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Liberté - Page 3

  • Expulsion de locataires à la Jonction : arrogance et injustice

     
     
    Sur le vif - Lundi 19.01.26 - 16.30h
     
     
     
    Il y a des moments, dans la vie, où il faut être clair. L'expulsion massive de locataires, à la Jonction, est un PUR SCANDALE. Elle appelle à un débat (qui sera mené à GAC, mercredi 19h), mais aussi, plus profondément, à une réflexion sur la propriété immobilière à Genève, la toute-puissance des régies, les tonalités d'arrogance du puissant face au faible. Lorsqu'une situation devient insupportable, lorsque le mépris de la justice sociale, s'acharnant sur les plus précaires, s'affiche à un tel point, il faut réagir.
     
    Pour ma part, je souscris à chaque mot, chaque virgule, du communiqué du Parti du Travail, signé hier soir par Tobia Schnebli. Une fois de plus, ce parti s'occupe des vrais problèmes des gens, ce qui les touche au plus profond, au plus concret, dans la plus grande injustice. Honneur à lui.
     
    Oui, Genève doit entreprendre une immense réflexion sur la nature de la propriété foncière, notamment en Ville. Sur le rôle des Caisses de pension. Sur le manque de protection légale des plus faibles. Cela prendra de années, le droit du bail se joue à Berne. Mais nous devons cheminer, tous ensemble, nous la société, vers une protection beaucoup plus efficace des locataires, à commencer par les moins favorisés d'entre eux, face à des méthodes tout simplement inacceptables.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Lucidité, vertu première

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 14.01.26

     

    De deux choses, l’une. Soit on se réclame du « droit international », soit on considère, en analyste cynique, lecteur de Clausewitz et Bismarck, les seuls rapports de forces.

     

    Si on est de la première catégorie, alors désolé, il faut condamner le comportement de Trump au Venezuela avec la même force que celui de Poutine en Ukraine. Dans les deux cas, à des degrés certes différents, il y a l’application, pure et dure, de la loi du plus fort : « Tu es dans ma zone d’influence, je suis le patron ». Et cela, c’est tout, sauf le « droit international ».

     

    Si on se veut de la seconde catégorie, celle qui reconnaît, comme fait accompli, les sphères d’influence, donc la capacité d’attraction d’un petit par un proche puissant, alors OK, on laisse Trump débarquer à Caracas, enlever le Président en exercice (fût-il un très méchant individu), s’approprier le pétrole du pays, en recouvrant cet acte de pur piratage de belles paroles sur la démocratie. Mais alors, dans le cas de la Russie et de l’Ukraine, on doit peut-être se poser quelques questions sur l’ancestrale rivalité de Kiev et Moscou autour de la partie orientale de l’Ukraine, à commencer par le Donbass.

     

    Bref, le moralisme, dans cet implacable paradoxe, qui nous force à nous montrer cohérents et à choisir, est la grande victime. Rien ne sert de gémir. Il nous faut être lucides, c’est la première des vertus.

     

    Pascal Décaillet

  • La Suisse doit s'occuper du peuple suisse !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 14.01.26

     

    Effondrement du « droit international », retour des empires, cynisme des rapports de forces, les pires prédations autorisées aux puissants, comme, par exemple, enlever un chef d’Etat en exercice, s’approprier le pétrole du pays, camoufler cet acte de pur piratage sous de belles paroles : nous sommes dans un nouveau monde, un nouveau cycle. Ce nouvel ordre présente pourtant une singularité : celle de ressembler comme deux gouttes d’eau à l’ancien. Celui d’avant 1945. Les Etats-Unis, la Chine, la Russie jouent dans la cour des grands. L’Europe n’existe pas. Trump fait absolument ce qu’il veut, où il veut, comme il veut, jusqu’au jour (mais quand ?) où un contre-pouvoir le calmera. Oui, ce monde nouveau est le frère jumeau du monde ancien, celui où seuls prévalaient les rapports de domination. Le monde naturel, au fond, la jungle, l’édifice si précaire du « droit international » s’étant effondré.

     

    Dans ces conditions, que faire ? Je ne m’exprime jamais, et le rappelle constamment, sous une autre qualité que celle de citoyen suisse, parmi des millions de concitoyens, qui tous ont doit à la parole, Eh bien comme citoyen, comme patriote, comme père de famille, comme entrepreneur passionné par son travail qui consiste justement à parler de la dimension collective, celle qui touche, au sens d’Aristote, à la Cité, j’invite la Suisse à s’occuper, plus que jamais, mieux que jamais, d’elle-même. Je ne l’invite pas au repli, nous devons tisser des liens avec tous les peuples du monde, sans exception. Mais je l’invite à porter toutes ses attentions, en absolue priorité, sur le peuple suisse. Et notamment sur les plus démunis. Un récent rapport sur la pauvreté en Suisse malmène méchamment notre réputation de prospérité à travers le monde.

     

    Oh, de l’argent, en Suisse, il y en a des tonnes, mais la qualité de sa répartition n’est pas au rendez-vous : la plus grande partie des richesses demeure entre les mains d’une poignée hyper-minoritaire. Ça n’est pas, pour ma part, ma conception de l’indispensable solidarité interne qui est dans l’essence-même, dans le projet-même, de la Suisse fédérale, depuis 1848. Rassurez-vous, je ne prône ni la collectivisation des terres, ni le plan quinquennal. Non, je dis et répète, simplement, que toutes nos attentions doivent se tourner vers nos compatriotes. La Suisse doit s’occuper du peuple suisse. Notre système de santé, livré depuis le milieu des années 1990 (j’ai couvert en détail, à Berne, comme correspondant, la genèse de la loi sur l’assurance maladie) aux puissances de l’argent, doit absolument retrouver une dimension de solidarité que seul peut permettre un retour de l’Etat. Nos aînés, mais aussi nos jeunes sans emploi, doivent faire l’objet de nos attentions prioritaires. Notre agriculture doit être protégée. Notre industrie, puissamment relancée. Les délocalisations, férocement combattues. La fiscalité doit moins taxer le travail, pour enfin soulager les classes moyennes. Oui, la Suisse doit s’occuper des Suisses. Il y a tant à faire à l’intérieur de nos frontières.

     

    Pascal Décaillet