Commentaire publié dans GHI - Mercredi 24.06.26
Est-il inscrit, dans la Constitution cantonale genevoise, que le mois de juin doive absolument, toutes années confondues, tous prétextes brandis, se transformer en enfer pour la population de la Ville ?
Tous les 23 ans, séduisant nombre premier qui rappelle celui des paires de chromosomes chez l’être humain, nous avons le G7. Enfin, G8 en 2003, sans doute G6 en 2049. Je sais, c’est un peu complexe. Comme au combat naval. Ou au scrabble. Concentrons-nous.
Tous les ans, nous avons le Port-Noir le 1er juin, la cérémonie où officiels, impétrants et intrigants adorent se montrer. Mais aussi, les séances de Comptes du Grand Conseil, avec leur liturgie de manifs de la fonction publique, tradition de solstice.
Tous les ans, la Fête de la Musique. 40 degrés à l’ombre, le sons et les parfums rôtis dans des cuves de chaleur, il paraît que c’est convivial.
Tous les ans, la Fête des Ecoles, que de mon temps, Monsieur, on appelait les Promotions. Il y règne soit une chaleur accablante, soit des pluies diluviennes. Un avant-goût de mousson.
J’oublie les innombrables festivités sportives, associatives ou culturelles qui permettent aux autorités de s’adonner à leur passion amirale : limiter la circulation. Tout cela, sous un soleil de plomb.
Et puis, pour quelques semaines, Genève devient vivable. Sous réserve, bien sûr, d’un 38ème Accord USA-Iran, monté en catastrophe, puis annulé sur un caprice du locataire de la Maison-Blanche. La vie est belle, non ?
Pascal Décaillet