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En finir avec La Poste

 
 
Sur le vif - Jeudi 06.08.26 - 10.12h
 
 
 
Je suis un vigoureux partisan de l’Etat, celui des radicaux historiques. Dans les domaines régaliens, sécurité, éducation, santé, assurances sociales, retraites, vision agricole et industrielle, il doit s’imposer.
 
Mais je n’ai JAMAIS compris en quoi l’envoi de messageries, lettres ou paquets, devait être l’œuvre d’une Régie fédérale, omniprésente, toute puissante, tentaculaire. Et surtout, de plus en plus onéreuse, et de plus en plus défaillante dans la qualité de ses services.
 
Onéreuse, défaillante : La Poste ne cesse d’annoncer des augmentations de prix de ses prestations. Alors qu’elle ferme ses bureaux, diminue ses tournées de distribution, vire les facteurs qui montent aux étages. Dans le privé, avec un VRAI système de concurrence, un tel paradoxe la conduirait droit à la faillite.
 
Citoyen, je veux l’Etat, depuis toujours. Pas comme but en soi, mais comme outil pour affirmer la primauté de l’intérêt général des citoyens, y compris les plus faibles, sur le système de privilèges naturellement sécrété par les puissances arrogantes, dominantes, en un mot féodales, de l’Argent.
 
Mais l’État doit être un outil efficace, performant, exigeant, rigoureux comme nul autre dans sa gestion des ressources financières. Il ne doit pas devenir, à son tour, une pieuvre tentaculaire.
 
J’admire Louis XI, ce grand roi, lucide, cynique, visionnaire. S’il a « nationalisé » les messageries, c’est dans un but politique : contrôler l’information, imposer le pouvoir central et royal sur celui des féodaux. Dont le plus brillant, le plus redoutable, était son cousin, le Téméraire.
 
Je comprends aussi que la Suisse radicale de la seconde partie du 19ème ait construit le pouvoir fédéral sur quelques grandes Régies, que seront les PTT et les CFF. Il fallait des outils crédibles, sensibles, visibles, de l’existence fédérale du pays. La protection par la Confédération du système postal fut un acte politique, pour affirmer la Suisse fédérale. Il a joué son rôle.
 
Mais nous sommes en 2026. L’envoi de lettres, dans un système de papier de moins en moins utilisé, ou de paquets, peut PARFAITEMENT être assumé par des systèmes de messageries privées. Nous ne sommes en aucune manière dans le domaine régalien, celui qui doit régir l’armée, les polices cantonales, l’enseignement, les retraites. Et, selon moi, la santé publique, la production de médicaments, l’encadrement de l’industrie et de l’agriculture.
 
Je déteste les privatisations, elles charrient un esprit de dislocation de l’intérêt général que je rejette de toutes mes forces. J’appelle à certaines nationalisations, dans les domaines notamment de la santé et des médicaments. J’admire immensément celles de Charles de Gaulle, en 44-45, parce qu’il fallait réinstaller l’Etat, et surtout (Sécurité sociale), aider les plus faibles, dans un pays dévasté par la guerre.
 
Mais La Poste, désolé, est selon moi hors du cercle régalien. Elle se comporte avec l’arrogance d’un géant du privé. Eh bien, ma foi, qu’on la privatise !
 
 
Pascal Décaillet
 

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