Liberté - Page 3
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Nous n'émettons pas une opinion. Nous DECIDONS !
Sur le vif - Mercredi 06.05.26 - 14.26hPosition du Conseil d'Etat sur l'initiative Suisse à 10 millions : un sommet de pesanteur et de convenance ! Un tir de plus, une saillie lunaire, dans les orgues de Staline balancées par tout ce que la Suisse compte de grands patrons, notables libéraux, extatiques de la libre-circulation, gentils démocrates-chrétiens naïvement européistes, Dupond-Dupont de la quiétude dominante.Quelle Suisse ? Mais c'est simple : la Suisse au pouvoir, aujourd'hui ! Le NON du gouvernement genevois au texte de l'UDC, c'est la chiquenaude méprisante des puissants, des possédants, aux manants. Avec eux, la clique des échangistes, les employeurs peu regardants sur leur propre sous-enchère, les profiteurs de 25 ans de libre-circulation.A qui, le camouflet ? Mais aux manants, une fois de plus ! Aux citoyennes et citoyens qui ont le culot d'exercer leur droit d'initiative, faire vivre notre démocratie directe, vouloir réguler nos flux migratoires, empêcher la Suisse d'étouffer sous le nombre. Prendre au sérieux la question démographique.Le gouvernement genevois a bien sûr le droit de donner son avis. Mais pas plus que les associations de tennis de table, les pêcheurs à la ligne, les rebouteux, les cueilleurs de bolets, les nageurs en rivières. En clair, pas plus que n'importe quel citoyen de notre pays. Vous, moi, tous les autres. Chacun de nous, par son vote, constitue une part indivisible du suffrage universel. En disant OUI ou NON, nous ne donnons pas notre avis, nous ne sommes pas dans un sondage.Non. Nous constituons, tous ensemble, le souverain de ce pays. Nous n'émettons pas une opinion. NOUS DÉCIDONS.Pascal Décaillet -
Darius et ses Généraux
Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.05.26
« Et vous-même, mon Général, qu’en pensez-vous ? ». Partagez-vous l’avis de l’Amiral ? Ou plutôt, celui du Colonel ? Et vous, l’expert en aéronautique, expliquez-nous, dans le détail, le merveilleux fonctionnement du tout nouvel avion de combat, à décollage vertical, de l’armée américaine. Et vous, Alain Bauer, l’expert en expertises, vous l’universelle araigne, lumière née de la lumière, comment interprétez-vous la toute dernière valse-hésitation de Trump sur le Détroit d’Ormuz ? Et vous, Roger, vous êtes formel : vous qui êtes « sur place », vous nous annoncez l’imminence, pour cette nuit, des premières troupes terrestres secrètes, ces commandos que vous connaissez de l’intérieur, et dont vous allez nous détailler le fonctionnement. Et vous, Alain Bauer, que pensez-vous, à la lumière ces révélations, de vos propres positions d’avant-hier sur les réserves en pétrole ?
« Mais pardonnez-moi, Alain, une dépêche me parvient à l’instant. Il semblerait que les congés, sur le porte-avions amiral, en rade de Chypre, aient tous été suspendus, ce qui confirme la thèse d’une attaque pour cette nuit, autour de trois heures du matin ». Vous n’êtes pas d’accord, Alain ? Ni vous, Général ? C’était pourtant la thèse, avant-hier, du Contre-Amiral, qui bénéficie comme on sait d’informations privilégiées. Mais regardez plutôt ce graphique : il nous expose en détail les stocks de kérosène dont disposent encore les avions de reconnaissance qui préparent l’attaque de cette nuit. Nous avons obtenu cette information grâce à une amie de l’Ambassadeur que j’ai rencontré hier soir, par hasard, dans un cocktail du Club Presse et Stratégie. Comment, Alain, vous étiez au courant bien avant elle ? Ah, dans ces conditions…
« De minute et minute, les choses se confirment et s’accélèrent : l’attaque, décidée en ce moment même dans le Bureau Ovale, devrait se dérouler cette nuit à trois heures et trente-trois minutes. Elle est ciblée sur des objectifs que nous tentons de décrypter, grâce à notre réseau de Généraux en retraite à Washington, Doha, Abu-Dhabi, Djibouti et Suez. Nous garderons l’antenne cette nuit, pour nous greffer sur l’événement. Nous attendons, d’une minute à l’autre, l’ancien Ambassadeur de Finlande au Vatican, dont le fils, futur Général en retraite, a fait sa thèse, à l’Ecole de Guerre d’Helsinki, sur les armes à sous-munitions dans le Golfe Persique ». Et vous-même, Alain, vous nous quittez quelques minutes pour aller sur une chaîne concurrente et passer aux toilettes, mais je compte sur vous à partir de deux heures du matin. Le Vice-Amiral en retraite, spécialiste des questions de logistique, confrontera ses thèses avec les vôtres, dans un esprit de lumières partagées. Nous tenterons de réveiller le ministre dès que l’attaque aura commencé, grâce à son aide de camp, l’ancien chef d’état-major par intérim de l’armée de terre d’Andorre. Surtout ne quittez pas notre antenne. Pendant la pub, un drink s’impose : un doigt de porto, mon Général ?
Pascal Décaillet
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Merci Roi Ubu, merci Sire !
Sur le vif - Mardi 05.05.26 - 16.32hLe destin de l'Allemagne ne se ramène pas à ce que nous en roucoulent les chroniqueurs superficiels qui ne se sont pas penchés, pendant de longues années, en profondeur, sur son Histoire.De longues années ? Toute une vie ! Non seulement il faut fuir l'écume, la mode de pensée du moment, mais il faut, par une ascèse de résistance intellectuelle venue dès les premières années, s'extraire du temps, s'immerger dans le passé, exercer son imagination vers lui, pour mieux la projeter sur le présent.Ainsi, le départ des 5'000 soldats américains, d'ici l'an prochain. Trump, qui ne connaît sans doute rien à l'Histoire allemande, croit les punir, parce que M. Merz, le Chancelier, a été insolent envers lui, raillant son expédition dans les airs - et les eaux - de la Perse millénaire.C'est exactement le contraire qui se produit. Sur le moment, certes, Trump prive les Allemands de parapluie logistique et d'emplois. Mais il dégarnit - ENFIN - le sol germanique sur lequel les troupes américaines ont pris pied début 1945, pour ne plus le quitter pendant 81 ans.Et c'est cela qui compte. Cela, que les Allemands voient. Cela, qui frappe les imaginaires. Les Soviétiques (entendez : les Russes) avaient déjà quitté l'Allemagne de l'Est (entendez : la Prusse, la Saxe et la Thuringe) après la chute du Mur. Eh bien aujourd'hui, ce sont les Américains qui s'en vont. Bien au-delà de Trump, et sa tragi-comédie de Roi Ubu, le peuple allemand se conforte - une nouvelle fois, dans son Histoire - dans l'idée qu'il va devoir pendre en charge seul son destin.Depuis la destruction totale de la Guerre de Trente Ans, dont l'Allemagne sort "à l'âge de pierre" en 1648, en passant par les guerres napoléoniennes et l'occupation française de la Prusse entre 1806 et 1813, et en passant bien sûr par 1945, L'Année Zéro", l'Allemagne a connu bien pire que la frêle et dérisoire "punition" de M. Trump.En vérité, le Roi Ubu ne punit personne. Il rend au destin allemand, en quête muette et souterraine de lui-même depuis toujours, l'éminent service qui lui manquait encore pour se réaffirmer puissamment en Europe. Au passage, l'Allemagne vient d''investir 100 milliards pour redevenir une puissance militaire de premier plan.Alors, au fond, les Allemands peuvent dire "Merci, Roi Ubu, merci Sire !".Pascal Décaillet