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Liberté - Page 15

  • Soudain la vie

     
    Sur le vif - Jeudi 06.02.25 - 22.55h
     
     
    Milieu de journée, autoroute de contournement. Stratus genevois, ce linceul de moiteur glauque, immuable depuis la Toussaint. France Musique. Sélection no 3 sur ma FM, vous savez ce vieux truc caduc dont plus personne ne veut. Émission sur le grand pianiste espagnol Ricardo Viñes, à l’occasion des 150 ans de sa naissance (5 février 1875). Et soudain, dans cette brume uniforme, humide et glaciale, les « Nuits dans les jardins d’Espagne », de Manuel de Falla. Puis, sa « Danse du feu ». Et des archives sonores de Ricardo Viñes, vieilles d’un siècle, intactes comme l’irruption d’une présence. Et soudain, l’Espagne. Et soudain, la chaleur, soudain la vie.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La grande errance sociétale

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 05.02.25

     

    En quarante ans de journalisme, j’ai toujours laissé hors de mon champ les « sujets de société ». Je m’occupe de politique (au sens le plus large, celui de la Cité, des citoyennes et citoyens), d’économie (passion croissante depuis deux décennies que je suis entrepreneur), de cohésion sociale, de culture. Et je crois bien que la ligne de fracture est là, dans la meute anti-Trump de 2016 : les « sociétaux » le haïssaient à cause de ses positions face au féminisme, par exemple, ses airs de sheriff, ou de matamore. Les « politiques » attendaient de voir. 

     

    Ça n’était pas un combat gauche-droite (Mme Clinton défendait la droite financière la plus libérale), non, c’était un chaotique malentendu entre deux approches du réel. Les « sociétaux » jugeaient l’homme, s’exaspéraient de ses excès, s’étranglaient de sa « vulgarité ». Les politiques analysaient le propos, le programme, le retour à l’isolationnisme et au protectionnisme économique, par exemple. Bref, ils voyaient plus large, plus factuellement, refusaient de s’incarcérer dans un jeu d’apparences. Ils avaient raison, quant à la démarche.

     

    C’était la forme contre le fond. Le vrai débat eût été de confronter le programme de Mme Clinton et celui de Donald Trump. L’internationalisme de l’une, le nationalisme de l’autre, par exemple. Pour cela, il faut s’intéresser au fond des choses. Mais juste dire « Il est vulgaire », c’est d’une détresse de jugement sidérante.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

       

     

  • Trump : ni meute, ni pâmoison!

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 05.02.25

     

    Vous vous souvenez quand même de la campagne électorale américaine de 2016, j’espère ! Le duel entre Donald Trump et sa rivale démocrate, Hillary Clinton. Ici, en Suisse romande, à part votre serviteur et de rarissimes autres, tous les chroniqueurs, tous les éditorialistes, toute l’officialité étaient pour elle, et contre lui. Pour ma part, je ne disais pas « Trump est génial », loin de là. Je disais juste que ses thèmes de campagne avaient davantage de chances de toucher l’Amérique profonde que ceux de Mme Clinton. Elle tenait un discours démocrate de salon très convenu, très intelligentsia de la Côte Est, très international. Lui, au contraire, parlait état des routes et des voies ferrées, vieillissement de l’industrie et des infrastructures, dérégulation migratoire sur la frontière Sud. Au final, il fut élu. Puis, battu quatre ans plus tard face à Biden, Puis, une nouvelle fois élu, en novembre 2024, face à Kamala Harris.

     

    Pendant la campagne de 2016 déjà, une chose me frappait : les opposants, sous prétexte que Trump était « vulgaire », ne parlaient que de sa personne, de ses outrances. Il s’est même trouvé une chroniqueuse romande pour ironiser sur la couleur « peroxydée » de ses cheveux ! Le degré zéro de l’analyse politique. C’est terrible, ces gens, cette ignorance des principes mêmes de la politique, qui ne voient que les personnes, et jusqu’à leur physique, et n’ont aucune capacité à parler programme, contenu, vraies préoccupations de la population, à commencer par les plus démunis. En quatre ans, le catastrophique Joe Biden a multiplié les guerres et les soutiens par dizaines de milliards aux pays en guerre, Trump n’avait mené aucune guerre dans ses quatre ans à lui, on continuait pourtant à encenser le gentil Démocrate, et vilipender l’odieux Républicain. Parce qu’il était « vulgaire ».

     

    « Vulgaire » ? Je ne m’en félicite pas. Je dirais même que Trump n’est vraiment pas le type avec qui j’aurais envie de partir en vacances. Mais enfin, soyons assez grands, assez mûrs, assez cultivés politiquement, assez ancrés dans l’ascèse de l’analyse historique, pour ne pas juger les politiques sur ce qu’ils « sont ». Mais sur ce qu’ils « font » ! Or, en termes de réussites économiques, le premier mandat de Trump avait été remarquable, il fut juste plombé par le Covid, tout autre au pouvoir en eût aussi payé le prix.

     

    Trump, depuis le 20 janvier, est à nouveau aux affaires, pour quatre ans. Réussira-t-il ? C’est strictement impossible à prévoir. Nous sommes, plus que jamais, dans un champ politique ouvert, où tout peut advenir, à commencer par le pire. Reste que la meute des anti-Trump de 2016, et 2020, se trouve aujourd’hui éclipsée par celle des pro-Trump. Je déteste la seconde autant que la première. J’ai détesté, dès 2016, la démolition gratuite et stupide du candidat Trump. Tout autant, je rejette sans appel l’actuelle pâmoison des pro-Trump en Suisse romande. Cela, pour une raison simple : nous sommes, vous et moi, des hommes et des femmes libres. Des esprits capables de juger. Alors, jugeons. Et rejetons toute meute, d’où qu’elle vienne.

     

    Pascal Décaillet