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Liberté - Page 977

  • Macron : mon chouchou

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    Sur le vif - Lundi 20.02.17 - 13.36h

     

    Si j'étais Français, le dernier candidat pour lequel je voterais, je dis bien le DERNIER, est Emmanuel Macron.

     

    Pour une simple raison : aussi sympathique soit-il, je ne décèle rien en lui qui soit de nature à m'inspirer l'idée de l'Etat, l'idée de la Nation. Quelque chose d'un peu dur, régalien, cadastré. Quelque chose comme un cimetière militaire, du côté de Douaumont. Quelque chose comme la mémoire du tragique, le respect du sang versé, la passion du passé. Et pas juste pour raconter n'importe quoi, avec une insoutenable légèreté, dans cette Algérie dont l'Histoire m'est si chère.

     

    Or, ces deux idées, l'Etat et la Nation, m'importent.

     

    Parce que, s'il n'y a plus ni Etat ni Nation, alors ne subsisteront qu'élégants marquis d'Ancien Régime, parfumés dans leurs salons de jeux. Et loi de la jungle, loi du plus fort. Casino, mondialisé. Et fardeau, pire encore, pour les plus démunis. Ce qui n'est pas exactement l'idée que, depuis l'âge de sept ans et demi (décembre 1965) je me fais de la France.

     

    C'est aussi simple que cela. Je n'ai rien d'autre à dire sur ce candidat.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Pierre Maudet et l'illusion d'une défense européenne

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    Sur le vif - Lundi 20.02.17 - 08.25h

     

    Quand j'entends Pierre Maudet, ce matin à la RSR, regretter le rejet, en 1954, de la CED, Communauté européenne de défense, et souhaiter explicitement une "défense européenne", je me demande, tout capitaine soit-il, dans quelle représentation stratégique du continent il évolue mentalement.

     

    J'ai étudié l'histoire de la CED, qui est passionnante. Gaullistes, mendésistes et communistes, bref la quasi-totalité des partis issus de la Résistance, s'y étaient opposés. Ils voyaient bien, neuf ans après la guerre, que, sous le noble et chatoyant prétexte de créer une défense européenne, on allait avant tout accélérer le réarmement allemand.

     

    Comme je l'ai dit maintes fois ici, si les villes allemandes étaient détruites en 1945, l'armement, lui, ne l'était pas tant que cela. Et l'encadrement de la toute nouvelle Bundeswehr, dès 1949, fut constitué à partir de celui... de la Wehrmacht. Tout esprit un peu initié savait, en 1954, à quelle vitesse pouvait se reconstituer l'armée allemande, si on lui donnait les moyens institutionnels que le Grundgesetz (Loi fondamentale) de 1949 lui refusait.

     

    Bref, à l'issue d'un débat dantesque, la CED finit par être refusée, à l'Assemblée, par 319 voix contre 264, le 30 août 1954, sous le gouvernement du seul véritable homme d'Etat de la Quatrième République, Pierre Mendès France.

     

    Retour à Pierre Maudet. Nous sommes dans l'Europe de 2017. L'improbable conglomérat nommé "Union européenne" est en voie de douce liquéfaction. Stratégiquement, une puissance, en toute discrétion, ne cesse de se renforcer : l'Allemagne. Ce week-end, elle annonçait fièrement qu'elle serait l'élève modèle de "l'OTAN" (autre fantôme programmé) en appliquant les 2% de son PIB à ses dépenses militaires. Juste avant Noël, elle a modifié le Grundgesetz en s'autorisant désormais des actions offensives. Juste avant Noël, elle a voté la construction de trois bâtiments de guerre, pour la marine, qui feront parler d'eux d'ici une quinzaine d'années.

     

    Et Pierre Maudet, à la RSR, vient rêver à haute voix d'une "défense européenne". Pour devenir les satellites de l'armée allemande ? Assurer servilement son intendance ? Dans quelle représentation cérébrale de l'Europe Pierre Maudet vit-il ? Ne voit-il pas le retour, en matière stratégique, des intérêts fondamentaux des nations ? Pourquoi, au nom de quelle idéologie supranationale, se refuse-t-il à prendre acte de ce fait ? Est-il aveuglé par les démons de candeur et de cécité du NOMES ?

     

    Il ne saurait exister de "défense européenne", pour la simple raison qu'il n'existe pas "d'Europe" institutionnelle crédible. Une force de frappe ne peut pas émaner d'un ectoplasme où règne l'impuissance impersonnelle. Non, elle doit être le bras armé d'un Etat soudé, cohérent, d'un peuple qui se reconnaît dans une communauté, "Gemeinschaft".

     

    En Europe occidentale, depuis vingt ans, tout le monde démilitarise, sauf... l'Allemagne. Parler aujourd'hui de "défense européenne", c'est tomber exactement dans le même leurre, le même panneau, que les naïfs partisans de la CED, lors du débat homérique de 1954.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Investigation, ou délation ?

     

    Sur le vif - Dimanche 19.02.17 - 18.46h

     

    Si j'étais Français, François Fillon ne serait pas mon candidat. A cause de ses positions économiques et sociales, beaucoup trop libérales pour moi, ce que je notais déjà, ici même, lors de sa victoire à la primaire, le 30 novembre 2016, dans un commentaire intitulé "Ça n'était qu'une primaire de la droite". Alors que tout le monde le voyait déjà à l’Élysée. Le libéralisme, carrément ultra en l'espèce, est ce qui me sépare de Fillon. Pour le reste, je l'apprécie beaucoup. Notamment lorsqu'il assassine jouissivement le "prédicat", ce jargon de ridicule préciosité des pédagos.

     

    Mais soyons clairs : si je partageais les thèses de François Fillon au point de le vouloir comme Président, je l'encouragerais à aller jusqu'au bout, malgré la meute. Et ne le jugerais en aucune manière en fonction des "affaires" sorties par Mediapart. On sait trop - je sais trop - dans ces cas-là, tout ce que ces casseroles jaillissant comme par hasard en pleine campagne peuvent avoir de programmé, d'instrumentalisé. A cet égard, on commence un peu trop, chez le moraliste-en-chef Edwy Plenel, à confondre "journalisme d'investigation" avec pure et simple délation.

     

    Je vais plus loin : la parfaite rectitude morale d'un candidat ne m'intéresse pas trop. Seule compte, pour moi, son aptitude à gérer le pays. Dans la tempête, on envoie au gouvernail le meilleur pilote, on ne lui demande pas son certificat de bonnes vies et moeurs. Ni même un document attestant qu'il ne s'est jamais contredit.

     

    Cette position, qui est mienne depuis toujours, me vaut de régulières engueulades avec mes amis américains, beaucoup plus rigoristes. Je ne le suis pas. La morale ne m'intéresse guère en politique. La capacité, la compétence, si, en absolues priorités.

     

    Pascal Décaillet