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Les Archanges de la laïcité

 
 
Sur le vif - Vendredi 29.05.26 - 07.08h
 
 
 
Je voterai contre l’interdiction des signes religieux pour les députés siégeant dans les séances du Grand Conseil.
 
La laïcité de l’Etat, qui est une très bonne chose, s’applique aux fonctionnaires, et aussi à l’exécutif, qui représentent l’Etat.
 
Les députés, eux, représentent le peuple genevois, dans toute sa diversité. Ils sont l’Assemblée des citoyens. Ils sont le premier pouvoir de ce Canton, contrôlent le gouvernement et l’administration, sont séparés du premier, totalement extérieurs à la seconde. Les députés ne sont pas des fonctionnaires !
 
Mais le fond de toute cette affaire ne se résume évidemment pas à un débat institutionnel sur les rôles et les statuts respectifs.
 
Le fond, c’est la vindicte d’une clique de laïcards invétérés, à Genève, contre tout ce qui peut, de près ou de loin, ressembler à la manifestation - assurément personnelle, privée - d’une sensibilité spirituelle.
 
Les laïcards ne sont pas les défenseurs du principe de laïcité de l’Etat, dont je fais partie.
 
Non, « laïcard » est un mot péjoratif, dont j’use ici à dessein. Il désigne, non les défenseurs de la laïcité, mais les ultras.
 
Car la laïcité a, elle aussi, ses Croisés. Une clique, hélas répandue dans le Vieux Parti le plus admirable dans l’Histoire de Genève et de la Suisse : les radicaux. Parmi eux, il y a des gens qui ne supportent pas le moindre signe rappelant, de près ou de loin, les sensibilités spirituelles. Ils sont les Archanges de la pureté laïque. Au moindre prétexte, ils pourchassent.
 
Ces gens-là, prétendant agir au nom d’une neutralité, sont, en réalité, tout sauf neutres. Ils incarnent une idéologie de combat, celle qu’on a vue à l’œuvre en France, dans les années 1895-1910, ce radicalisme ultra qui voulait extirper la France de toute référence religieuse, fichait les officiers catholiques, fermait les églises, expulsait les Congrégations.
 
Il y a des gens, à Genève, qui deviennent malades, dès qu’on leur parle, même du bout des lèvres, d’adhésions spirituelles. Ca leur donne immédiatement des éruptions cutanées. Il faut gommer toute référence. Arracher tout signe. Éradiquer.
 
Ce sont eux qui reviennent constamment à la charge, en invoquant, avec une passion rituelle et liturgique, le principe de laïcité. Là, ils s’en prennent aux « signes religieux des députés », demain ce sera un autre prétexte. Ils sont les Croisés de la laïcité.
 
Le 14 juin, chacun votera en conviction. Mais il fallait restituer un contexte. Décrypter les enjeux réels. Préciser les vrais camps. Voyez, je n’ai même pas parlé des Loges. Histoire de maintenir au débat une certaine Tenue.
 
 
Pascal Décaillet
 

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