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Sur le vif - Page 35

  • Bayrou : l'ombre de PMF

     
    Quelques lignes, à vif, et en attendant la chute - Lundi 08.09.25 - 15.15h
     
     
    Eh bien, n’en déplaise aux éternels persifleurs, le premier quart d’heure du discours (d’adieu ?) de Bayrou est EXCELLENT. Je l’ai dit, je le répète : il y a, en matière économique et financière, chez le Béarnais, dans son rapport à la vérité des chiffres, au pacte de confiance, une rigueur mendésiste qui frappera ceux qui ont un minimum de sens de l’Etat, de mémoire et de culture historiques. Une fois de plus, en l'écoutant, j'ai pensé à celui qui, avec tant de rectitude et de lucidité, a présidé le Conseil, entre juin 1954 et février 1955.
     
    Pascal Décaillet

  • Jean-Philippe Rameau, le chant des anges avant la tempête

     
     
    Sur le vif - Jeudi 04.09.25 - 11.26h
     
     
     
    Aussi loin que remontent mes souvenirs, la musique de Jean-Philippe Rameau a enchanté ma vie.
     
    J’aurais tant à dire sur cet immense musicien, sur son œuvre, son évolution musicale au cours des décennies, l’évolution des instruments aussi, dans ce dix-huitième siècle où la musique éclate de mille feux, se réinvente continuellement, jusqu’à nous livrer la magie de Mozart, puis la révolution beethovénienne. Rien que sur Rameau, son importance capitale dans le siècle de Louis XV, je pourrais écrire un livre.
     
    Hier, sur Mezzo, c’était Hippolyte et Aricie (1733). Je connais cette œuvre, je me suis dit : « Bon, cette fois, tu ne te laisses pas prendre ! ». Deux heures plus tard, rideau, j’étais resté là, skotché, comme un éphémère sur un phare.
     
    Ici, je ne veux pas être technique. Mais depuis des décennies, je tente d’établir ce qui, très concrètement, m’attire tant dans la musique de Rameau, contemporain des géants que furent Bach et Haendel. La réponse est complexe : ça tient à la nature des instruments, à la basse continue, aux saisissantes variations de tempo, à l’alternance entre danses chorales et solos bouleversants, à la sublimation de la voix féminine (comme chez Haendel), et à tant d’autres facteurs, très précis.
     
    Tant attaqué, a posteriori, par la tradition des Lumières, puis par l’historiographie révolutionnaire, le siècle de Louis XV fut une période d’intense activité littéraire et musicale, une éclosion incroyable des arts et des métiers, un moment de sublime répit en attendant le formidable fracas de la Révolution.
     
    Dans cet arrêt du monde face à son ineffable beauté, il y eut, comme un chant des anges avant la tempête, la musique exceptionnelle de Jean-Philippe Rameau.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La République l'emporte sur la Communauté

     
     
    Sur le vif - Mardi 02.09.25 - 09.41h
     
     
    Proche-Orient : ne nous déchirons pas entre citoyens suisses, il y a déjà assez d’horreurs et de violence là-bas, sur place, avec le massacre, chaque jour recommencé, de Gaza.
     
    Vous connaissez ma position, elle est celle de toute ma vie : amitié pour le peuple israélien, amitié pour le peuple palestinien. Absolues symétries de ces deux amitiés. Soutien total à un État palestinien, aux côtés d’un État d’Israël. Concernant Gaza : condamnation sans appel du massacre commis depuis deux ans par l’actuel gouvernement israélien.
     
    Faire cesser le carnage. Faire cesser la famine. Et nous, Suisses, œuvrer pour la paix. Comme nous le fîmes, avec efficacité et discrétion, en accueillant des pourparlers France-FLN, dans les dernières années de la guerre d’Algérie, j’ai étudié cela à fond.
     
    Tout cela, nous pouvons - et nous devons - le faire sans nous déchirer nous-mêmes, entre Suisses. Soutenir le peuple palestinien, qui vit les pires heures de son Histoire, sans pour autant instaurer en Suisse un climat de guerre civile entre un camp et l’autre.
     
    La grandeur de la Suisse, c’est de soutenir le droit de chaque peuple à l’autodétermination. Se battre pour la paix. Condamner le colonialisme, l’impérialisme, d’où qu’ils viennent. Panser les plaies du monde, par des actions humanitaires. À Gaza, en proie à la famine, elles sont d’une urgence vitale.
     
    Mais le destin de la Suisse n’est pas de nous déchirer, à l’intérieur de nos frontières, entre citoyens partisans d’un belligérant ou d’un autre. Nous devons aussi penser à notre propre cohésion nationale.
     
    À cet égard, la tentative récente d’un groupe communautaire, à Genève, de museler la parole d’un élu du peuple (ou, plus simplement, de n’importe quel citoyen suisse), est tout simplement ahurissante.
     
    Cette tentative, d’une maladresse inouïe, est un acte contraire aux fondements mêmes de la Suisse. Tout citoyen, toute citoyenne, a droit à sa liberté d’expression, dans les limites bien sûr de la loi. Un député, pas davantage qu’un citoyen non-élu. Mais, jusqu’à nouvel ordre, pas moins non plus.
     
    En un mot comme en mille, j’accorde mon plein soutien au citoyen Thévoz.
     
     
    Pascal Décaillet