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Sur le vif - Page 174

  • Le désir d'Etat, les forces de l'esprit

     
    Sur le vif - Jeudi 19.05.22 - 16.19h
     
     
    Le parti radical a fait la Suisse, on le sait. La Suisse moderne, celle de 1848. Mais il a aussi fait le Canton de Vaud, et une bonne partie de l'Histoire du Canton de Genève. Moins dévorante que dans les deux premiers exemples, plus partagée avec d'autres courants de pensée, mais bien réelle, tout de même.
     
    Pourquoi j'admire les radicaux, depuis toujours ? Parce qu'ils sont un parti d'Etat. Et depuis l'enfance, j'aime l'Etat. Oh quand je dis "l'Etat", il ne faut surtout pas imaginer des armées de fonctionnaires, justement pas ! Ni une pieuvre à tentacules. Mais l'espace dans lequel peut s'organiser la mise en oeuvre d'un projet commun. Pour cela, nul besoin de sommes faramineuses. Mais du talent, de l'esprit de sacrifice, un ancrage dans l'Histoire et dans la mémoire partagée, un goût de la réforme, de l'efficacité.
     
    Sur le plateau de Genève à chaud, il y a longtemps, Pascal Couchepin avait énoncé comme principe : "Un Etat solide, ni plus ni moins". C'est court, et c'est juste. Jean-Pascal Delamuraz, que j'ai eu l'honneur de fréquenter dans mes années bernoises, aimait l'Etat. Mais il aimait aussi les gens, le vin, les assemblées sonores et joyeuses, le vent levé sur le Haut-Lac. Il était un aventurier de la vie.
     
    Bien sûr, il y a d'autres partis d'Etat, comme les socialistes. Je respecte, mais ils sont beaucoup trop gourmands en termes de ponctions fiscales sur les classes moyennes. Et pas assez exigeants sur l'efficacité de la fonction publique. Contrairement à eux, je dis : on doit faire mieux, avec moins.
     
    Tous les partis ont des qualités, mais celles des radicaux, depuis toujours, me parlent. Ils n'ont peut-être pas la richesse d'individus, le libre-arbitre intellectuel, de certains libéraux. Mais ils ont le sens du collectif. Ils sont de ceux dont on fait les armées.
     
    Alors, oui. Je suis content. De ce qui se passe dans le Canton de Vaud. Frédéric Borloz, un vrai radical populaire, qui me rappelle un peu Delamuraz, prend en mains la Formation. Et je me dis que cela, un jour, doit redevenir possible de ce côté-ci de la Versoix, après l'éternité des socialistes.
     
    Oui, je sais, on dit "PLR". Mais moi, je dis "radicaux", quand je sens passer le vent de l'Etat. Et je dis "libéraux", quand les floraisons individuelles d'un esprit - ou d'une conscience - me charment.
     
    Freisinn, le mot qui résume tout. Le mot qui rassemble. Le mot qui convoque le désir d'Etat, les forces de l'esprit, et accessoirement la puissance de feu de la langue allemande.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Volodymyr, l'archange du traveling

     
    Sur le vif - Mercredi 18.05.22 - 13.28h
     
     
    Là où il y a champagne, il y a Volodymyr. En duplex, sur écran géant. Le must, dans les cocktails de nos braves pays d'Europe occidentale : accueillir le Président ukrainien en zoom, entre frissons champagnisés et extase de l'esturgeon. Public, aux anges. Décolletés, parés pour le ravissement. Smokings, prêts pour la métamorphose ailée de la chenille.
     
    Dernier exemple en date : Cannes. Le Zébulon de Kiev, c'est connu, est un expert mondial du Septième Art. Depuis des décennies, nous dévorons tous ses puissantes analyses dans les Cahiers du Cinéma. Volodymyr, l'archange du travelling. Sa présence, en ouverture d'un Festival de cette envergure, éclate de pertinence, comme une bulle de Dom Pérignon, sur le Finistère du cristal.
     
    Vous bossez dans l'événementiel ? La voie du salut : un duplex avec Volodymyr. Réservez déjà pour la fin de l'automne : soirées de boîte, juste avant Noël, mariages de vedettes à Hollywood, Prix des Droits de l'homme dans les Mairies de gauche, Vêpres caritatives dans les hôtels de luxe, présentations des modes d'été chez les grands couturiers. L'apparition de Volodymyr relèguera Lourdes et Fatima au statut d'épiphénomènes.
     
    C'est comme si Vercingétorix, en pleine Guerre des Gaules, avait multiplié les apparitions dans les villas de la plus haute société romaine. Même César en eût été soufflé. Et en fût resté sans Commentaires.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Gauche morale : "L'Autre, toujours l'Autre !"

     
    Sur le vif - Lundi 16.05.22 - 10.15h
     
     
    Plus de sept Suisses sur dix plébiscitent Frontex, et la gauche immigrationniste, mauvaise perdante comme jamais, se permet de qualifier de "honte" cette majorité sans appel. Il ne faut pas laisser passer ce mot. Il ne faut rien laisser passer, d'ailleurs, désormais.
     
    Plus de sept Suisses sur dix ! Le signal est d'une clarté cristalline : protection draconienne des frontières du continent européen. Notre démocratie a fonctionné. Le débat s'est déroulé. Tous ont pu s'exprimer, et la gauche ne s'est pas gênée. Hier, elle a perdu. Et la défaite est très large. Elle doit en prendre acte. Et respecter nos institutions : le peuple en est une, il est même le souverain !
     
    Et puis, ce mot, "la honte", mantra de la gauche morale, de même que "la haine". Pour ma part, je ne les utilise jamais. Ils relèvent de la morale, ou de la psychologie des sentiments, en aucun de l'analyse politique. Cette dernière exige de prendre en compte l'état des fronts, la nature du terrain, la puissance des forces en présence, les liens de cohésion spirituelle des différents camps, autour d'une culture, d'une mémoire commune : Gemeinschaft.
     
    Cette gauche immigrationniste et moralisante, qui se permet d'insulter 71,5% du corps électoral souverain, ne vit que pour la sublimation de l'altérité : l'Autre, toujours l'Autre ! Nous disons, de notre côté : "D'abord, les Nôtres !". Entre ces deux visions, il faut choisir. Mon choix est fait, depuis longtemps. Et le vôtre ?
     
     
    Pascal Décaillet