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Sur le vif - Page 101

  • Le droit canonique des "experts"

     
    Sur le vif - Jeudi 08.06.23 - 09.02h
     
     
    "L'UDC ment" : chaque fois que sera martelé ce slogan dans la campagne de la loi sur le climat, l'UDC, insultée par la formule, marquera des points. Et avec elle, le camp du NON à cette loi.
     
    Eh oui. Le camp du OUI commence à devenir nerveux. Il voit très bien l'érosion, chez les partisans de la loi. Alors, il croit bon de nous sortir la vieille ficelle : parler de ses adversaires, en les diabolisant, plutôt qu'argumenter sur le fond. Cataclysmique erreur : dans la guerre, on ne doit jamais parler de l'ennemi, mais de soi.
     
    "L'UDC ment" : la formule implique que les partisans de la loi seraient détenteurs de la vérité. Du coup, nous ne sommes plus dans un combat politique, mais théologique. Le dogme, irréfutable, contre les hérésies.
     
    Le peuple souverain est constitué en Suisse de citoyennes et citoyens libres. Adultes. Mûrs. Vaccinés. Éduqués. Informés. Nous constituons ensemble le corps électoral, le suffrage universel. Cette primauté est la plus belle chose du monde. Elle doit s'accompagner de campagnes franches, antagonistes, très vives même parfois, tendues, avec le choc des mots, des arguments. Et puis, un beau dimanche, le peuple tranche.
     
    Les citoyennes et citoyens, en revanche, détestent que l'un des camps ne cesse de s'appuyer sur une pensée d'ordre religieux, qui prétendrait détenir, en brandissant le droit canonique des "experts", la vérité absolue. Les gens d'en-face étant immédiatement relégués au rang de mécréants, dignes du bûcher.
     
    Alors, dans ces conditions, il est fréquent que le peuple augmente sa sympathie envers ceux que l'on salit de l'étiquette de "menteurs". Et la retire au camp du Bien.
     
    On a vu cela maintes fois, par le passé.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Ce qui monte en Allemagne

     
    Sur le vif - Mardi 06.06.23
     
     
    En Allemagne, l’AfD fait jeu égal avec le SPD, parti historique et fondateur de l’Allemagne moderne, le parti de Willy Brandt, et de sa très pâle copie atlantiste, Olaf Scholz
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    Ce qui monte en Allemagne, c’est l’opposition à la guerre en Ukraine. L’opposition à l’obédience derrière les faucons bellicistes de Washington.
     
    Ce qui monte en Allemagne, au-delà de la question ukrainienne, c’est l’idée allemande, tout court. L’Allemagne, comme grande puissance souveraine, la moins liée possible à des conglomérats supranationaux.
     
    Ce qui monte en Allemagne, c’est le rejet de la conception de Saint-Empire, défendue après 1945 par le Rhénan Adenauer, puis le Rhénan Kohl. Cette vision d’une Allemagne acceptant une tutelle européenne, comme les Électeurs avant 1806 acceptaient l’ultime arbitrage d’un Empereur, est en perte de vitesse.
     
    La vision des Rhénans, issus de Rome et du catholicisme, historiquement façonnés par la présence des légions romaines, puis des premiers diocèses, n’est de loin pas celle de toutes les Allemagnes. Elle n’est pas celle de la Prusse historique, qui regroupe aujourd’hui le Brandebourg et le Mecklenburg-Vorpommern, les bastions du grand Frédéric II (1740-1786).
     
    L’idée allemande, celle que les Allemagnes se forgent du pays tout entier, varie selon l’Histoire. Elle oscille entre la conception rhénane, intégratrice, tournée vers la France, et l’ambition d’une Allemagne ne comptant que sur sa volonté nationale propre. Ce mouvement de balancier a toujours existé.
     
    La montée de l’AfD, c’est dans ce contexte-là qu’il faut l’inscrire. Celui des mouvements lents, tectoniques, d’un pays en pleine recherche de son destin. La grande puissance montante, aujourd’hui, en Europe. Passionnante, dans sa complexité, ses contradictions, sa vitalité intellectuelle, la richesse et le foisonnement de sa langue, de sa culture. Le pays de Luther et de Brecht.
     
    Le pays dont tout dépend, plus que jamais, sur le continent européen.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • La Suisse n'est pas le 51ème Etat américain !

     
     
    Sur le vif - Lundi 05.06.23 - 15.58h
     
     
    Strictement rien ne justifie, en plein conflit, la prise de parole de l'un des chefs d'Etat belligérants devant le Parlement suisse.
     
    La politique, ça n'est pas la morale. La mission de la Suisse, ça n'est pas de se ranger, sous prétexte que toute l'Europe le fait, dans le camp atlantiste. La politique, et surtout la politique étrangère, c'est garder la tête TOTALEMENT FROIDE. Garder les contacts avec tous.
     
    Et surtout, ne rouler que pour une seule chose : les intérêts supérieurs de son propre pays. Pas ceux du monde. Pas ceux de "l'Occident", concept vaseux pour dire "obédience aux Etats-Unis d'Amérique". Pas ceux du Camp du Bien, ou ce qu'on veut nous vendre comme tel.
     
    Ignazio Cassis se fourvoie. Le Conseil fédéral cède à la mode, à l'esprit du temps. Il se comporte en valet de l'Oncle Sam. Notre pays doit dialoguer avec l'Ukraine, dialoguer avec la Russie, dialoguer avec l'Iran, dialoguer avec la Chine, dialoguer avec Israël, dialoguer avec les Palestiniens. Dialoguer avec TOUS. Sans appartenir à aucun camp. Il en va de notre salut, comme nation indépendante.
     
     
    Pascal Décaillet