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La lucidité, SVP, pas la morale !

 
 
Sur le vif - Lundi 05.01.26 - 13.43h
 
 
 
Et ce brave M. Cassis, le même qui se taisait lors du massacre de Gaza, qui s'empresse de "bloquer les avoirs de Maduro" !
 
Il ne s'agit pas de savoir si Maduro est sympathique ou non. Je ne doute pas qu'il y ait mille raisons de ne pas l'aimer du tout.
 
Non. Il s'agit de mettre les adeptes du "droit international" (que, pour ma part, je n'invoque jamais) face à leur paradoxe. Ou bien ils veulent ce droit, et ils doivent condamner l'intervention Trump au Venezuela EXACTEMENT de la même manière qu'ils ont condamné la guerre de Poutine en Ukraine. Ou bien, ils n'invoquent pas ce droit. Alors, ils considèrent, avec Bismarck, le seul droit du plus fort.
 
Le Venezuela serait, dès lors, dans la "zone d'influence" de Washington. Soit. Mais alors, le même partisan de l'analyse froide et cynique des rapports de forces doit peut-être se poser quelques questions sur la difficile relation séculaire entre Kiev et Moscou.
 
Le même observateur cynique voudra bien, si ça ne le dérange pas trop, prendre en compte les vrais ressorts de la guerre, dès lors qu'une puissance impérialiste y est engagée (c'était déjà valable pour le conflit d'influences entre Sparte et Athènes, il y a 25 siècles, dans la Guerre du Péloponnèse), et ces ressorts, ce sont ceux de la domination économique. Les matières premières. Naguère, entre Sparte et Athènes, le minerai. Aujourd'hui, au Vénézuela, le pétrole (seule vraie cause de l'intervention Trump). Dans la partie orientale de l'Ukraine, le bassin minier du Donbass.
 
Dire que Poutine, Trump, sont très méchants, ou que Maduro, Zelensky, sont très gentils, n'a strictement aucun intérêt. Les ressorts des impérialismes sont à décrypter en glaciale lucidité. A cet égard, le cynisme analytique, celui hérité, depuis 23 siècles, d'un Diogène de Sinope, celui aussi d'un Clausewitz ou d'un Bismarck, nous sera autrement plus utile que les mots tièdes de la morale et des bons sentiments.
 
 
Pascal Décaillet

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