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Eux, c'est nous

 
 
Sur le vif - Dimanche 04.01.26 - 16.57
 
 
 
Juste vous dire, d'abord, que j'ai eu très peur, pendant quelque 90 minutes, le 1er janvier au matin, avant d'être enfin rassuré. A quelques amis, j'en ai raconté le détail.
 
Oui, moi, j'ai été rassuré. Mais tous les autres, à qui je ne cesse de penser. A qui nous pensons tous. Leur histoire, si terrible pour eux, est aussi la nôtre.
 
Rassuré, pour mon cas personnel. Mais en ce même moment, si précieux, en ce tournant je crois, j'ai immédiatement compris que je serais toujours, toute ma vie, en communion avec les autres. Ceux qui n'ont pas eu ma chance. Avec ceux de ce drame-là, qui est le leur. Mais qui est aussi le nôtre.
 
Un drame national, c'est plus que des drapeaux en berne. C'est la certitude intérieure, chez chacun des survivants, donc chacun de nous tous, de prendre pour soi, même de façon apparemment dérisoire, une part de l'inimaginable souffrance de ceux qui ont perdu un enfant, un ami, un proche. En présence réelle ou à distance, visible ou invisible, cette communion est ce qui fonde notre humanité.
 
Drame national. Il s'est produit chez nous, mais sa portée est de l'ordre de l'universalité humaine. Pour ma part, mais cela n'engage que moi, je crois à la communion des âmes, la communion dans la souffrance. J'ai senti cela très fort, il y a 21 ans, dans toute cette année 2005 où la santé m'a, disons, un peu fait défaut. Chimio. Rayons. Mais jamais solitude : communion invisible avec les autres personnes en souffrance, dans l'univers.
 
Drame national. Il nous a tous touchés, au plus profond. Nous sommes tous en totale sympathie avec les familles. Ce drame est avant tout le leur. Mais il est aussi le nôtre. Pétris de la même glaise humaine.
 
Drame national. Je me souviens de la soupe rouge que je mangeais, à midi, en ce jour de 1965 où mon père, ingénieur, ayant beaucoup travaillé sur des chantiers de montagne, ému comme jamais, est rentré du travail et nous a annoncé la tragédie de Mattmark.
 
Mattmark. C'est à ça que j'ai pensé, le 1er janvier au matin.
 
Drame national. Ce qui nous reste à vivre, pour nous en souvenir. Nul d'entre nous n'oubliera.
 
Avoir de la mémoire, c'est être humain.
 
Pascal Décaillet

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