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Liberté - Page 1058

  • PFU : réponses insatisfaisantes à la TG

     

    Sur le vif - Samedi 12.10.13 - 10.47h

     

    Les réponses données par Pierre-François Unger à la TG, ce matin, sont totalement insatisfaisantes. On y sent prioritairement le besoin de dégager l'échelon politique de sa mission de contrôle, et de charger le SAPEM, qui dépend d'un autre Département (Sécurité).



    Et puis, on ne peut s'approprier les HUG, avec toute la bienveillance paternelle d'un ministre de tutelle, lorsqu'il s'agit de valoriser ce qui va bien, et rappeler glacialement qu'ils sont un établissement autonome, lorsqu'un drame se produit. Double discours. Duplicité.


    Enfin, se contenter de dire "J'ai trouvé ça bizarre", suite à sa visite de la Pâquerette, ne convient pas. Un ministre ne trouve pas bizarre. Il avalise, ou il corrige. "Trouver bizarre", c'est reconnaître que des zones dépendant de son autorité, lui échappent.

     

    Pascal Décaillet

  • François Dal Bousquet : entretien exclusif

     

    Vendredi 11.10.13 - 14.06h

     

    * François Dal Bousquet, bonjour ! Vous êtes candidat de l’Entente au Conseil d’Etat. Comment avez-vous vécu la journée du 6 octobre ?

     

    * (FDB) – Ce dimanche fut pour nous un triomphe. Le peuple a su reconnaître que nous étions le parti de la sagesse, du consensus et des solutions.

     

    * Un triomphe ? Mais enfin, l’Entente a perdu sept sièges, et réalise son plus mauvais score historique !

     

    * (FDB) – Je vous invite, M. Décaillet, à ne pas lire une élection avec la seule clef de lecture des chiffres. Le peuple nous fait confiance, parce que nous sommes le parti des solutions.

     

    * Oui mais enfin, la réalité est là : votre groupe parlementaire rétrécit, celui de vos concurrents est en pleine expansion.

     

    * (FDB) – De grâce, ne vous laissez pas impressionner par ces vétilles quantitatives. Les populistes hurleurs, quelles solutions proposent-ils ?

     

    * Ils en proposent, François Dal Bousquet, mais vous ne les écoutez pas.

     

    * (FDB) – Parce qu’elles ne sont pas sérieuses, leurs solutions ! Les nôtres, élaborées dans le consensus, sont de vraies solutions. Parce que nous sommes le parti de l’action et des solutions.

     

    * M. Dal Bousquet, Genève est asphyxiée par les bouchons, notre taux de chômage (5,5%) atteint presque le double de la moyenne suisse (3%), de nombreux jeunes sont sans formation et sans emploi, nous payons les primes maladie les plus chères du pays, le tableau n’est pas très réjouissant !

     

    * (FDB) - C’est bien pour cela, M. Décaillet, qu’il faut trouver des solutions. Nous ne sommes pas le parti des aboyeurs, mais celui du consensus permettant de parvenir à des solutions.

     

    * Admettons. Mais avec quelle majorité ? L’Entente n’a plus que 35 députés. Dans quel campa ira-t-elle chercher les 16 qui manquent pour s’imposer au Parlement ? Avec la gauche ? Ou avec ceux que vous appelez les populistes ?

     

    * (FDB) – Ce sont là de basses questions politiciennes, qui ne m’intéressent que très lointainement. Je vous invite, Cher Ami, à une lecture moins directement prosaïque de la politique. Pour ma part, avec mes futurs collègues de l’Entente, j’entends mettre les problèmes sur la table, afin d’aboutir à une solution.

     

    * François Dal Bousquet, on vous dit grand bétonneur. Vous voulez couvrir le canton de chantiers, asphyxier la campagne ?

     

    * (FDB) – En aucun cas. Je milite, comme d’ailleurs mon futur collègue Serge Lonchusco, pour une vaste concertation avec les communes, les urbanistes, les architectes, les fondations, en vue d’une application du Plan directeur 2095 visant à offrir à ce canton de véritables solutions en la matière.

     

    * François Dal Bousquet, grand merci. C’est toujours un plaisir de vous accueillir.  Est-il vrai que vous vous dopez pour tenir le coup pendant la campagne ?

     

    * (FDB) – Ragots de populistes ! Il est vrai que j’ai demandé à mon pharmacien de me concocter un produit miracle, mais il n’a toujours pas trouvé la solution.

     

     **" A l'issue de l'entretien, François Dal Bousquet m'invite à son club, pour un drink: deux doigts de whisky dans une solution de vodka.


     

  • Genève : la révolution du 6 octobre

     

    Chronique publiée dans le Nouvelliste - Vendredi 11.10.13


     
    Que s’est-il passé, ce dimanche 6 octobre à Genève ? Un formidable message du peuple. Contre les élites, contre l’immense majorité de la classe politique, contre les associations patronales qui avaient tout misé sur les notables sortants, contre la diabolisation, contre l’abus du mot « populiste », contre 95% des journalistes, le corps électoral a accordé, pour un tiers, sa confiance à un bloc jusque-là rejeté, marginalisé, ostracisé : le MCG et l’UDC. La politique genevoise, comme celle de bien des cantons suisses, et d’ailleurs comme la politique fédérale, est désormais divisée en trois blocs : la gauche, l’Entente (PDC-PLR), et puis cette nouvelle force, à la fois populaire et conservatrice, sociale et patriote, et surtout joyeuse, tellement loin des salons ou des technocrates.


     
    J’ai suivi toute la campagne. Dans mon émission TV quotidienne, Genève à chaud, j’ai reçu une centaine de candidats. Nous avons traité tous les sujets, en mettant l’accent sur la formation, l’apprentissage, les jeunes en rupture, le chômage, l’encouragement aux PME, la mobilité, le logement. Ce fut une belle campagne, respectueuse, avec de magnifiques nouveaux partis, par exemple les Verts libéraux, qui ont certes échoué dimanche au quorum (7% pour entrer au Grand Conseil), mais sont arrivés avec des idées concrètes et nouvelles, ont pris date pour les prochaines échéances, les municipales du printemps 2015.


     
    Ce dimanche 6 octobre, c’est l’effondrement du PLR. La fusion n’a pas si bien pris, les tensions internes sont sensibles, la coexistence entre les héritiers, populaires et cassoulet, de James Fazy (le magnifique révolutionnaire de 1846) et les ultimes reliquats de leurs rivaux patriciens, se passe mal. Surtout, le parti a fait une mauvaise campagne, ne cessant de rappeler qu’il était « gouvernemental », était fait pour « l’action », excellait dans la recherche de « solutions », Pour peu on se serait cru à un concours de chimie, ou d’arithmétique. A leurs côtés, un PDC qui se maintient fort bien, et sauve même la mise de l’Entente. Face à eux, le réveil populaire de ceux qu’on ne veut, depuis tant d’années, ni voir ni surtout entendre. Ils nous parlent frontière, priorité à l’emploi pour les résidents (Genève à un taux de chômage de 5,5%, contre une moyenne suisse de 3%), préférence cantonale, mais aussi aide sociale, attention aux souffrances des gens. On n’a rien voulu entendre. Dimanche, la sanction est tombée. Ils sont pourtant très différents, ces deux partis : l’UDC est dans les normes du parti suisse ; le MCG ratisse beaucoup plus large, sur la droite comme sur la gauche à l’image de la Lega au Tessin. Bien sûr, un tiers, ça n’est pas le pouvoir, loin de là, et leurs adversaires vont tout faire pour qu’ils n’aient pas de conseiller d’Etat le 10 novembre. Mais un tiers, c’est une masse, la puissance d’un signal. Oui, à Genève, quelque chose est en train de bouger.


    Pascal Décaillet