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Sur le vif - Page 399

  • Helmut Hubacher (1926-2020), un vrai socialiste des temps anciens !

     

    Sur le vif - Jeudi 20.08.20 - 09.59h

     

    Helmut Hubacher, que j'ai connu à Berne lors de mes premières années comme correspondant au Palais fédéral, était un vrai militant socialiste, au service des plus précaires de notre pays. Il avait la fibre sociale, un sens aigu des rapports de forces, et aussi, comme Président du PSS (1975-1990), un art du compromis entre partis, après des discussions dont l'âpreté était légendaire. Il n'était pas un type facile.

    Cette génération de syndicalistes, qui ont connu la guerre, construit la société suisse des Trente Glorieuses, vu naître la prospérité de notre pays (eh oui, elle est beaucoup plus récente qu'on ne l'imagine), participé à l'élaboration de nos grandes assurances sociales, côtoyé des figures immenses comme Hanspeter Tschudi (socialiste, Bâle-Ville, comme Hubacher), l'homme qui vient de nous quitter, à 94 ans, en était l'un des tout derniers représentants.

    Aujourd’hui ? Aujourd'hui, caviar ! Les élites socialistes font partie de la tranche supérieure de la classe moyenne. Elles préfèrent souvent la morale à la politique. Elles ont - à part quelques exceptions, bien sûr - perdu le sens des rapports de forces. Elles privilégient les grands discours cosmopolites à la défense des intérêts supérieurs de la Suisse, et surtout des Suisses. Elles sont coupées du peuple, coupées des plus précaires, coupées des chômeurs, des délaissés.

    Helmut Hubacher, bougon et revêche, n'était pas de ce monde-là. Il surgissait d'un univers où, à gauche, la défense du peuple et de la nation avaient encore un sens.

     

    Pascal Décaillet

  • Le Conseil d'Etat, expert en catastrophes

     

    Sur le vif - Jeudi 20.08.20 - 05.32h

     

    "Genève court à la catastrophe, si l'initiative de limitation est acceptée", croit bon d'annoncer le Conseil d'Etat genevois.

    La même catastrophe qu'après le rejet de l'EEE, le 6 décembre 1992 ?

    La même catastrophe qu'après l'acceptation de l'initiative contre l'immigration de masse, le 9 février 2014 ?

    Allons, citoyens ! Une initiative est une affaire surgie du peuple, à discuter par le peuple, à trancher par le peuple. L'avis des exécutifs du pays (Conseil fédéral, Conseils d'Etat cantonaux) n'y est d'aucune importance, d'aucun intérêt particulier. Si une initiative est née, si elle a recueilli les signatures, c'est justement parce qu'une partie du peuple est profondément mécontente de la gestion des affaires (l'immigration, par exemple) par les exécutifs. Alors évidemment que ces derniers disent non, puisqu'on remet en question leur politique.

    De surcroît, le Conseil d'Etat genevois est assez doué pour nous concocter lui-même toutes sortes de catastrophes. Pourquoi s'évertuer, en plus, à nous en prédire ?

     

    Pascal Décaillet

  • Ne cassez pas l'essentiel, M. Berset !

     

    Sur le vif - Mercredi 19.08.20 - 18.03h

     

    Désolé, M. Berset, mais le libre choix du médecin est une donnée fondamentale du système suisse de santé.

    Il est, à l'intérieur de ce système beaucoup trop complexe, bureaucratique à souhait, opaque quant au financement des Caisses, confiscatoire quant au montant hallucinant des primes, l'un des rares éléments où demeurent la confiance, le respect, la qualité si précieuse du lien entre un malade et la personne qu'il choisit pour le soigner.

    L'essentiel, quand on est malade (je pense notamment aux maladies lourdes), c'est l'intensité du lien de confiance entre un patient et son soignant. Ca passe, au-delà des spécialités, des connaissances, des options thérapeutiques des uns ou des autres, par une relation d'humain à humain.

    Luttons contre les abus, oui c'est sûr. Mais cette question essentielle, que j'évoque ici, n'a rien à faire dans une loi. Elle est du ressort de l'intimité profonde d'un choix personnel.

     

    Pascal Décaillet