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Liberté - Page 979

  • Faîtière arrogante et lustrée

     

    Sur le vif - Samedi 18.02.17 - 11.13h

     

    La première chose que je ne supporte pas, dans EconomieSuisse, c'est ce nom. Il s'agit du patronat, voire du grand patronat de ce pays. Pourquoi ne s'intitulent-ils pas "Grand patronat suisse", ou un truc du genre, un peu franc du collier, au lieu de s'approprier le mot "économie" ? Le plus modeste des salariés, ou des petits entrepreneurs, ou des apprentis-fromagers, la moins bien payée des caissières participent tout autant à "l'économie" que la faîtière des grands patrons. Il y participent bien plus, assurément, que les apparatchiks salariés propagandistes de cette faîtière.

     

    La deuxième chose que je n'aime pas dans EconomieSuisse, après leur lamentable défaite de dimanche, c'est qu'ils recommencent à nous mettre le couteau sous la gorge en disant qu'il faut une nouvelle réforme de la fiscalité des entreprises, "le plus vite possible". Non Madame, la Suisse prendra le temps qu'il faudra, et vos histoires d'OCDE et de listes noires ne nous impressionnent pas.

     

    La troisième chose que je déteste dans EconomieSuisse, c'est le libellé lui-même de ce nom, cette raison sociale qui ne correspond à aucune grammaire, aucune orthographe, pourtant servilement reprise par les journalistes économiques, les mêmes qui disent "UBS" ou "Crédit Suisse", sans l'article : esclaves de l'effet marketing d'un logo ! Depuis quand n'y aurait-il pas d'espace entre un nom et un adjectif ? Depuis quand l'adjectif prend-il une majuscule ? On se croirait sorti, tout frais et tout sonore encore, tout ébaubi, tout abruti, de l’École de Mme Vallaud-Belkacem.

     

    Bref, Mesdames et Messieurs de cette faîtière arrogante et lustrée, vous avez pas mal de chemin devant vous pour reconquérir un peu de crédit auprès du peuple suisse.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Soubrettes des libéraux

     

    Sur le vif - Mardi 14.02.17 - 10.36h

     

    Dès l'annonce du vote sur RIE III, dimanche en début d'après-midi, j'ai posé, ici et ailleurs, la question du vrai vote UDC et PDC sur cette affaire. Un sondage Tamedia, sorti des urnes, publié par la TG, confirme que la question, pour le moins, se pose.

     

    RIE III n'était même pas une affaire PLR, c'était une affaire LIBÉRALE. Les tonalités d'arrogance de la campagne, c'est des LIBÉRAUX qu'elles sont venues. Libéraux genevois, vaudois, zurichois, bref ce savoureux mélange de superbe patricienne et de Bahnhofstrasse. A cela, s'est ajoutée l'aile libérale de l'UDC, assez lointaine de mes horizons personnels, et c'est exactement pour cela qu'hier, j'ai publié mon commentaire "Conservateur, social, républicain".

     

    Pour cela, aussi, que dès dimanche midi, j'ai posé la question du PDC. Rappelant la Doctrine sociale comme fondement de la philosophie politique de ce parti. Regrettant qu'à Genève, d'aucuns aient préféré jouer la soubrette des libéraux, plutôt que d'affirmer l'identité propre de la démocratie chrétienne : l'économie au service de l'humain, l'économie pour tous, l'économie de proximité.

     

    On a eu l'impression, hélas, que même dans ce parti, certains se comportaient dans la campagne comme les porte-parole des multinationales. Comme si ces dernières n'avaient pas les moyens de s'en offrir. Plus ils nous mettaient le pistolet sur la tempe, plus nous en étions excédés.

     

    Il va vraiment falloir, maintenant, nous parler autrement. J'y reviens demain dans mon commentaire de GHI, écrit hier. J'y rappelle que nous sommes des citoyens, pas des sujets.

     

    Le 12 février 2017, le peuple suisse n'a pas dit non au principe d'une harmonisation des taux d'imposition. Il a dit non à l'extrême arrogance d'une caste, qui a cru pouvoir convaincre avec des aboiements.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Conservateur, social, républicain

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    Sur le vif - Lundi 13.02.17 - 15.01h

     

    D'aucuns se prétendent conservateurs libéraux. J'en prends acte. Pour ma part, il y a oxymore, ou tout au moins paradoxe, entre ces deux mots.

     

    J'ai sans doute, dans mon rapport à la politique, des éléments qu'on peut qualifier de conservateurs. Je ne les nie pas. Mais je n'en ai assurément aucun qui puisse se rattacher au libéralisme économique. C'est un grand mouvement de pensée, que je respecte, mais que je combats. Ils sont pour le libre échange, moi pas. Pour la libre circulation, moi pas.

     

    Ils sont contre l'Etat, je suis pour, et même pour un Etat fort, ce qui ne signifie évidemment pas tentaculaire, encore moins pléthorique dans le nombre de ses fonctionnaires. En matière de défense nationale, de sécurité des personnes et des biens, d'éducation, de santé publique, de grandes assurances sociales, de soutien à l'agriculture et à l'industrie, je veux l'Etat. En matière d'énergie, aussi, de grandes infrastructures.

     

    Ils sont pour le dogme de libre concurrence. Je suis pour limiter cette dernière dans certains domaines, comme l'agriculture, afin de préserver nos producteurs locaux. C'est une forme de protectionnisme, j'en conviens, je l'assume. Je me bats depuis des décennies pour cela, j'ai traversé, fort seul, les années 1990 et 2000, en plaidant pour ces choses-là, alors que d'innombrables, autour, nous chantaient les miracles du capitalisme financier, mondialisé.

     

    Ils se disent conservateurs libéraux. On les trouve aux Etats-Unis, en France avec M. Fillon, dans une certaine partie de l'UDC. Pour ma part, je suis un conservateur social. Attaché à la valeur du travail, comme l'a toujours été mon père, qui aurait fêté aujourd'hui, 13 février, ses 97 ans. Attaché, aussi, à la cohésion du pays, à une juste répartition des richesses. A une attention aux plus démunis. Prenez les arguments des conservateurs catholiques, vaincus et minoritaires depuis novembre 1847, en Suisse, entre 1848 et 1891. Vous y trouverez, face au progrès industriel incarné par les radicaux, face à la montée en puissance des pouvoirs financiers dans notre pays, certaines inflexions qui pourraient, peut-être, se faire entendre dans mon discours.

     

    Prenez l'inoubliable Encyclique "Rerum Novarum", réponse à la condition ouvrière et aux méfait sociaux de la Révolution industrielle, oui prenez-le, ce texte lumineux de 1891, rédigé par Léon XIII, le Pape du Ralliement à la République, et vous accéderez à l'une ou l'autre source, non négligeable, des flux de philosophie politique qui me traversent. Il y est dit, constamment, que l'économie doit être au service de l'humain, de son épanouissement, et non l'humain au service de l'économie. Le travail doit nous libérer, pas nous asservir.

     

    Ils se disent conservateurs libéraux. Moi, je suis un conservateur social. Patriote. Et passionnément républicain.

     

    Pascal Décaillet