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Liberté - Page 970

  • Serge Dal Busco, auf deutsch, über Finanzausgleich !

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    Kurz und klar - Samstag, 18.03.17 - 16.12 Uhr

     

    Für diejenigen, die deutsch verstehen : Serge Dal Busco, Genfer Finanzminister, spricht vom Finanzausgleich (péréquation financière, auf französich), wo ein Kompromiss in Bern gefunden wurde. Serge Dal Busco drückt sich, klar und fliessend, auf deutsch aus, in der Sendung Echo der Zeit (Radio DRS, Audio hier unten).

     

    Welcher, unter seinen sechs Genfer Regierungsratskollegen, wäre auch dazu fähig ? Leider ist Serge Dal Busco nicht zur gleichen Zeit Regierungsrat und Ständerat : er könnte Genf ausgezeichnet in Bern verteidigen ! Freilich besser als andere...

     

    Fliessend spricht er deutsch, und mütterlich italienisch und französisch : drei von unseren vier Nationalsprachen !

     

    Montag werde ich Serge Dal Busco über dieses Thema, Finanzausgleich, in Genève à Chaud empfangen.

     

    Pascal Décaillet

     

    http://www.srf.ch/play/radio/popupaudioplayer?id=0a95bcb3-f7c4-424f-8adc-7531f07321ac

     


     
  • Populistes ? Et comment !

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    Sur le vif - Vendredi 17.03.17 - 17.45h
     
     
    L'usage du mot "populiste", à fins péjoratives, donc pour discréditer les personnes qu'on affuble de ce vocable, commence à se retourner contre ceux qui le profèrent. Nous sommes au coeur de ce basculement, sans doute même a-t-il commencé depuis quelques mois, allez disons depuis le matin du 9 novembre 2016, heure européenne.
     
     
    Pour ma part, je n'ai jamais perçu ce mot, en soi, comme un insulte. Dans "populiste", il y a "peuple" (au masculin) ou "peuplier" (au féminin), je suis pour le peuple, et j'adore les peupliers.
     
     
    Lorsque je dis que je suis pour le "peuple", je précise toujours que je fais allusion au corps électoral, au suffrage universel, et non au peuple qui gueule dans la rue, avec tous les débordements que cela comporte. Pour moi, le peuple, c'est le "démos", pas le "pléthos", j'ai écrit à ce sujet un article dans la Revue Choisir, chez mes amis Jésuites, il y a une quinzaine d'années.
     
     
    Je suis pour le démos. Pour le recours, le plus souvent possible, au suffrage universel. Pour la démocratie directe. Celle que nous avons en Suisse me convient fort bien. Non seulement il ne faut pas réduire sa marge de manœuvre, mais je plaide vivement pour qu'on l'augmente.
     
     
    Je suis, en revanche, de plus en plus sceptique sur la "démocratie représentative" : le Parlement, en Suisse, s'est considérablement discrédité, ces dernières années. Il a réduit en bouillie l'application du 9 février 2014. Il patine sur l'assurance maladie, patauge sur les retraites. Ou enfante, comme ce matin en votations finales, des solutions totalement insatisfaisantes. Il apparaît de moins en moins comme la locomotive politique de la Suisse. C'est à nous, les citoyennes et citoyens de ce pays, de prendre le relais, par des comités d'initiatives ou de référendums, pour provoquer de grands débats nationaux, avec un beau dimanche un verdict du suffrage universel. Approprions-nous la politique !
     
     
    Je reviens à mon propos initial : ceux qui n'ont que le mot "populiste" à la bouche sont en train de perdre la bataille. Les gens commencent à percevoir que ce mot n'est peut-être pas aussi péjoratif que cela. Par son étymologie, qui est belle, et que toute oreille latine saisit d'un coup, sans besoin de grands discours savants. Mais aussi par sa chaleur, sa beauté, sa puissance affective, son appel à la masse d'un corps électoral, tout de même plus légitime qu'un Parlement.
     
     
    Je vous le dis, les choses ont basculé. Ils peuvent toujours dire "populiste", avec l'acception péjorative qu'ils escomptent tant du récepteur du message, ils peuvent hurler ce mot, s'époumoner, insulter, ostraciser, rien n'y fera : ce mot est doucement en train de conquérir ses lettres de noblesse. Il faudra qu'ils trouvent autre chose.
     
     
    Pascal Décaillet
     
     

  • La France aveuglée

     

    Sur le vif - Jeudi 16.03.17 - 09.35h

     

    "La France va mieux : elle est scandalisée par sa classe politique". Titre de l'édito de la TG.

     

    Je suis en désaccord total avec cet édito. En quoi le fait de s'engouffrer dans les "révélations" d'une certaine presse manipulée par ses chères "sources" serait-il le révélateur d'un quelconque "mieux" ?

     

    Je n'ai jamais, une seule seconde, confondu la morale avec la politique. Dans une élection, la seule question qui compte est : "Le candidat a-t-il l'étoffe pour assumer la fonction ?".

     

    Pour ma part, je me contrefiche de sa perfection morale, de sa situation conjugale, de sa vie privée. Ses qualités ou ses défauts, je les juge uniquement à son aptitude, ou non, à conduire l'Etat. Si un bateau est dans la tempête, confions le gouvernail au meilleur pilote, c'est tout.

     

    Je le reconnais : je ne tiens pas en très haute estime intellectuelle les gentils moutons qui se laissent avoir au jeu des "révélations", qui prennent des airs effarouchés, "Je n'ai plus confiance en lui", etc. Ils sont à côté du sujet. À côté de l'essence même de la politique. En France, ils pataugent dans la plus crasse méconnaissance de leur propre Histoire : croyez-vous que Mazarin, Talleyrand, fussent des gens irréprochables ? N'ont-ils pas, pourtant, été l'un et l'autre des hommes avec une dimension d'État ?

     

    Sans compter que ces "révélations", venues toujours des mêmes journaux, accablent toujours les mêmes, épargnent toujours les mêmes. À cet égard, la singulière immunité dont jouit M. Macron a tout de même de quoi étonner.

     

    Non, Cher Confrère de la TG, dont l'édito ressemble à la prédication d'un pasteur scandinave, la France ne va pas "mieux" au prétexte qu'elle s'étrangle d'indignation face à des "affaires" non-pertinentes pour juger de l'essentiel. En quoi est-ce aller "mieux" que de sombrer dans la naïveté collective, la candeur de troupeau, la profonde méconnaissance des mécanismes de l'Histoire ? En quoi est-ce aller "mieux" que se laisser manipuler benoîtement par une presse instrumentalisée par ses "sources" ? Face à l'impératif de lucidité, en quoi la cécité devrait-elle être une vertu ?

     

    Pascal Décaillet