Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Commentaires GHI - Page 97

  • Chaque centime de l'Etat doit être pesé !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 29.06.22

     

    A Genève, l’Etat nous coûte beaucoup trop cher. A qui ? Mais à nous, pardi ! Nous, les contribuables. Nous, qui ne faisons pas partie des quelque 36% des gens qui ne paient pas d’impôts, ceux qui touchent subventions et assistance. Nous, les classes moyennes, ployant sous le fardeau de la pression fiscale. Nous, les actifs de ce canton, qui nous levons pour aller bosser, méritons l’argent que nous gagnons. Nous qui trimons, sacrifions une grande partie de nos vies à nos boulots. Au prix, parfois et même plutôt souvent, de nos santés. Nous, jamais calmes, perpétuellement inquiets, angoissés. Jamais sereins ! Jamais à profiter de la beauté de cette ville, Genève, de la brièveté de la vie, de la splendeur muette du monde. Nous ne sommes pas des tranquilles. Nous sommes des besogneux, des laborieux, des rongés de l’intérieur. Des paranos ! « Que va-t-il encore m’arriver, quelle nouvelle taxe, quel obstacle à mon activité professionnelle, quelle saloperie du destin ? ». C’est ça, bosser. C’est ça, notamment, être indépendant. Nous aimons nos boulots, et même passionnément, mais nous payons le prix fort pour ce choix de l’ardeur et de l’engagement.

     

    Alors oui, quand nous regardons certaines dépenses de la fonction publique, nous sommes saisis d’écœurement. Nous ne nions en aucun cas la nécessité d’un Etat. Nous nous battons même pour cela depuis nos enfances, parce que nous savons que l’absence d’Etat, c’est la jungle. Donc, la loi du plus fort. Nous détestons le mouvement ultra-libéral de ces trente dernières années, cette apologie de l’argent facile, spéculé, boursicoté, mondialisé. Sur le dos du Tiers-Monde ! En saccageant l’environnement ! Nous haïssons cette ahurissante mode des voyages au bout du monde, Asie, Thaïlande, pour un rien, comme on s’en va danser le samedi, dans une guinguette en bord de Marne. Oui, nous voulons un Etat, c’est le combat de notre vie, le combat radical, le combat républicain, le combat d’un Jean-Pascal Delamuraz. Nous voulons un Etat, mais pas celui-là !

     

    A Genève, l’Etat est tentaculaire. Il fait penser à ces divinités carthaginoises, avides à n’en plus finir de tout dévorer, jusqu’au sacrifice des humains. A Genève, la machine se nourrit elle-même, elle entretient sa propre gourmandise. Elle ne sert plus le peuple, elle se sert ! En comparaison intercantonale, nous avons à Genève le coût le plus impressionnant, par habitant, de la fonction publique. Et telle ministre, au Grand Conseil, dans la session qui vient de s’écouler (23 et 24 juin), qui se permet de faire la morale aux députés ! De les engueuler ! Pourquoi ? Parce qu’ils refusent son discours visant à toujours demander des moyens supplémentaires, des moyens, et encore des moyens. Mais cet argent qu’on nous quémande, c’est le nôtre ! Celui de nos patrimoines, personnels et familiaux. Alors, il y a un moment où ça suffit. Où le corps des citoyennes et citoyens, en un mot le peuple, doit dire non. Un immense non. Sans appel. Parce que le patron, le seul, c’est lui.

     

    Pascal Décaillet

  • Couture, cuisine : pour tous !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.06.22

     

    Au moment où les écoles se terminent pour la pause estivale, mes vœux de bonnes vacances à tous ! Mais aussi, une réflexion. L’école de base doit être plus simple. Elle doit se concentrer sur l’essentiel.

     

    Lire, écrire, s’exprimer clairement en public, compter. Connaître l’Histoire et la géographie. Avoir une idée générale des problèmes de ce monde. Savoir tenir une comptabilité élémentaire. Connaître les assurances sociales. Être capable d’établir et de déchiffrer une fiche de paye, en sachant exactement à quoi telle retenue correspond. Savoir recoudre un bouton. Cuire des pâtes. Connaître quelques recettes culinaires élémentaires. Savoir ouvrir un capot, connaître le moteur, identifier une panne. Changer le pneu d’un vélo. Maîtriser les premiers secours. Pour prendre quelques exemples.

     

    J’ai mentionné la cuisine, la couture. Pour tous, évidemment. Tout comme la mécanique, les rudiments d’informatique, la lecture critique de la fiche de salaire. Le changement d’un fusible. Le fonctionnement d’une prise électrique. L’usage d’une perceuse. Le repassage. Le choix des programmes dans une machine à laver. Quelques notions de plomberie. La peinture à la dispersion. Planter des légumes, les soigner. Savoir se servir d’une perceuse.

     

    Le reste ? Ma foi, si vous voulez lire Homère ou Hölderlin dans le texte, ça n’est certainement pas moi qui vous contredirai. Mais je crois que nous devons tous apprendre à vive plus simplement. Plus sobrement. Plus en phase avec l’élémentaire beauté du monde. Donc, avec l’essentiel.

     

    Pascal Décaillet

  • Priorité absolue à nos rentiers AVS!

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.06.22

     

    Va-t-il falloir dans notre pays, l’un des plus prospères du monde, que les retraités descendent massivement dans les rues pour exiger des conditions de vie décentes ? Des gens qui ont travaillé toute leur vie. Ils ont fait la richesse de la Suisse, ce pays respecté sur la planète pour sa fiabilité, son exactitude, la qualité de ses finitions. Ils ont trimé dur. Ceux qui avaient fait un apprentissage, et commencé la vie active à 20 ans, ont cotisé à l’AVS pendant 45 ans. Quant au deuxième pilier, obligatoire seulement depuis 1985, tous n’en bénéficient pas, ou pas complètement. Bref, dans notre riche pays, les rentes sont maigres, des dizaines de milliers de retraités tirent la langue, attendent la fin du mois, c’est cela la réalité.

     

    Avec l’inflation qui gagne le pays, la hausse des taux par la Banque Nationale Suisse, le pouvoir d’achat qui n’en peut plus de fondre, un devoir de solidarité nationale s’impose, en faveur de nos aînés. C’est, pour le pays, une tâche prioritaire : d’abord les nôtres, d’abord ceux qui ont passé leur vie ici, ont fait la prospérité du pays. D’abord, oui ! Loin devant tout le reste ! D’abord les nôtres, ensuite l’altérité ! Citoyen de ce pays, je ne supporte pas d’entendre parler des milliards pour l’étranger, du « milliard de cohésion » de la Suisse à l’Union européenne, des subventions astronomiques versées à des « associations », tant que nos personnes âgées n’en peuvent plus de guetter la fin du mois. Si la démocratie « représentative » (par rapport à laquelle vous connaissez mes réticences) n’est pas foutue de trouver une solution à la précarité de nos aînés, alors c’est la démocratie directe qui doit se mettre en marche. En créant un électrochoc dans les consciences nationales.

     

    La goutte d’eau qui fait déborder le vase ? Comme le relève le Matin dimanche du 19 juin, les retraités suisses pourraient perdre 1000 francs par an, au 1er janvier 2023. Le mécanisme est simple : les rentes seront certes indexées, mais absolument pas suffisamment pour compenser l’inflation. En termes de pouvoir d’achat, l’effet est dévastateur. Il va, comme toujours, toucher de plein fouet les plus précaires de nos compatriotes, ceux dont les bobos urbains, avec leurs puissantes préoccupations « sociétales », ne se préoccupent jamais. Ces rentiers défavorisés sont pourtant la sève de notre nation, l’Histoire de notre pays, la fierté de sa réussite éclatante pendant les années d’après-guerre. Elever leurs rentes, garantir leur pouvoir d’achat, ne relève en rien de l’aumône : c’est un impératif vital de notre cohésion sociale. Comme le fut, en 1947 et 1948, l’immense débat national ayant abouti à la création de l’AVS. Ce jour-là, au milieu d’une Europe en ruines, alors que le rationnement et le charbon figuraient au rang des préoccupations principales, la Suisse, comme trois ans plus tôt la France avec la Sécurité sociale (de Gaulle, à la Libération), comme la Grande-Bretagne des travaillistes, comme l’Allemagne bismarckienne un demi-siècle plus tôt, donnait une réponse à la précarité. Une réponse à hauteur de la dignité humaine. A hauteur de l’Histoire.

     

    Pascal Décaillet