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Commentaires GHI - Page 11

  • Eloge du protectionnisme

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 10.09.25

     

    La doxa libérale, depuis quatre décennies, tente de nous faire croire que le mot « protectionnisme » serait à bannir à tout prix. Il serait une sorte de repli, de recroquevillement de toutes les peurs. A le dépeindre ainsi, comme un fortin défensif en pleine guerre de mouvement, on le caricature, on le dénature.

     

    Le protectionnisme ne s’oppose ni à la libre entreprise, ni aux PME, et encore moins aux tout petits entrepreneurs. Il ne combat pas le marché, mais l’inscrit dans le périmètre d’une communauté humaine organisée, notamment celle de la nation. Il promeut les circuits courts, protecteurs de l’environnement, le marché intérieur, la notion d’utilité publique des produits, au service de la prospérité des hommes et des femmes, à l’intérieur d’un espace géographique. Le protectionnisme n’est pas planétaire, il est éminemment national.

     

    Le protectionnisme n’a de sens que s’il s’exerce en faveur du bien-être d’une communauté vivante. Il est d’essence politique, au sens le plus noble de ce mot : la vitalité de la Cité. Il exige un sens de l’intérêt public, une certaine conception du rôle de l’Etat, une idée supérieure des impératifs nationaux. Défini ainsi, il n’est pas un simple choix économique, mais une option politique et philosophique de l’économie au service de l’humain. Lisez Léon XIII, Rerum Novarum (1891), vous comprendrez tout.

     

    Pascal Décaillet 

  • Le marché comme religion, ça suffit !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 10.09.25

     

    Le marché, le marché, le marché : à partir de la chute du Mur de Berlin (9 novembre 1989), et la prétendue « victoire définitive du capitalisme » (qui est un leurre total), ils n’avaient plus que ce mot-là à la bouche : le marché. Sous prétexte que l’Union soviétique s’effondrait, et le communisme avec elle, on nous a bassinés pendant des décennies avec un nouveau dieu : le marché. On lui a voué un culte, qui rappelle celui du Veau d’or. On lui a prêté toutes les vertus : régulatrice (plus besoin d’Etat), générateur de prospérité (le fameux ruissellement). On est même allé, comble d’ignorance et de naïveté, jusqu’à en faire un facteur de paix, de rapprochement entre les peuples. On est entré dans l’ère du marché-roi comme on entre en religion.

     

    Prenez l’Union européenne. Les premières années, quand elle s’appelait « Communauté », de 1957 à 1992, ont été une belle aventure. Concorde entre les peuples d’un continent qui s’était tant déchiré, démarche de paix, accès aux produits de nécessité (charbon, acier) de pays voisins et amis. Tout a basculé en 1992, avec l’Accord de Maastricht, et la religion du marché. Il fallait que l’Europe soit libre-échangiste, libérale, voire ultra. Il fallait qu’elle abolisse ses frontières intérieures, s’ouvre aux flux migratoires, jette aux orties les politiques monétaires nationales, au profit d’un « grand marché européen ». C’est à partir de ce moment, très exactement, que l’Europe s’est dévoyée. Elle s’est donnée corps et âme au marché. Elle y a perdu son âme.

     

    Coïncidence, 1992, c’est aussi, en Suisse, le 6 décembre, le « non » du peuple et des cantons à l’Espace économique européen. Moins de deux mois après le « oui » français, du bout des lèvres, à l’Europe libérale de Maastricht ! La Vieille Suisse, celle de Blocher, l’avait emporté sur la « Suisse ouverte » de Delamuraz. Correspondant à Berne de la RSR, j’avais couvert cette campagne à fond, dans tous les cantons suisses, je suivais particulièrement les déplacements de Delamuraz, je pensais encore, à la fin du printemps, que le « oui » allait gagner. Je m’étais trompé. En Suisse romande, nous nous étions (presque) tous trompés.

     

    Nous sommes en 2025. Je le dis sans hésitation, nous devons rompre avec la religion du marché. Nous devons remettre le monde du commerce à sa place, qui est évidemment importante dans l’économie, mais qui n’a pas à dicter nos politiques, ni nos lois. Une communauté humaine, en l’occurrence une nation, c’est un autre horizon d’attente qu’une servile pâmoison face aux puissances putatives du marché. En matière d’agriculture, d’industrie nationale, de production de médicaments, de politiques de santé, et aussi en matière d’éducation, nous avons des impératifs autrement plus nobles que la génuflexion devant le libre-échange. Nous avons besoin, au plus haut niveau de la Suisse et dans nos cantons, d’un Etat fort, redistributeur, soucieux de cohésion et de justice sociales. Attaché aux intérêts supérieurs de le personne humaine. Et non esclave des dividendes.

     

    Pascal Décaillet

  • Le libéral de l'étape

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 03.09.25

     

    Un candidat du Centre et des Verts libéraux, un candidat du MCG, un candidat de l’UDC, soutenu par le PLR. Le mois qu’on puisse dire, c’est que la droite genevoise ne part pas gagnante, en affichant une nouvelle fois ses divisions, dans la course au Conseil d’Etat. Bien sûr, chacun promet de se désister pour le meilleur au soir du premier tour, mais en l’état, face à une gauche (presque) unie, le défaut tactique est criant.

     

    D’autant que l’affaire est complexe. Qui est à droite, qui l’est moins ? Peut-être pas celui que vous croyez. Face au candidat UDC-PLR, le Centre a beau clamer ses valeurs humanistes, il n’en aligne pas moins le candidat le plus économiquement libéral des trois de droite. M. Magnin ne s’en cache pas, d’ailleurs.

     

    Et sur cette échelle, autrement brûlante de pertinence et d’actualité que celle des pseudo valeurs morales, M. Dugerdil se révèle le défenseur d’une droite patriote, mais aussi protectionniste. M. Gerzner, candidat MCG, défend, lui aussi, le rôle régulateur de l’Etat. Le libéral de l’étape, c’est bel et bien M. Magnin.

     

    L’électorat de droite doit le savoir : il y a déjà deux adeptes de la droite économique libérale au Conseil d’Etat, Mmes Fontanet et Bachmann, ainsi que deux radicaux historiques, Mme Hiltpold et M. Maudet. Telles sont les vraies étiquettes, données par les esprits libres, férus d’Histoire, d’indépendance et de lucidité que nous voulons être. Reste à l’électorat de droite à arbitrer les équilibres.

     

    Pascal Décaillet