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Le terrain, tel qu'il est

 

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 26.08.26

 

En Suisse, près d’une personne sur trois vote UDC. Idem en France, avec le RN. Dans la gauche française, la France Insoumise domine le terrain. Juste après la guerre, c’étaient les communistes. Puis, François Mitterrand a renversé la vapeur, en imposant le PS comme première force à gauche, coup de génie d’ailleurs. Eh bien aujourd’hui, c’est LFI. Le vent tourne. Des idées nouvelles, ancrées dans les réalités d’aujourd’hui, s’imposent. Un chef charismatique, Mélenchon, mène une campagne redoutable. C’est ainsi. Ce sont les faits. Rien ne sert de regretter les temps passés. Il faut voir le champ politique, tel qu’il est.

 

Et ne parlons pas de l’AfD, en Allemagne. En vue des prochaines élections fédérales, elle ne cesse de grimper. Surtout, dans les Länder (les élections régionales sont capitales, Outre-Rhin), elle est créditée de chiffres à donner le vertige. A gauche aussi, les solutions radicales, dont certaines issues du communisme de la DDR, dont la nostalgie est considérable en Prusse, en Saxe et en Thuringe, relèguent le SPD, vieux parti issu des combats de barricades en 1848, le parti du grand Chancelier Willy Brandt (1969-1974), au rang de second rôle. Là aussi, ce sont les faits.

 

On peut, bien sûr, rêver le renverser la vapeur. Maintenir sous perfusion l’Ordre Ancien, celui des années d’après-guerre. Mais la politique est affaire de réalités. Et non de chimères.

 

Pascal Décaillet

 

Commentaires

  • Les gens choisissent les extrêmes par haine ou par exaspération envers les problèmes qui subsistent pour des raisons politiques ou de morale.
    Mais une fois les problèmes disparus, les extrêmes s'effondrent.
    Fondamentalement les gens sont dans une modération et se radicalise si ils ne sont pas écouté.

    En Suisse, les votations sont une soupape pour la stabilité, c'est un exemple à adopter pour les sociétés démocratiques. Les décisions sociétales doivent appartenir au peuple.
    La France va devenir ingouvernable, elle devrait s'inspirer de la Suisse pour se trouver des majorités par le peuple, à défaut d'en trouver entre élus.

  • Votre intervention sur Facebook: « Une initiative consiste à changer la Constitution fédérale. Acceptée par le peuple et les cantons, elle doitêtre mise en application. Et nul n’a à entraver ce processus. »

    Vous savez très bien que le « processus » est pour le moins biaisé. J’aimerais bien qu’un jour, une brochette d’élus se penche rigoureusement sur ce « biais »…
    Personnellement, je suis inquiet pour notre démocratie directe, parce que j’ai le sentiment qu’elle est sabotée par une bande d’imposteurs.
    J’ai de la peine à croire que, sur le sujet qui nous occupe, le peuple suisse ait tourné le dos à sa neutralité. Ce que je crois, c’est que le Conseil fédéral et le Parlement n’ont que mépris pour la démocratie directe. Pire : ils la haïssent. Ils la supportent comme une relique encombrante, qu’on exhibe dans les discours officiels et qu’on sabote dans les faits, avec une constance désarmante.
    Les chiffres de la Chancellerie fédérale sont un réquisitoire à eux seuls. En vingt ans, plus de 85 initiatives populaires et une trentaine de référendums ont été balayés. Le taux d’échec est cuisant. Il frôle les 90 %. Ce n’est plus une statistique, c’est une mécanique de neutralisation. C’est un verdict à la soviétique, ça ne colle pas.
    Et quand, par un extraordinaire hasard, le souverain gagne (même de justesse), on le lui fait payer. Exemple : l’initiative contre l’immigration de masse, acceptée en 2014, a été vidée de sa substance avec un cynisme d’État presque admirable. Trop contraignante ? Trop gênante ? Alors on l’a noyée dans des « pinailleries juridiques » — comprenez : comme celles figurant en toutes petites lettres grises au dos d’un contrat d’assurance… des contraintes bien dissimulées, destinées à nous égarer ; mais quand l’occasion se présente, brandies comme une potence juridique pour justifier l’injustifiable.
    Et pendant ce temps, la propagande institutionnelle tourne à plein régime. Médias de service public au garde-à-vous avec l’argent du contribuable, communication univoque : le Conseil fédéral et le Parlement ne débattent pas, ils pilonnent. Ils matraquent. Le scrutin devient une formalité, la délibération une illusion, et le citoyen un figurant dans une pièce dont le scénario est écrit ailleurs.
    Qu’on ne vienne donc pas nous parler de démocratie en péril : la démocratie, en Suisse, n’est pas menacée par le peuple. Elle est confisquée par ceux-là mêmes qui prétendent la servir.

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