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Liberté - Page 33

  • Et tout le reste est littérature

     
     
    Sur le vif - Mercredi 04.03.26 - 16.57h
     
     
     
    Au Sud du Liban, comme hier à Gaza, des populations entières déplacées. Une armée, toujours la même, qui sème la mort et la désolation. Un gouvernement, toujours le même. Une idéologie, toujours la même. Un Premier Ministre, toujours le même, dont la place est à La Haye.
     
    Tout le Proche et le Moyen-Orient, en état d'embrasement. La guerre, portée à l'échelle d'une région du monde, dans son ensemble. Une armée, toujours la même, protégée, immunisée, par la plus puissante du monde, qui porte le feu où elle veut, comme elle veut, quand elle veut. Pour elle, nul besoin de droit international. Ni de feu vert de l'ONU. Non, juste la complicité de son puissant protecteur.
     
    Et chez nous, l'armée des complices. La Cinquième Colonne de l'axe Washington-Jérusalem. L'immense relent post-colonial de se dire qu'on a tout à gagner à un monde arabe affaibli, un monde persan désormais, comme sous le Shah, aux ordres de l'Occident anglophone. Tout ça, pour que M. Trump puisse se servir des ressources naturelles. Tout ça, pour que M. Netanyahu puisse faire diversion des accusations mondiales portées contre lui, de son dossier à La Haye. Tout ça, sous le paravent des droits de l'homme, du droit des femmes, de la "démocratie" face à la "dictature".
     
    Bien sûr que le régime des mollahs est infâme, qui dit le contraire ? Mais les VRAIES raisons de la Croisade menée de conserve par les faucons du Nouveau Monde et ceux d'Israël n'ont évidemment rien à voir avec les prétextes avancés. Il y a des moments, dans la vie, où l'impératif de lucidité doit l'emporter sur les beaux sentiments brandis, avec un incroyable cynisme, par les agresseurs de cette guerre : Washington et Jérusalem. Les faucons des Etats-Unis. Et ceux d'Israël.
     
    C'est aussi simple que cela.
     
    Et tout le reste, comme chez le grand Verlaine, est littérature.
     
    Pascal Décaillet

  • Duel d'escogriffes

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.03.26

     

    Qui sommes-nous ? Des hommes et des femmes libres. Libres de vivre. De respirer. Libres de nos regards sur le monde. Nos lucidités. Nos décryptages. Nos analyses. Nos adhésions spirituelles. Libres, surtout, de nous détacher de toute meute, d’où qu’elle vienne. Les rejeter. Les haïr. Les meutes de gauche. Et, tout autant, les meutes de droite, en forme olympienne, ces temps, sur certaines chaînes privées parisiennes. La meute, c’est le degré zéro de l’esprit critique. La meute, c’est la nullité, c’est la honte.

     

    Alors oui, fuyons toutes les meutes. Un exemple : Mélenchon. Dieu sait si je le combats, celui-là, mais je ne supporte pas la meute contre lui, orchestrée au plus haut niveau de la droite française la plus ultra. Elle est tout aussi détestable, cette meute contre un homme, que les meutes des Insoumis pour empêcher les opinions contraires aux leurs dans les Universités.

     

    Deux extrêmes, qui passent leur temps à surenchérir l’un contre l’autre, dans l’ordre de l’invective. Le pays de Verlaine et Debussy, de Jean-Philippe Rameau, de Racine et La Fontaine, le pays de Ravel, est tombé si bas ? Assister à l’affrontement à mort de deux meutes, enragées, endoctrinées ? Non, non et non : la France mérite mieux que ce duel d’escogriffes. Elle a d’autres lumières à offrir au monde. Elle a une autre musique à livrer à nos oreilles. A quand, le grand réveil ?

     

    Pascal Décaillet  

  • Ni Bruxelles, ni Washington !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.03.26

     

    Il va quand même falloir, sans trop tarder, recommencer à enseigner, dans les écoles, ce qu’est un pays, ce qu’est une nation. Comment ils se sont forgés, au fil de l’Histoire. La France. L’Allemagne. L’Italie. Etc. Avec toute la part de férocité, de sacrifices, de sang versé, pour être un jour reconnu comme crédible, sur une carte. Enfant, à l’école primaire, entre 1965 et 1969, là où j’étais, j’ai eu la chance immense d’avoir un enseignement de l’Histoire centré sur les batailles, les Traités, l’analyse glacée des rapports de pouvoir. Une approche cynique, lucide, ne laissant aucune place à la morale. Par exemple, la France étant à l’époque notre grand sujet d’étude, les longs siècles qu’il aura fallu au pouvoir royal, à Paris, pour s’imposer sur les grands féodaux provinciaux. A l’époque, on ne nous parlait pas droits de l’homme, ni d’ailleurs d’un quelconque droit. Mais je vous jure qu’on nous initiait à la lucidité critique la plus vive. On prenait des faits, on en analysait les causes et les conséquences. La tête froide. Un seul impératif : décrypter, comprendre. Bref, la méthode de l’historien grec Thucydide, il y a 25 siècles.

     

    La Suisse est un pays souverain. Minuscule, mais souverain. Elle doit à tout prix le demeurer. Là doit être notre but premier, le reste suit. Souveraineté, ça n’est pas repli. Au contraire, je plaide pour une ouverture, une amitié sincère et réelle avec tous les peuples du monde. La Suisse n’a pas d’ennemis, et n’a pas à en avoir, nous sommes trop petits pour nous payer ce luxe. Discutons, échangeons, commerçons, passionnons-nous pour les langues du monde, tiens celles de l’Orient compliqué par exemple. Entrons, par l’étude et l’ascèse, dans les manières de penser des autres, étudions et respectons leurs civilisations. Mais de grâce, n’entrons jamais dans un système où la Suisse devrait se subordonner à une autorité supérieure. Ni celle de Bruxelles, ni celle de Washington, ni aucune autre ! Sur ce point, nous devons être d’une radicale, d’une absolue intransigeance. La seule loi qui doit s’imposer, en Suisse, c’est la loi suisse, votée démocratiquement par le peuple, ou ses représentants. Aucune loi étrangère, aucun juge étranger, ne doit s’imposer sur sol suisse.

     

    La souveraineté. C’est son absolue nécessité qui doit être enseignée dans nos écoles, dès le primaire. Souveraineté politique. Agricole. Alimentaire. Industrielle. Médicale. Numérique. Pensez à notre totale subordination aux Etats-Unis d’Amérique, dans nos téléphones portables et nos ordinateurs. Ce sont eux qui fabriquent, eux qui programment, eux qui pensent les systèmes. Non seulement nous leur livrons nos données, mais nous sommes dépendants d’eux pour l’intendance. Ils peuvent, quand ils le veulent, couper l’alimentation, et nous rejeter dans l’âge de la pierre pré-informatique. Voilà l’une des souverainetés majeures que nous allons devoir rétablir. Il y en a pour des années. Retroussons-nous les manches. Défendons notre pays, tout simplement.

     

    Pascal Décaillet