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  • GAC perd un ami précieux

     
     
    Sur le vif - Dimanche 28.06.26 - 23.04h
     
     
    Avec stupeur, j’apprends à l’instant le décès d’un vieil et fidèle ami de GAC, depuis vingt ans qu’existe l’émission.
     
    Maurice-Ruben Hayoun, immense spécialiste de la pensée juive, mais aussi de ce monde arabe où il est né (Maroc, début des années 50), esprit universel, jeteur de ponts entre un Maimonide, de l’Andalousie des Lumières, et un Moses Mendelssohn (grand-père de Félix, émancipateur des Juifs de Prusse dans le 18ème siècle de l’Aufklärung), incroyable polyglotte, passant de l’arabe à l’hébreu, et surtout à l’allemand, qu’il possédait si bien, infatigable jeteur de ponts entre les cultures, vient de nous quitter.
     
    Maintes fois, il m’a fait l’honneur de venir à GAC. Toujours, cette douceur et cette intelligence. Toujours, ce souci de comprendre. Toujours, cette universalité dans l’ordre de la langue, qui était sa vraie patrie. Toujours, cette époustouflante connaissance de l’Orient compliqué. Dans mes bibliothèques, je dois bien avoir l’équivalent d’une ou deux étagères de ses ouvrages. Il aimait Léman Bleu. Il aimait GAC. Il aimait Genève.
     
    GAC, en vingt ans, c’est aussi ce réseau unique de fidèles, certains hérités de mes deux décennies de radio, voire, encore antérieurement, du Journal de Genève, auxquels nous lient estime, affection, respect mutuel, amitié. Maurice-Ruben Hayoun était de ce cercle, ce noyau dur. J’en suis ému et fier.
     
    Ce « cercle », oui, au sens où l’entend l’un de mes poètes préférés, l’Allemand Stefan George (1868-1933), constitue pour moi comme un compagnonnage. L’armature, ou plutôt l’armure invisible, spirituelle, de l’émission. Maurice-Ruben était l’un de nos anges gardiens.
     
    À sa famille, ses proches, toute ma vive sympathie. GAC perd un ami précieux. Le monde de la connaissance, un serviteur zélé et surdoué.
     
     
    Pascal Décaillet