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Liberté - Page 952

  • Candidat d'Ancien Régime

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    Sur le vif - Jeudi 23.03.17 - 07.13h

     

    M. Macron, qui veut faire jeune et rénovateur, ce qui est déjà une posture très traditionnelle, à la Kennedy ou Lecanuet, est en réalité le candidat de la conservation.

     

    Conserver l'ordre libéral, voire ultra, qui nous étouffe depuis un quart de siècle. Conserver l'inféodation de la France à l'Union européenne. Conserver la vassalité atlantiste. Conserver le libre-échange, érigé en dogme. Conserver le magistère ascendant de l'Allemagne en Europe. Conserver l'ouverture des frontières, donc la submersion sous les flux migratoires.

     

    Ce candidat, venu de nulle part, a été construit de toutes pièces, en France et sur la Côte Est américaine, pour affronter et battre Mme Le Pen au second tour. Et ainsi, conserver l'Ordre ancien. M. Macron est, sous le paravent de la jeunesse et de la rénovation, un candidat d'Ancien Régime.

     

    Pour installer M. Macron au second tour, il y avait une indispensable première étape à franchir : éliminer François Fillon, obstacle sur le chemin du triomphe. Alors, on a "transmis" à certains journaux certaines affaires. On a secoué, comme un barman, le cocktail de la morale et de la candeur. Le tour était joué.

     

    Et le public, illuminé par la grâce narrative d'un roman de gare, a été tout heureux de n'y voir que du feu. Il est vraiment très fort, Hillary Macron.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Coquille vide

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    Commentaire publié dans GHI - 22.03.17

     

    Un homme charmant, bien coiffé, bien habillé, gendre idéal. Un regard bleu, allumé, en phase avec l’excitation de vivre. Emmanuel Macron, chouchou des sondages, candidat des milieux bancaires, européens, candidat de l’euro, candidat de l’Allemagne, candidat de la Côte Est américaine, candidat de la mode, des médias, des chaînes TV, de la gauche urbaine branchée, a eu l’occasion, lundi 20 mars, de transpercer l’armure du paraître : lors du grand débat de TF1, il a parlé.

     

    Je m’en suis réjoui. Pour la première fois, il nous était donné d’accéder, chez ce produit de luxe de la course à la présidence, non à des apparitions de phénix, mais à un discours articulé. Vous savez, des phrases. Avec des sujets, des verbes, des compléments. Et, pourquoi pas, soyons fous, un contenu. Du sens.

     

    Las ! L’homme parle. Il est sympathique, c’est sûr. Le regard bleu attire. Il parle, mais ne dit rien. Les mots s’échappent, s’envolent, la parole est ailée, elle glisse, virevolte, chatouille l’entendement, mais personne ne saisit ce que le locuteur a bien voulu nous signifier. Je crois qu’on appelle cela, en linguistique, un discours sans référent.

     

    C’est un peu ennuyeux. Non pour le plaisir de l’oreille, encore moins celui des yeux, car l’homme est affable et fort agréable. Mais par rapport à la fonction briguée. Car enfin, il ne s’agit pas d’élire un bateleur aux Arts ménagers. Mais le Président de la République française. Un successeur à des hommes comme Charles de Gaulle ou François Mitterrand. Oui, c’est un peu ennuyeux. Malgré le regard bleu.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Jacques Nicolet et l'armada des censeurs

     

    Sur le vif - Mercredi 22.03.17 - 17.07h

     

    Proprement hallucinante, la police de la pensée qui vient de sévir dans le canton de Vaud, autour du candidat UDC au Conseil d’État, Jacques Nicolet.

     

    Lundi soir, M. Nicolet vient dans Forum, affronter la socialiste Cesla Amarelle, dans le cadre de la campagne. A l'issue du débat, le candidat (qui n'était pas venu pour cela) se voit poser une question sur la présidentielle française. Il lâche, en guise de pronostic, l'idée que Mme Le Pen pourrait être élue. C'est tout.

     

    A partir de là, tollé. Brouhaha. Levée de boucliers. L'armée des belles consciences vaudoises, toute de rectitude vêtue, somme le candidat de se rétracter. Ses alliés PLR s'étranglent. On se croirait au dernier acte, chez Shakespeare, quand tout le monde trépasse.

     

    Je ne connais pas M. Nicolet personnellement. Mais je lui dis ici, très clairement, que non seulement il avait le droit de pronostiquer Mme Le Pen gagnante, mais qu'il aurait aussi, tout autant, celui de SOUHAITER cette victoire. Ce qu'il n'a, répétons-le, pas fait.

     

    Car enfin, nous avons affaire à un candidat UDC. L'idée qu'il puisse, peut-être, par aventure, se sentir des affinités avec cette candidate-là, n'apparaît pas comme extraordinairement saugrenue.

     

    Et puis, disons-le, une fois pour toutes : M. Nicolet a le droit d'être pour Mme Le Pen. Nous avons tous ce droit, si telle est notre sensibilité. Un Français sur trois, peut-être, exprimera bientôt cette préférence politique. Faut-il l'ostraciser ?

     

    Il n'y a donc pas d'affaire Nicolet. Il n'y en a jamais eu. Mais il y a un sacré problème avec cette bande de censeurs qui, partout dans l'espace public, entend régenter ce que nous aurions à dire comme citoyennes ou citoyens, sur notre pays, ou sur un grand voisin qui nous est cher.

     

    En clair, si vous n'êtes pas pour Mme Le Pen, dites-le. Si vous êtes pour elle, dites-le aussi. C'est votre droit le plus total. Nul n'a à censurer votre droit à la libre expression de votre opinion politique.

     

    Pascal Décaillet