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Sur le vif - Page 170

  • Ukraine : l'enjeu allemand

     
    Sur le vif - Jeudi 16.06.22 - 18.02h
     
     
    Parler d’une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, ça ne veut rien dire, ça n’a aucun intérêt. Ce sont juste des mots.
     
    L’enjeu réel, tant convoité à l’Ouest, c’est l’intégration progressive de la partie occidentale de l’Ukraine dans la zone économique et financière contrôlée par l’Allemagne sur les Marches orientales de l’Europe. Pologne, c’est fait. Tchéquie, c’est fait. Pays Baltes, c’est fait. Demain, l’Ukraine. Voilà le vrai plan, depuis des années.
     
    « L’Union européenne », ça ne veut pas dire grand chose. Ce ne sont pas les Portugais ni les Espagnols qui vont aller investir en Ukraine. Regardez l’évolution des marchés allemands à l’Est depuis la chute du Mur. Et vous comprendrez tout.
     
    La question allemande est au cœur de la question ukrainienne. De l’attitude finale de l’Allemagne (qui se tâte encore) face à ce conflit, tout dépendra. Il n’est pas dit que l’option atlantiste, en ultime instance, soit retenue. C’est exactement pour cela que la position du Chancelier SPD Olaf Scholz donne une impression d’atermoiement.
     
     
    Pascal Décaillet

  • D'un printemps l'autre

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.06.22

     

    Anne Hiltpold et Nathalie Fontanet pour le PLR, Carole-Anne Kast et Thierry Apothéloz chez les socialistes : les tickets commencent, tous partis confondus, à être connus du public pour les élections du printemps 2023 au Conseil d’Etat. Dans les deux cas cités ici, le mélange entre sortants et nouveaux est heureux, les duos sont équilibrés, crédibles. Nous verrons bien, dans dix mois, pour qui le peuple votera.

     

    Le printemps qui précède l’année électorale est celui de toutes les floraisons. Nouveaux visages, prometteurs. Relève. Nouvelles énergies. En comparaison, c’est le jeu, l’équipe sortante paraît fatiguée, usée. On se dit que la vie va recommencer, que les erreurs du passé ne seront pas reproduites. Bref, on rêve.

     

    Mais les sortants, eux aussi, paraissaient si jeunes, si pleins de fougue, il y a cinq ans. Le jeu politique ne serait-il qu’une déception, toujours recommencée ? Après cinq ans, dix ans, certains ministres donnent l’impression d’être en bout de course. Quand on pense au grand André Chavanne, qui est resté aux affaires pendant 24 ans ! C’était une autre époque.

     

    Déceptions il y aura, pourtant, dans l’équipe 2023-2028, quel qu’en soit le casting. Les jolis minois de la campagne, les sourires de façade, laisseront la place à l’arrogance pour les uns. A l’amertume pour les autres. Les fronts se plisseront. La tragique noirceur du pouvoir se refermera. Ainsi va la vie. Ne les idéalisons pas trop aujourd’hui. Le pouvoir n’est jamais beau. Jamais il n’unit. Toujours, il sépare.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Macron, le pacifique qui aimait les barrages

     
    Sur le vif - Mardi 14.06.22 - 16.30h
     
     
    A force de "faire barrage aux extrêmes", la Macronie pérennise en France l'étrangeté physique d'un centre mou, introuvable, sans repères. Un Marais.
     
    Faire barrage à l'extrême droite, ça veut dire quoi ? Considérer, pendant cinq ans, comme des citoyens de deuxième zone les 42% d'électeurs de Marine Le Pen, au second tour ?
     
    Faire barrage à l'extrême gauche, ça veut dire quoi ? Prendre de haut les millions d'électeurs de Mélenchon ? La fureur montante contre le libéralisme sans entraves ?
     
    "Faire barrage" à la droite et la gauche les plus claires, chacune désormais en tête dans son camp, c'est diluer volontairement tout ce que la politique peut avoir d'idéologique, d'antagoniste, dans le sens le plus noble depuis la Révolution française et les grands affrontements sous la Convention, au profit d'un centrisme vague, visqueux, opportuniste, ductile comme un métal prêt à toutes les fusions. Une démocratie chrétienne de vicaire douteux.
     
    Macron, l'homme sans repères. Doué pour guetter l'occasion. Surdoué pour diviser l'adversaire. Incomparable pour durer. Mais au service ce quelle grande cause ? Quelle vision supérieure de la chose publique ? A l'aube du second quinquennat, ces questions fondamentales n'ont encore trouvé aucune réponse.
     
     
    Pascal Décaillet