Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.09.26
L’air de liberté. C’est la seule chose qui compte, quand on prend la plume ou qu’on donne de la voix, dans l’espace public. Et cela, à tous les niveaux, dans toutes les fonctions. Un journal, une radio, une chaîne TV, un site, un blog, ou même avoir son propre espace sur un réseau social, n’a de sens qui si on peut y respirer. S’y emplir les poumons, comme face au lac, lorsque se lève la bise. Le vent du large.
GHI, auquel je collabore comme chroniqueur externe depuis quinze ans, c’est l’un de de ces espaces de liberté. Et ça augmente ma tristesse d’entrevoir la fin de l’aventure. Parce qu’au fond, ils ne sont pas si nombreux. Combien de fois les gens m’abordent, dans la rue : « GHI, c’est un journal qui dit les choses ». Parmi d’autres, bien sûr. Mais comme on sait ouvrir sa gueule à Genève, paradis des amygdales bronzées. Les gens aiment ça, parce qu’on dit souvent ce qu’eux auraient voulu exprimer.
Ce qui compte ? Maintenir, à tout prix, ces espaces de liberté, quelles qu’en soient la forme, le support. Non contre une censure politique, ne soyons pas paranos. Ni même économique, d’ailleurs. Non, c’est plus pervers, et ça va peut-être chercher dans la tendance de chacun de nous à s’autocensurer, alors qu’au fond, nul ne le lui demande. C’est dur, l’exercice de la liberté. C’est peut-être un métier, en soi. Longue vie à tous ceux qui ont fait ce journal, et le font encore, toutes fonctions confondues.
Pascal Décaillet