Sur le vif - Dimanche 23.08.26 - 15.47h
Si j'étais Français, je ne voterais pas pour Jean-Luc Mélenchon. Mais, désolé, en termes d'intelligence, de culture historique, de rapidité d'esprit, de répartie, de génie oratoire, de capacité à rassembler, il est le meilleur.
Ses idées ? J'en partage un très grand nombre. Souverainisme. Indépendance nationale. Ouverture aux pays du Sud. Au monde arabe. Anti-atlantisme. Anti-colonialisme. Sens inflexible de l'Etat, de la République. Soutien au peuple palestinien. Et beaucoup de thèmes sociaux, qui sont les miens.
Mais, dans un système aussi personnalisé que la présidentielle au suffrage universel, votée en 1962, premier scrutin en 1965, on sait bien que l'affaire ne se résume pas aux idées. Il y a l'homme. Les qualités de Mélenchon sont immenses, ses défauts aussi. Égocentrique comme nul autre, assoiffé de pouvoir, graine d'autocrate. Il y a trop de Fouquier-Tinville en lui. On entrevoit déjà, pour ses opposants, la charrette, au milieu des huées, vers la Lame vengeresse.
Tel est le paradoxe de l'homme : brillant, pétri d'Histoire, habité par la ferveur républicaine, mais dangereux par tout ce qu'il dégage de prétorien.
Je ne voterais donc pas pour lui. Il est, de loin, le plus brillant, le plus inspirant par sa rhétorique si puissante, si française. Il voit juste sur bien des thèmes. Mais il fout la trouille à une majeure partie de la France. Il faudra trouver quelqu'un d'autre.
Pascal Décaillet