Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sur le vif - Page 223

  • La langue italienne, les portes de l'univers

     
    Sur le vif - Lundi 08.11.21 - 15.14h
     
     
    La langue italienne doit à tout prix être valorisée en Suisse. D'abord, parce qu'elle est d'une rare beauté : la plus sonore, à mes oreilles, après l'allemand des Lieder. Mais aussi, tout simplement, parce qu'elle est l'une de nos langues nationales. Au même titre que le français, l'allemand, le romanche.
     
    L'italien, en Suisse, n'est pas - n'a pas à être - une langue étrangère. En Suisse, on parle italien ! Au même titre qu'en Suisse, on parle français, allemand, romanche. La littérature de langue italienne, la musique italienne, les opéras italiens, le cinéma italien, la poésie italienne (celle d'un Pasolini, par exemple), c'est une part de notre patrimoine ! Une part inaltérable, sublime, que nous avons en commun avec ce magnifique voisin du Sud, ce pays de tous les rêves, de toutes les histoires. L'Italie, au fond, comme l'Allemagne, c'est un peu nous.
     
    Nous, Suisses, cheminons vers la langue italienne ! Elle n'est pas simple. Elle est exigeante, rigoureuse, tonique, fière d'elle-même, orgueilleuse de ses formes verbales, de ses exceptions. Opulente de sa richesse dialectale. La langue italienne est patrimoine d'humanité. L'avoir comme l'une de nos langues nationales, par le Tessin et les vallées italophones des Grisons, est un honneur. Un fleuron de notre diversité suisse. Un blason de notre complexité, avec ses saveurs qui nous ouvrent les portes de l'univers.
     
     
    Pascal Décaillet

  • 130 ans après, que reste-t-il du PDC ?

     
     
    *** Dissertation sur la puissance lunaire d'un déclin - Lundi 08.11.21 - 09.15h ***
     
     
    Le grand parti qui a fait la Suisse moderne, c'est le parti radical. Il a eu tous les pouvoirs, sept conseillers fédéraux sur sept, les 43 premières années de la Suisse fédérale, de 1848 à 1891. Puis, est arrivé le premier catholique-conservateur, le Lucernois Joseph Zemp, venu d'un Canton vaincu du Sonderbund, et le début de la participation au pouvoir de l'Autre Suisse, qui avait rongé son frein pendant plus de quatre décennies.
     
    On ne disait pas encore PDC à l'époque (le nom n'apparaîtra, au niveau fédéral, qu'en 1970), mais c'était bien cette Autre Suisse, oui, celle du Valais, de Fribourg, celle d'Uri, de Schwytz, d'Unterwald, de Zoug, de Lucerne. Avec déjà, dans cette période d'opposition, prodigieusement formatrice dans la formation des idées, une incroyable diversité entre catholiques-conservateurs et chrétiens-sociaux, les Noirs et les Jaunes, les partisans de Pie IX et ceux de Léon XIII, ceux des villes et ceux des champs, ceux des plaines et ceux des monts. Mais une chose est sûre : proches de la terre, partisans (avant l'heure !) du Patrimoine et le l'environnement, défenseurs de la famille, opposés à la voracité glaciale du capitalisme zurichois, ces Suisses-là étaient de rudes patriotes. Il était temps, en 1891, qu'ils accèdent aux affaires.
     
    130 ans après, que reste-t-il du PDC ? Un nouveau nom, le Centre, qui rappelle évidemment le Zentrum bismarckien. Une conseillère fédérale, Mme Amherd, un grand nombre d'élus dans tous les Cantons, un groupe aux Chambres fédérales, des personnalités fortes, comme Christophe Darbellay, bref une implantation encore bien enracinée dans le pays profond. Pourtant, sur ses terres historiques, le PDC (je continue à l'appeler ainsi) perd des plumes. En Valais, la décroissance a commencé il y a longtemps. A Fribourg, la journée d'hier ne fut pas bonne. Et puis, à Genève, Canton où cette famille joue un rôle depuis longtemps, d'autres formations, comme les Verts libéraux, lui disputeront âprement l'occupation du centre politique, aux élections du printemps 2023.
     
    Bref, le PDC a besoin d'un nouveau souffle. Il a longtemps compté sur de flamboyantes personnes, Doris Leuthard ou Christophe Darbellay, ne parlons pas de l'immense Kurt Furgler, pour compenser les ferments de dispersion internes à ce parti polymorphe, très décentralisé, héritier à la fois de Léon XIII, avec son Encyclique Rerum Novarum (1891), et du puissant conservatisme de la Vieille Suisse, aujourd'hui capté en grande partie par l'UDC.
     
    Le PDC, le Centre si vous préférez, n'est pas mort, et de loin. Mais il doit se réinventer sur des idées qui lui sont propres, et non sur la molle moyenne entre la gauche et la droite. La famille en était une, mais ce thème, désolé (je l'affirme depuis toujours), n'a jamais été suffisant. La politique, c'est l'Etat, c'est une vision pour la Nation. Cela ne peut se réduire à de sympathiques allocations sur la naissance et autres événements de la vie quotidienne. Le PDC a besoin de voir loin, beaucoup plus loin, comme les radicaux de 1848 ont su voir la Suisse à forger, et en plus ils l'ont faite !
     
    Le PDC ne convaincra guère plus de monde en piquant aux Verts leur ineffable terminologie, "urgence climatique", "transition écologique", etc. Cela donne l'impression, dévastatrice, d'un parti sans idées propres, et qui se nourrit de celles des autres. Le PDC ne doit pas être le parti des plagiaires. Car le plagiat est une honte, non morale, mais intellectuelle, spirituelle. Une honte, dans l'ordre de ce que doit être un humain : debout, apte au combat, inventeur de ses mots, forgeron de son verbe, prêt à écrire sa propre Histoire, non celle des autres.
     
    La Suisse a besoin du PDC. Ou du Centre, comme vous voudrez. Le nom, on s'en fout. Elle a besoin d'une force de vie, entre la gauche et l'insupportable néo-libéralisme, qui se rit des frontières et méprise les peuples. Les radicaux de 1848, déjà, avaient génialement occupé cette position, mais très vite ils se laissaient déborder par les charmes de la grande finance zurichoise. Il est vrai qu'elle était nourricière, inventive, porteuse de projets pour le pays. Le percement du Gothard, ça n'est pas rien !
     
    La réinvention du PDC passe par des idées propres à ce courant. Qui ne suintent pas l'emprunt, ni l'opportunisme, ni la versatilité. Vaste programme ! Pour cela, il faudra faire de la politique avec le peuple, et pas seulement à l'échelle des parlements, de la cuisine politicarde, des conclaves et conciliabules des appareils. S'il sort de cette machine infernale, s'il se trouve la force de nous inventer un projet révolutionnaire, le PDC a encore un avenir devant lui.
     
    Révolutionnaire ? Le mot n'est pas trop fort. Rerum Novarum, le texte fondateur de Léon XIII en 1891, était révolutionnaire. Entre le marxisme d'un côté, et de l'autre le libéralisme qui faisait travailler les enfants dans les mines, il proposait une Troisième Voie. 130 ans plus tard, cette voie d'humanité et de petites lumières demeure, plus que jamais, à inventer.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Bobos, vous nous les brisez !

     
    Sur le vif - Mardi 02.11.21 - 14.53h
     
     
    Arrêtez avec vos histoires de genre, de sexe, de couleur de peau ! On n'en peut plus ! En focalisant tout sur ces questions "sociétales", vous faites le jeu du vrai pouvoir en place, qui est économique et financier. Lisez Marx. Et, si c'est trop pour vous, lisez au moins Thucydide.
     
    Vous faites le jeu du pouvoir. Vous envahissez l'espace public avec des problèmes qui ne sont absolument pas ceux de l'écrasante majorité des gens. Les vrais problèmes : pouvoir d'achat, retraites, primes maladie, loyers, prix de l'essence, prix des combustibles de chauffage, prix des médicaments, soins dentaires, solitude des aînés, chômage des jeunes, apprentissage, qualité de la formation, désarroi de nos paysans, fiscalité sur le travail écrasante. Sans compter le tabou numéro 1, dans les conversations des douillets bobos urbains : l'immigration.
     
    Vous, vous nous parlez sexe. Théories du genre. Migrations d'un genre à l'autre. Ou alors, couleur de peau. Nous ne nions pas ces problèmes, et respectons tout humain ayant à en souffrir. Mais nous disons simplement que vous nous gavez, vous et les médias complices de votre invasion des consciences, à nous raconter toute la journée des histoires qui ne sont absolument pas celles du plus grand nombre.
     
    Dans ces conditions, ne vous étonnez pas que le grand nombre, lui, décide de migrer vers des bannières politiques qui vous donnent des frissons. Et auxquelles votre seule réponse est d'évoquer misérablement les années trente. Des années, au demeurant, auxquelles vous ne connaissez rien. Vous ne les avez pas étudiées ! Vous n'émettez que des jugements moraux, péremptoires.
     
    Avec votre mise en avant hystérique de questions "sociétales", vous creusez votre propre perte. Le grand public n'est pas dupe. Surtout celui qui souffre dans ses fins de mois. Vous pourrez, tant que vous voudrez, lui balancer des théories du genre, il voudra du pouvoir d'achat. Des impôts moins écrasants. Une préférence nationale. Une régulation drastique de l'immigration. Le grand public, plus vous le gavez avec vos slogans, plus il se raidira.
     
    Ces mots vous heurtent ? Eh bien, heurtez-vous ! Choquez-vous ! Etranglez-vous d'indignation ! Drapez-vous de morale ! Et laissez-nous traiter les vraies questions, qui touchent concrètement le vrai peuple. Celui qui se lève, le matin, pour aller bosser. Et qui, avec angoisse, attend la fin du mois.
     
     
    Pascal Décaillet