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Liberté - Page 689

  • La langue allemande et les chemins de connaissance

     

    Sur le vif - Vendredi 19.07.19 - 11.14h

     

    La traduction de la Bible en allemand de son temps, par Martin Luther, en 1522, constitue l'acte majeur de l'Histoire allemande. Le début de la littérature allemande moderne. L'affranchissement des Allemagnes par rapport à Rome. La naissance d'une conscience nationale allemande. Celle que l'immense Frédéric II (1740-1786), puis tant d'autres, reprendront et réinventeront. À la manière d'une variation de thèmes, chez Jean-Sébastien Bach.

    Je suis habité, depuis l'adolescence, par l'idée qu'il existe un fil invisible du destin allemand. Quelque chose comme le Ring, dans l'univers de Wagner. Pour retrouver ce fil, il faut se plonger à corps perdu dans l'observation de l'Histoire allemande, ou plutôt des Histoires des Allemagnes.

    L'observation, et non la recherche d'un raisonnement ! La passion historique n'est pas affaire de philosophe, surtout pas. Au bout du compte, il n'y aura ni "leçons de l'Histoire", ni progrès intellectuel. Juste l'infinie jouissance d'une immersion.

    S'immerger dans quoi ? Dans des textes. Des témoignages. Des musiques. Des archives. Des journaux. Des romans. Des poèmes. Dans le Dictionnaire des Frères Grimm. Dans Hölderlin, Brecht, Heiner Müller, Christa Wolf. Dans Thomas Mann. Dans tous les autres.

    S'immerger, surtout, comme pour la Grèce, dans le miracle d'une langue. Le destin allemand, c'est celui de la langue allemande. Repartir de Luther, toujours et partout. Lui-même ne nous propose-t-il pas, comme par hasard, de tout refonder, reformer, "réformer", en prenant appui sur un texte, celui de Paul ?

    Le fil invisible existe. Il exige de nous ascèse et passion. Il nous invite, comme dans la Flûte enchantée, sur les chemins de connaissance.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Que chacun tienne son journal !

     

    Sur le vif - Jeudi 18.07.19 - 09.59h

     

    Le mot "réinformation" n'a aucun sens. On informe, ou on n'informe pas. Et le meilleur combat contre les fausses nouvelles, c'est l'information, tout court. Quant à la liberté de penser, elle n'a ni à être éduquée, ni à être rééduquée.

    En clair, c'est non à la prétendue "mission pédagogique de la presse". Et c'est non, tout autant, à la prétendue relecture critique (entendez démolition systématique) de la même presse, par des gens n'ayant pas la moindre idée de ce qu'est le journalisme.

    Oublions d'ailleurs la presse, les médias, le journalisme. Que chacun d'entre nous tente - s'il le souhaite - le chemin de connaissance, l'aventure d'écrire, d'exprimer ses idées.

    Que chacun d'entre nous travaille sa liberté intellectuelle, au jour le jour, en tenant son journal. Qu'il nous fasse part de ses découvertes, de ses point de vue, de sa sensibilité. Que chacun d'entre nous soit "auteur", comme il le peut, comme il le veut. Nul besoin d'intermédiaires, de directeurs de conscience.

    Que chacun d'entre nous vive sa vie. Et nous fasse part, s'il en éprouve le besoin, de ses expériences. Les nouveaux outils de communication permettent cela. Profitons-en.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Les racines du réel

     

    Sur le vif - Jeudi 18.07.19 - 09.39h

     

    De la Frise hollandaise (où je me suis rendu début juillet, tout au Nord) à la Suisse alémanique, ou à la Pologne, le rejet de l'Europe est en réalité une peur de l'Allemagne. Une méfiance, atavique, viscérale ou aussi parfois intellectuelle, face aux appétits de cet Empire du Milieu.

    Les vrais ressorts des âmes, sur notre continent, demeurent bien nationaux. Les vraies clefs d'explication sont dans l'Histoire. Le jargon multilatéral ne veut rien dire. Juste un paravent, pour camoufler l'immanence et la permanence des vieilles identités nationales, infiniment plus solides, plus tenaces, plus durables que ce qu'on veut nous faire croire.

    Le rêve multilatéral sera depuis longtemps dissipé, que les nations demeureront, ancrées dans les racines du réel.

     

    Pascal Décaillet