Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Liberté - Page 1506

  • Super Charly

     

    Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 25.01.10

     

    Il n’est pas président du Conseil d’Etat, vient du parti qui a perdu les élections, et pourtant, en ce début d’année, c’est lui qui émerge. Charles Beer, ministre apaisé, entame une dernière législature qui pourrait bien réserver des surprises. Il a, comme d’autres, sa garde noire, mais il a eu, lui, l’habileté de la diluer sur plusieurs personnes, plusieurs ailes du palais. Qui, sans aucun doute, se guettent et se neutralisent mutuellement.

    Dans l’affaire des enfants de mendiants, sortie dans les reportages de Jennifer Covo, sur Léman Bleu, Charles Beer a pris les choses en mains, communiqué juste, tenu un discours républicain.

    Ce week-end, il s’est occupé du parti socialiste, ce qui relève du bouche-à-bouche, voire du massage cardiaque. Mais enfin, il l’a fait, avec initiative et anticipation. Par les temps qui courent, c’est directement au Conseil d’Etat qu’il faut aller chercher les vrais chefs de certains partis. Alors, Super Charly est arrivé, histoire de donner un coup de main.

    Quand il parle, on le comprend. La phrase n’est pas trop longue, on n’a pas trop l’impression d’avoir un cours de morale et l’érection de l’index vers le ciel pour menacer du châtiment. Beau progrès donc, qu’il convient ici de saluer, hélas atténué par une zone d’ombre : l’homme continue de se dire socialiste. La preuve, au moins, que nul n’est parfait.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Isabel Rochat est-elle aphone ?

     

     

    Sur le vif - Vendredi 22.01.10 - 11.20h

     

    Suite à une excellente série de reportages de ma consœur Jennifer Covo, sur Léman Bleu, le gouvernement genevois s’est ému de la présence d’enfants, sur les genoux de leurs mamans en train de mendier dans les rues de Genève, parfois par un froid glacial. Ministre de tutelle du Service de la protection des mineurs, le conseiller d’Etat Charles Beer s’en est fort bien expliqué, avec un propos qui allie humanisme, respect des minorités, mais tout de même application de la loi.

    La décision du Conseil d’Etat d’appliquer la clause « péril » qui permet de retirer (pour un temps) les enfants à leurs parents, date d’avant-hier. Coïncidence ? Il se trouve qu’hier déjà, quelques heures après l'annonce de la décision gouvernementale, la police intervenait au petit matin à l’Armée du Salut, pour enlever trois enfants à leur maman, comme le relatent, dans le Matin d’aujourd’hui, Dominique Botti et Mathieu Cupelin. Il s’agirait, selon la police, d’une « opération de routine » n’ayant rien à voir avec les nouvelles mesures du Conseil d’Etat. La maman aurait à accomplir une peine pour infraction à la loi sur le séjour des étrangers.

    « Rien à voir » : Charles Beer en est-il si sûr ? N'a-ton pas voulu, avec un zèle excessif et franchement déplacé, faire très vite un exemple? A ces questions, le ministre tient à préciser qu’il n’est pas le responsable de la police. Et que donc, dans cette affaire, tout ne dépend pas de lui. Ce qui est exact.

    De fait. Il existe, bel et bien, à Genève, une ministre de la police. Elle s’appelle Isabel Rochat. Et nul, mais vraiment nul, n’aurait une seule seconde l’idée de mettre en cause sa sagacité, ni sa légitimité, encore moins sa compétence. Et elle semble, elle aussi, avoir souffert des grands froids que nous avons vécus il y a une dizaine de jours à Genève. Au point d’en avoir perdu, par une aphonie qu’on espère évidemment provisoire, l’usage de la parole sur ce sujet. Il nous semblait tout de même qu’elle aurait pu avoir quelque autorité ou quelque pertinence à s’y exprimer.

    Allons, Madame Rochat, quelques pastilles. Une bonne dose de miel. Des tisanes de thym. Et votre voix reviendra ! Nous nous en réjouissons, car elle a toujours été douce à nos misérables oreilles.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Viva la pampa !

     

    Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 21.01.10

     

    Il est joufflu, joyeux, jovial, il aime la vie. Il est fils de pleine lune et de soleil brûlant, il aime la nuit. Mais ne nous laissons pas prendre : sous le masque étoilé d’une soirée argentine, il y a une précise connaissance de la politique genevoise. Oui, Michel Chevrolet, dans son rêve d’exécutif de la Ville, est crédible. Et peut-être même, si son parti le désigne, éligible.

    Il a pour lui un avantage majeur : il en a envie. Et n’a pas peur de le dire. A l’époque des pisse-froid et des culs-serrés, des atrophiés du désir et des Tartuffes de l’aveu reporté, il est le candidat qui fonce, celui qui chante et qui danse. Si la politique était porcelaine, il serait volontiers son pachyderme, juste un peu ailé, comme le poids moqueur du destin.

    Si le PDC le désigne, alors banco ! Va pour une campagne à l’américaine, avec pom-pom girls, pom-pom boys, poudre de perlimpinpin, steaks T-bone, gorges chaudes, Tinto, nuits câlines, tango. Et le doux cliquetis des casseroles, comme sur les voitures des mariés.

    Si le PDC le désigne, les chroniques politiques pourraient bien se faire en chanson, la campagne deviendrait une grande comédie musicale, un peu de joie de vivre et de Rio del Plata dans le cours grisâtre de notre ordinaire. Un peu de couleur. Juste pour tuer l’ennui. Et, face à la gauche, le goût salé de la Reconquista. Viva la pampa !

     

    Pascal Décaillet