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Liberté - Page 1167

  • Deux poids, deux mesures

     

    Coup de Griffe publié dans Lausanne Cités - 08.05.13


     
    Ils se précipitent là, comme des pachydermes, avec leurs tonnes de poids balourds, pour tomber sur Micheline Calmy-Rey. Quelle grand crime a-t-elle commis, cette ancienne présidente de la Confédération ? Celui d’avoir parlé ! Elle estime que l’élection du Conseil fédéral par le peuple est une bonne chose. Et simplement, en citoyenne, le dit. Elle n’est de loin pas la seule socialiste de cet avis : le plus célèbre, en Suisse romande, est Pierre-Yves Maillard.


     
    Micheline Calmy-Rey parle, haro sur la sorcière. Mais qu’un certain Pascal Couchepin, qui occupa exactement les mêmes fonctions qu’elle, vienne s’épancher sur une page complète du Temps, accompagnée d’une interview vidéo où on ne peut pas dire que les questions aient été particulièrement insolentes, tout le monde trouve ça normal. Couchepin partout, chronique de Couchepin, coup de gueule de Couchepin, pensées de Pascal. A titre personnel, j’aime beaucoup. Mais enfin, pourquoi aurait-il plus le droit à la parole que son ancienne collègue ?


     
    Pour une raison simple : dans l’affaire de l’élection du Conseil par le peuple, il représente le courant dominant. Ceux qui, surtout, ne veulent rien changer. Le consensus des partis aujourd’hui au pouvoir, tous contre l’UDC. Alors, vous pensez, ses apparitions, elles seront toutes les bienvenues. Pendant qu’on brûlera Micheline, on encensera Pascal.


     
     
    Pascal Décaillet

     

  • Des valeurs, SVP !

     

    Commentaire publié dans GHI - 08.05.13

     

    La politique genevoise manque de valeurs. N’entendez pas, je vous prie, ce mot au sens de la morale : je me suis toujours abstenu de mêler la politique avec la morale. Non, valeurs proprement politiques : pourquoi suis-je dans tel parti, d’où vient-il, quelle est son Histoire, quels sont ses fondements philosophiques, comment a-t-il évolué ? Trop peu de politiciens, hélas, trop peu de candidats aux élections de cet automne, sont capables de répondre à ces questions. C’est grave. Rien n’est plus inquiétant que l’ignorance de soi-même, rien de plus vide que ces candidats de hasard, juste sur une liste ou dans un parti par automatismes familiaux, besoin clanique de s’agglutiner, extase grégaire : le troupeau, pour combler son incapacité à s’affirmer seul.

     

    Je ne supporte pas d’avoir face à moi un politique ne connaissant pas à fond l’Histoire de son parti. Dans son canton, au niveau fédéral, et aussi à l’échelon européen. Un PDC incapable de parler de Léon XIII, Marc Sangnier, Schuman, de Gasperi, Adenauer, Furgler, ne mérite pas d’être intégré à cette formation. Idem, un radical n’ayant jamais entendu parler, à Genève, d’un Fazy ou d’un Carteret. Un socialiste inapte à disserter sur Jaurès ou Jules Guesde, Léon Blum ou Willy Brandt. Ou Tschudi. Ou Chavanne.

     

    Il ne s’agit pas de vouloir des singes savants. Mais bien mieux que cela, justement : des gens qui aient, jusqu’au fond de leurs fibres, vibré avec la philosophie de leur parti. Un Pierre Maudet, un François Longchamp, un Jean Romain savent pourquoi ils sont radicaux. Un Reverdin, pourquoi il était libéral. Un Grégoire Carasso, un Albert Rodrik, pourquoi ils sont socialistes. Et un Fabiano Forte, trop rare parmi les siens, peut vous sortir pas mal de fondements de la démocratie chrétienne historique, idem un Dal Busco. Se connaissant soi-même, on en sera mieux armé pour affronter le concurrent. Avec respect, mais sans concession dans le choc des idéologies.

     

    J’ignore si le profil que je prône ici s’imposera cet automne. Mais c’est celui que je respecte. Il ne suffit pas d’afficher partout, en campagne, son bonheur de s’être greffé, au bon moment, sur le bon événement. Il faut donner à ses actes un sens. S’inscrire dans une vision du monde. Sinon, ce sera juste la conjuration du hasard, donc la mort du politique.

     

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Rémy brisé ! Rémy martyrisé ! Mais Rémy libéré !

     

    Sur le vif - Mercredi 08.05.13 - 17.36h

     

    A quoi ça rime, cet acharnement du Conseil d’Etat contre le Maire de la deuxième ville de Suisse ? A quoi ça rime, ces airs de grands inquisiteurs, pénétrés de leur importance, ces froncements de préfets des études, cette « procédure disciplinaire ». Contre qui ? Un fonctionnaire ? Un exécutant ? Non, contre un élu du peuple, le premier magistrat exécutif de la Ville de Genève, parfaitement légitime à ce poste où l’a porté le jeu de nos institutions.

     

    Ça rime à quoi, si ce n’est, au cœur de ce printemps pré-électoral, tenter d’affaiblir un adversaire qui commence à leur faire peur. Parce que Rémy Pagani est populaire. Il parle le langage des gens, on le comprend, il est sensible à leurs préoccupations. Populiste ? Populaire !

     

    Et puis, il y a ce mot, « révocation », on se croirait en 1685, le vocable serait censé donner la chair de poule, Tu parles ! On parie qu’il en crève d’envie, le Maire victime ? Rémy ! Rémy outragé ! Rémy brisé ! Rémy martyrisé ! Mais Rémy libéré ! Pour faire campagne.

     

     

    Pascal Décaillet