Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Les tea-rooms pour pékinois, non merci !

 
 
Sur le vif - Jeudi 03.09.26 - 15.29h
 
 
Pourquoi faut-il que les interviews d'écrivains, qui pourraient être d'incroyables moments d'échanges de vie, durs, rythmés, haletants, donnent si souvent l'impression d'un désespérant dialogue de convenance et de poussière ? Avec de vieux habits. Dans un tea-room pour pékinois.
 
Tranches de vie ? Et comment ! Pour peu que le journaliste ait lu le bouquin, soit prêt à parler du TEXTE. Sa construction. Ses mots. Son rythme. Sa musique. Ses silences. Pour peu, aussi, que... l'auteur soit prêt à cet exercice autrement plus exigeant, plus serré sur le tissu vivant de son propre texte, plutôt que se laisser glisser sur les surfaces de la convenance bavarde, mondaine. Du tea-room au cocktail, un seuil lustré suffit.
 
Cela, oui, un corps-à-corps sur le texte, plutôt qu'errer hors du cercle de l'essentiel, donc hors de la partition du livre. Ou pire, s'aventurer dans la vie de l'auteur. Ou, pire encore, solliciter docilement son avis sur mille-et-une questions de société.
 
Ré-empoigner le texte, à deux voix. A hautes voix. En questionner les enjeux concrets, physiques. Pour peu que le journaliste ait une équation personnelle avec la question majeure du style.
 
Et tout le reste, comme le dit si bien le grand Verlaine, est littérature.
 
 
Pascal Décaillet

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel