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  • La propagande ? Elle est partout !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.02.26

     

    Nous méfier de la propagande ? Et comment ! Mais attention, il faut traiter le sujet en profondeur. En commençant par nous méfier, chacun de nous, de toute propagande, d’où qu’elle vienne. Celle de Moscou ? Bien sûr ! Mais tout autant, celle de Washington. Celle de Pékin ? Certainement ! Mais vous pensez que celle de Taïwan est vierge de toute intention occidentale, américaine notamment ? Celle de Téhéran ? Absolument ! Mais alors, celle de Jérusalem ? Celle des partis d’opposition, en Suisse ? Of course. Mais il faudrait épargner celle du Conseil fédéral, dans ses ineffables « conférences de presse » à Berne ? Non, non, et non : je vous invite à vous méfier de toute propagande. Et, plus largement, de tout discours émanant d’un pouvoir. Politique. Economique. Financier. Colonial. Patriarcal. Faute de cette hygiène, dans l’ordre du scepticisme, nous nous ferons promener, comme des agneaux.

     

    Le mot « propagande », à la base, n’est pas péjoratif. Nul ne reprochera à un commerçant de vouloir « propager » la notoriété de ses produits. Ni même, à une institution, de se faire connaître. Là où le mot prend une tournure nettement négative, c’est quand il signifie endoctrinement. On pense tout de suite à Goebbels, aux régimes totalitaires. C’est une acception beaucoup trop restreinte : tout le monde, absolument tout pouvoir, tout puissant, tout dominant, dans le monde, fait de la propagande. Poutine fait sa propagande. Zelensky fait la sienne. Trump, celle de son ego. Malraux faisait la propagande de Charles de Gaulle. Jack Lang, celle de Mitterrand. Mme von der Leyen fait la sienne. Alain Berset a longtemps fait celle de la politique sanitaire suisse, non sans une personnalisation peu helvétique du pouvoir, dans les années Covid. Et tout attaché de presse d’un Département, municipal, cantonal ou fédéral, est payé pour faire la propagande de l’élu politique qui l’a engagé. C’est valable absolument partout, à gauche comme à droite.

     

    Enfin, il y a les « conférences de presse ». Des séances d’information ? Vous voulez rire ? Si vous avez la naïveté de le croire, alors vous avez manqué une carrière d’enfant de chœur. Tout Conseiller d’Etat, tout Conseiller fédéral, tout homme ou femme d’un quelconque pouvoir, politique, économique, scientifique, médical, vous convoquant à une « conférence de presse », a l’intention de faire passer le message du pouvoir. Donc, la légitimité de son propre pouvoir. Donc, la pertinence de son maintien au pouvoir. De nos jours, plus besoin de hurler devant une foule, tout est doux en apparence, tout est soft, tout est feutré. Le pouvoir feint la bienveillance, il est courtois, et propose même, après avoir soliloqué, « de laisser maintenant la place aux questions ». Soyons lucides. Il vend sa sauce. Ses salades. Et compte sur vous pour relayer. Au fond, faire du journaliste un attaché de presse gratuit. Propagandiste, pourtant, il l’est tout autant que ceux qui vocifèrent. Il s’est juste adapté aux codes. Je vous le dis : méfiez-vous de tous. Ne faites jamais confiance à un quelconque pouvoir, d’où qu’il vienne.

     

    Pascal Décaillet