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Sur le vif - Page 256

  • Genève n'est pas à gauche !

     
    Sur le vif - Mercredi 09.02.22 - 15.18h
     
     
    Le gouvernement genevois n'est à gauche que par hasard, suite à une élection partielle où le facteur personnel l'a emporté sur les choix politiques de fond, et où la droite s'est suicidée.
     
    Mais la Genève cantonale n'est pas à gauche. Les classes moyennes, étouffées par l'impôt et par les taxes, veulent respirer. Elles veulent donner moins à l'Etat, et garder pour leurs patrimoines familiaux. Elles en ont plus qu'assez des centaines de millions versés pour l'assistance à des gens, dont certains préfèrent l'inertie au travail. Elles aspirent à une régulation drastique des flux migratoires.
     
    Les Genevois qui travaillent donnent beaucoup trop de leur argent à un Etat tentaculaire. Ils en ont marre. Les innombrables affaires du DIP, l'inaction à l’Économie, ne plaident pas pour l'actuelle majorité de gauche à l'exécutif. Il ne suffit pas d'avoir décroché le pouvoir, il faut être qualifié pour l'exercer.
     
    A cela s'ajoute l'incroyable discrédit que la gauche se déverse sur elle-même, et qui creuse sa propre tombe : la mode du "sociétal", où tout doit passer par la grille de lecture du "genre" ou de la couleur de la peau. A la Ville, le ridicule est dépassé depuis longtemps. Le Canton, lui aussi, est contaminé. Quand on ne fait plus de politique, on se rabat sur la morale. On juge. On condamne. On appelle à la meute. On interdit. On met à l'index. On érige des bûchers.
     
    Genève mérite autre chose. L'argent de l'Etat, c'est notre argent. Nous nous levons, nous allons bosser. Ca n'est pas pour finir tondus comme des moutons. Nous voulons un Etat fort, mais ciblé sur ses tâches régaliennes, et non sur ses propres besoins de fonctionnement. Nous voulons des gestionnaires compétents, avisés, dotés de bon sens, respectueux des contribuables, très économes de l'argent public, au service des citoyens, et non de leur propre image.
     
    La fin de législature, empesée dans les affaires, risque d'être interminable. Puisse-t-elle au moins servir à laisser poindre les forces du renouveau. Sinon, c'est à désespérer de la politique.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Le temps des atrabilaires

     
    Sur le vif - Mardi 08.02.22 - 15.41h
     
     
    Il est révolu, le temps des superglandus. Éphémères de cocktails. Ectoplasmes. Gluants de mondanité. Finie, l'époque du "réseautage", rien que le mot est à vomir.
     
    Le temps est aux caractères forts. Trempés. Ancrés dans des valeurs. Sales tronches. Cultivés. Solitaires. Sauvages. Bretteurs, bagarreurs, chercheurs d'emmerdes. Aimant le beau et le vrai, la musique, la prosodie. Toujours à en découdre.
     
    Qu'ils aillent se faire voir, les mondains ! Voici venu le tour de piste des atrabilaires. Présentez-leur vos sonnets : ils vous diront ce qu'ils en pensent.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La vie sans journalistes ? Mais elle existe déjà !

     
    Sur le vif - Mardi 08.02.22 - 10.03h
     
     
    Les journalistes deviennent malades à l'idée que les gens sont assez grands pour s'informer sans eux.
     
    Assez mûrs pour discerner eux-mêmes la bonne information de la propagande. Celle d'un gouvernement, entre autres exemples.
     
    Assez avisés pour débattre entre eux, commenter eux-mêmes l'actualité, confronter les points de vue.
     
    Le public n'a absolument pas besoin du paternalisme tutélaire de "la presse" pour "se forger une opinion". Nous sommes des hommes et des femmes libres, éduqués, cultivés, dotés de sens critique, capables de révolte face aux doxas dominantes. Nous n'avons nul besoin que des journalistes nous tiennent la main pour nous conduire à leur école, à eux.
     
    Nous lisons des milliers de livres d'Histoire. Nous savons que le réel n'est pas univoque, mais polyphonique. L'une de mes grandes passions : l'Histoire de l'Algérie, entre 1830 et 1962. Pour tenter de se construire une connaissance, il faut tout lire, embrasser toutes les visions : celles des Musulmans, celles des Juifs d'Algérie, celles des colons, celles des résistants, celles des villes, celles du bled lointain, celles des Berbères. C'est la complexité acceptée qui génère la lucidité.
     
    J'ai étudié d'infiniment près l'Histoire du journalisme, de Théophraste Renaudot jusqu'à nous jours. J'ai étudié, comme on sait, l'Affaire Dreyfus, pour une Série historique en 1994. J'ai lu des milliers de journaux de l'époque. On peinerait à faire de moi un ignare des choses de la presse.
     
    Aujourd'hui, je vous le dis, c'est fini. La grande aventure du journalisme, vraiment née au début du 19ème, avec la Révolution industrielle et les Illusions perdues de Balzac, touche à sa fin. Elle aura marqué l'Histoire pendant deux siècles. Encore quelques décennies, que sais-je, on ne meurt pas si facilement.
     
    Mais c'est fini. Le public a besoin d'informations. Besoin de pôles de références, de connaisseurs de tel ou tel sujet. Il a besoin d'esprits cultivés, curieux, ouverts. Besoin de débattre. Besoin du choc des antagonismes. Besoin de donner son point de vue. Tout cela, il peut le faire sans les journalistes. Mieux : il le fait déjà ! Et c'est précisément ce qui transperce les journalistes de jalousie.
     
    Alors, dans une ultime scène de Roi shakespearien tirant sa révérence, ils nous disent : "Nous sommes indispensables à la démocratie".
     
    Ils ne le sont pas.
     
    C'est aussi simple, aussi cruel, que cela.
     
     
    Pascal Décaillet