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Commentaires GHI - Page 195

  • Des âmes humaines

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 09.05.18

     

    L’arrivée de Thierry Apothéloz au Conseil d’Etat est une excellente nouvelle pour Genève. Parce que cet homme, au sommet de sa forme politique, incarne à la fois l’expérience (quinze années d’exécutif à Vernier, quatrième ville de Suisse romande), le militantisme (c’est un socialiste, un vrai, et pas un caviar de salon), l’espoir. La conjonction de ces trois qualités, Genève en avait besoin.

     

    Quelque part au plus haut niveau de notre Canton, il nous fallait un homme issu du peuple. Un homme de la rive droite, ayant accompli la quasi-totalité de sa carrière politique dans ce qu’il est convenu d’appeler une Cité, terme qu’il faut s’empresser d’oublier : Vernier est une ville, comme d’ailleurs Meyrin, Onex, Lancy, une ville oui, avec son âme, son Histoire, les confluences de tant de destins. C’est ainsi qu’Apothéloz conçoit et raconte Vernier, celui des Avanchets ou du Lignon, ou des Libellules, une ville, une cité, avec des institutions, une mémoire, des âmes humaines.

     

    Puisse Thierry Apothéloz ne jamais oublier d’où il vient. Maintenir, à tout prix, son contact avec la base. Défendre, aux côtés de Serge Dal Busco, les intérêts des communes, dont ils auront l’un et l’autre présidé l’Association faîtière, à Genève. Avec ces deux hommes, qui savent ce que l’échelon municipal d’une commune autre que la Ville signifie, il y aura, face au jacobinisme de certains Plans directeurs, l’espoir d’une sensibilité nouvelle. Genève, c’est un Canton : de Versoix jusqu’à Chancy !

     

    Pascal Décaillet

     

  • Trump va bien. Et vous ?

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    Commentaire publié dans GHI - 02.05.18

     

    Le 9 mai marquera les dix-huit mois de l’élection de Donald Trump. Un moment de coupure violente, jusqu’ici à Genève, entre ceux, innombrables, qui vomissaient le candidat républicain, allant jusqu’à l’attaquer sur la couleur de ses cheveux, et ceux qui, tel votre serviteur, se refusaient à le diaboliser, entrant en matière sur le protectionnisme, la régulation des flux migratoires, la fin des grands machins multilatéraux. Césure, oui. De vieilles amitiés, ce jour-là, furent rompues.

     

    Un an et demi après son élection, plus de quinze mois après son entrée en fonction, l’homme a-t-il détruit la planète ? A-t-il ruiné son pays ? A-t-il commis l’irréparable ? Réponse : trois fois non. Donald Trump ne fait évidemment pas tout juste, pas plus qu’aucun de ses prédécesseurs, même le grand Roosevelt, mais il est là, bien en place, il dialogue avec le monde, ouvre des perspectives avec la Corée du Nord, pose ses différences avec Emmanuel Macron ou Mme Merkel. Bref, il fait son métier.

     

    On peut certes contester ses options, je l’ai fait dans le dossier de l’Accord nucléaire avec l’Iran, qui était selon moi l’un des seuls succès diplomatiques (avec Cuba) de l’ère Obama. Mais nul ne peut nier que le Président Trump accomplit une action politique dont l’Histoire aura à juger.

     

    Dès lors, ne soyons pas cruels. Résistons à la tentation de reprendre les citations, écrites ou orales, de ceux qui, avant le 9 novembre 2016, nous le décrivaient comme une parfaite créature de Frankenstein. L’effet de ces rappels serait dévastateur, tout simplement.

     

    Pascal Décaillet

     

  • La gauche, la droite, ça existe !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.05.18

     

    La lutte des classes : deux siècles après la naissance de Karl Marx (5 mai 1818, Trèves, Rhénanie), ces mots font peur, aujourd’hui. Ou alors, ils apparaissent comme désuets. Reliquat du dix-neuvième siècle, de la Révolution industrielle, des grèves de mineurs dans le Nord de la France, de la Révolution russe de 1917, allemande du 9 novembre 1918. Ou, chez nous, souvenir de la Grève générale organisée par le Comité d’Olten, ce même mois de novembre 1918, qui a divisé pour longtemps les Suisses, traumatisé la bourgeoisie de notre pays, donné des rêves de Grand Soir à la gauche. La Suisse, pays de compromis, n’aime pas la lutte des classes. Elle se prévaut de régler les choses autrement, par la concertation.

     

    Dans la Genève de ce début mai 2018, un siècle après la Grève nationale, on la regarde toujours de travers, cette lutte des classes. Oh, peut-être pas dans la gauche de la gauche, ni à l’opposé chez les ultra-libéraux. Mais enfin, entre deux, on commence à entendre poindre, au sein de ceux qui aspirent à gouverner, la traditionnelle ritournelle centriste des « passerelles » entre la gauche et la droite. Le socialiste Thierry Apothéloz, homme d’exécutif depuis quinze ans à Vernier, et très sérieux candidat au Conseil d’Etat, a même dessiné, en direct dans le « Grand Genève à Chaud » du dimanche 22 avril, dans un débat face à Nathalie Fontanet, les contours d’une « Grande Coalition », à la Genevoise. Sur des sujets sectoriels mais importants, droite et gauche pourraient trouver des compromis, histoire de contourner le fameux statut d’arbitre du MCG.

     

    La Grande Coalition, c’est une référence à l’Allemagne des années 1966-1969, avec Kurt-Georg Kiesinger (CDU) à la Chancellerie, et Willy Brandt (SPD) à la Vice-Chancellerie et aux Affaires étrangères. L’idée, très suisse au fond, est qu’il faut rassembler les énergies, et travailler ensemble. Le problème, c’est que lorsque les partis appellent à une coalition avec l’adversaire électoral, ça n’est jamais par philosophie politique, mais simplement parce seul, leur camp n’obtient pas la majorité. Alors, on brandit le cerf-volant magique de la concertation. C’est purement tactique, dans l’Allemagne des années 60 comme dans la Genève du printemps 2018. Dès que surgiront les vrais problèmes de la législature, économiquement lourds, réforme de l’imposition des entreprises, caisse de pension des fonctionnaires, fiscalité, on les verra vite se déchirer, ces voiles célestes de la concorde. Et revenir, comme toujours, les bons vieux antagonismes d’intérêts en fonction des catégories sociales.

     

    Car la droite et la gauche, depuis la Révolution française et la Convention, ça existe ! Et rien, dans la nouvelle composition du Grand Conseil (2018-2023), n’indique une quelconque liquéfaction de ces repères. Pas plus que la traditionnelle fable d’un gouvernement par le Centre, où un improbable Marais poitevin ferait office de clef de voûte. Cela, pour une raison simple : le Centre, c’est comme la solitude chez Gilbert Bécaud, ça se chante bien, mais ça n’existe pas.

     

    N’oubliez pas, tout de même, d’aller voter !

     

    Pascal Décaillet