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Liberté - Page 1582

  • Poches sous les yeux


    Edito du 7-8  -  Radio Cité  -  Lundi  01.09.08  -  07.05h

     

    Ils ont des poches sous les yeux, le regard vide, ils ont passé la moitié de la nuit sur leur ordinateur, se sont levés au dernier moment pour filer à l’école, n’ont pas pris le temps de déjeuner. Ces enfants-là, ces ados, il y en a beaucoup, il y en a trop.

    Et les profs commencent à en avoir marre. Ils aimeraient au moins pouvoir dispenser leurs cours devant des humains à peu près réveillés, des consciences capables de recevoir un message, et aussi d’en émettre. Plutôt que devant des veaux.

    A cet égard, l’idée lancée par le brillant conseiller d’Etat chargé de l’Instruction publique bernoise, Bernhard Pulver, est, à coup sûr, à creuser. Renvoyer les parents à leurs responsabilités. Le faire en toute amitié, sur la base d’un partenariat, dont les termes, davantage qu’aujourd’hui, pourraient être fixés par écrit. Ensuite, faut-il les menacer d’amendes s’ils ne viennent pas aux réunions de parents, on peut en discuter. Mais au moins leur rappeler qu’ils ont, dans le système scolaire, leur part de responsabilité.

    Car enfin, que les méthodes d’apprentissage soient globales ou classiques, que la géographie nous enseigne le climat plutôt que les capitales, que l’Histoire s’occupe des grands mouvements de fond ou des batailles et des traités, de tout cela on peut discuter. Mais une chose est sûre : l’école est en droit d’attendre des élèves qu’ils arrivent en classe réceptifs, ouverts, et pas assommés par des jeux vidéo ou des blogs nocturnes.

     

    Pascal Décaillet

  • Pléonasme de rentrée


    Edito du 7-8  -  Radio Cité  -  Vendredi 29.08.08  -  07.05h

     

    Si vous êtes prof de français, et que vos élèves vous demandent la définition du pléonasme, je vous propose de leur donner deux exemples. Imparable.

    Premier exemple : « Les paysans sont mécontents ». C’est un pléonasme. Parce que les milieux qui défendent les intérêts agricoles, par définition, sont toujours mécontents. Par essence.

    Deuxième exemple : « Les syndicats d’enseignants sont mécontents ». Pléonasme. Toujours quelque chose à redire. Nous l’allons voir, tout à l’heure, sur le coup de 07.25h, avec Olivier Baud, qui, déjà, me regarde d’un œil torve.

    Très mécontents, les syndicats, parce que Charles Beer a osé prétendre, sur une radio, qu’ils en faisaient un peu trop dans le registre de l’insatisfaction systématique, qu’ils faisaient au fond du cinéma.

    Diable. Un ministre socialiste, lui-même ancien syndicaliste (et qui n’était d’ailleurs pas très doux dans cette fonction, mais, que voulez-vous, les temps changent), ait l’incroyable arrogance d’émettre l’hypothèse que, peut-être, la prise de parole syndicale relèverait d’une posture, voilà qui déclenche déjà les hurlements.

    Certes, il y a des problèmes d’effectifs. Notamment dans le post-obligatoire. Ces problèmes justifient-ils la piqûre de rappel de l’éternel mécontentement auquel nous avons droit à toute rentrée ? Comme une sorte de rite. Peut-être pour montrer qu’on existe. Mais ça n’est qu’une hypothèse. On a bien le droit, à sept heures du matin, de s’essayer un peu, aussi, à faire du cinéma, non ?

     

    Pascal Décaillet

  • Des idées concrètes pour rêver Genève


    Edito du 7-8  -  Radio Cité  -  Jeudi 28.08.08  -   07.05h

     
    Pourquoi ce coup de gueule, hier, de ma part, au sujet des candidats à la Constituante ? Pour une raison simple : la politique est ma grande passion, la politique au sens très large, la manière dont la Cité s’organise. Et les politiciens, toutes celles, tous ceux qui s’engagent, qui prennent de leur temps, sur leurs soirées, leurs week-ends, je les admire et les respecte.

    Et, depuis bien des années, dans l’espace médiatique, toutes idées confondues, je leur donne la parole. Cette case de 07.50h, tous les matins jusqu’au 19 octobre, sur la Constituante, c’est moi qui l’ai voulue. C’est un pari, croyez-moi, difficile pour l’audience. On sait que le seul mot « Constituante » fait peur, on a l’impression d’une montagne législative, élitaire, intellectuelle, lointaine.

    Mon pari de 07.50h, c’est tout le contraire. Ne pas trop prononcer les mots-barrages, les mots de juristes, et c’est pour cela que j’ai intitulé la séquence « Rêvons Genève ». Et j’ai demandé aux différentes listes de nous déléguer elles-mêmes deux personnes chacune. Et c’est à ces deux personnes quotidiennes que je demande d’avoir des idées, que ces idées soient claires pour le public qui nous écoute, qu’elles soient exprimées de façon audible. Une idée, un angle, un minimum de rhétorique. Je ne crois pas que ça soit trop demander. Je ne demande que cela. Mais cela, je le demande.

     

    Pascal Décaillet