui, parle. Il dit les choses, telles qu’elles sont, d’une langue claire, précise.
     
    On se prend à rêver : une visite pontificale, un jour, dans les Territoires palestiniens. La puissance de vie du verbe et de l’esprit, au milieu de ce peuple meurtri.
     
    Un Pape qui fait son boulot. Ça fait du bien.
     
     
    Pascal Décaillet