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Sur le vif - Page 3

  • Jean-Luc, Evangile et Antéchrist

     
     
    Sur le vif - Jeudi 18.06.26 - 08.57h
     
     
     
    Je ne soutiens en aucune manière Mélenchon, mais il faut bien avouer que sa campagne, lancée des mois avant tous les autres, est exceptionnelle.
     
    Ce diable d’homme sillonne la France. Il est joyeux, métamorphosé par le but à atteindre. Dans ce combat, il jette toute son intelligence, son cœur, son génie oratoire. Pendant que les autres, à gauche comme à droite, en sont encore à se guetter mutuellement dans des sous-intrigues de banlieues florentines, lui se jette corps et âme dans l’action. Il est la flèche de Zénon d’Elée, « cruel Zénon » (Paul Valéry, Cimetière marin), en fusion avec la cible.
     
    Je suis toutes les campagnes depuis la présidentielle 65, de Gaulle - Mitterrand au second tour, en décembre. Nous la suivions, sur la télé noir-blanc de mes parents. Il y en eut d’excellentes (Giscard 74, Mitterrand 81 puis 88), mais aucune n’égale en intensité ce départ en pèlerinage de l’Insoumis. Il ne chemine pas vers l’Élysée : il fonce sur Chartres. Il fuse. Il vole. Il est flèche de feu, il reprend Orléans.
     
    J’ignore absolument où tout cela aboutira dans onze mois. Je suis incapable de dire qui sera le prochain Président. C’est beaucoup trop tôt. Mais une chose est certaine : voilà l’émergence d’un phénomène de l’action et du verbe, mêlés chez lui au point de se fondre l’un dans l’autre.
     
    Comprenons une chose, mes amis. Mélenchon s’appuie peut-être sur des factieux, mais il a un sens profond de la France et de la patrie. Il est, à lui-seul, une levée en masse, il est l’Armée du Rhin, il est Valmy, il est la fougue, il est l’élan.
     
    Face à lui ? À droite, des notables de province, surgis de la Restauration, de Balzac ou du Bordelais de Mauriac. À gauche, des fantômes. Un annuaire de pages blanches. C’est peu. Mais ce magma est capable, dans la panique de la campagne 2027, de réunir contre lui une majorité de bric et de broc, de trucs et de ficelles. Tout cela est beaucoup trop lointain, impossible à prévoir aujourd’hui.
     
    Quant à l’autre, il chemine. Il produit des mots, il est le feu de l’invention, de la culture historique, de la plus démoniaque perversité. Il est Jean et il est Luc, il est Évangile et Antéchrist, il est dogme et hérésie, il est le Bien sanctifié et il est le Mal absolu, il est Ciel, il est Enfer. Il est Genèse, et il est Apocalypse.
     
    Il est déjà, à lui-seul, le verbe et le sel de la campagne, il est pain et levain, il est corps et âme, il est archange et il est diable. Il est ciel et terre, en fusion un soir d’orage. Il vit. Il se bat. Il existe.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • David, Goliath

     
     
    Sur le vif - Mardi 16.06.26 - 16.41h
     
     
     
    Ne le dites pas trop fort, ça pourrait heurter le crétinisme atlantiste, et l'obédience à l'Oncle Sam qui sévissent, JUSQU'AU PLUS HAUT NIVEAU, en Suisse. Mais les faits sont là : menacée, il y a quelques mois, d'être réduite "à un retour à l'âge de la pierre", la Perse millénaire a résisté à la première puissance du monde. Ca n'est pas la victoire d'une idéologie : C'EST UNE VICTOIRE NATIONALE.
     
    De même, il y a un peu plus de cinquante ans (j'étais enfant, puis ado, je suivais cette guerre passionnément), un petit peuple de paysans pauvres, en Indochine, appelé "le Vietnam", pétri lui aussi de culture et d'Histoire millénaire, a eu raison du même impérialisme américain, qui couvrait éhontément son pays de napalm, vingt ans après avoir déjà triomphé des Français.
     
    Il y a quand même des moments, dans l'Histoire, où David sort sa fronde contre Goliath.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La trahison des clercs : un crime contre le peuple

     
     
    Sur le vif - Mardi 16.06.26 - 10.05h
     
     
    La droite libérale, responsable no 1 de l'étouffement de la Suisse, ces vingt dernières années, par une démographie galopante liée à la libre-circulation des personnes, a obtenu dimanche, avec l'appui incompréhensible de la gauche et les dizaines de millions du grand patronat, la victoire contre l'initiative UDC sur la Suisse à dix millions.
     
    Dont acte. Nous sommes démocrates. Nous acceptons les verdicts du peuple.
     
    Mais cette même droite libérale, qui N'A STRICTEMENT RIEN FAIT, ces vingt dernières années, pour conjurer la pression démographique sur le logement, les infrastructures, les transports, le système de santé, les assurances sociales, a le culot, depuis dimanche soir, de nous laisser entrevoir qu'elle a "une ou deux pistes" pour nous soulager de l'asphyxie démographique.
     
    La vérité, moi, je vais vous la dire.
     
    La vérité, c'est que la droite libérale ne fera STRICTEMENT RIEN. Elle n'a jamais rien fait dans ce sens, elle ne fait rien, elle ne fera rien.
     
    La vérité, c'est que le capitalisme financier, méthode ultra-libérale des trente dernières années (depuis la chute du Mur), méprise le monde du travail. Il méprise les ouvriers, les plus humbles, les plus modestes, les oubliés de la croissance des bilatérales. Il laisse d'innombrables patrons avides, sans scrupules, profiter éhontément de la submersion migratoire pour engager à vil prix des travailleurs venus d'autres pays. Cela s'appelle, beaucoup trop poliment, la "sous-enchère salariale".
     
    La vérité, c'est que la gauche a eu l'incroyable candeur, pour des raisons de niaiserie idéologique, de S'ALLIER AVEC CES MILIEUX-LÀ, qui lui sont totalement contraires, juste parce que l'initiative venait de l'UDC. C'est d'une bêtise abyssale. J'ai toujours respecté, dans ma vie, la gauche sociale, celle qui se bat pour la justice, les travailleurs, de meilleures conditions de vie, l'égalité des chances. Mais là, la gauche suisse s'est fourvoyée dans une alliance avec ses vrais ennemis, les pires : la droite libérale, mondialiste, financière, spéculative. Cette alliance, profondément malsaine, laissera des traces. Profondes.
     
    La vérité, c'est que le vote de dimanche signe un blanc-seing à la continuation du laxisme absolu que le système capitaliste, avec sa sanctification du "marché", laisse régner sur la question démographique. On fait venir du monde pour les sous-payer, on se contrefiche des conséquences sur la vie quotidienne des Suisses, on laisse les routes et le trafic ferroviaire étouffer, les hôpitaux s'engorger, les assurances sociales coûter de plus en plus cher, on saccage la nature en construisant n'importe où et n'importe comment, on livre notre magnifique pays aux requins de la spéculation.
     
    L'UDC, hier, a perdu sur la question ponctuelle de la Suisse à dix millions, avec en effet ce plafond arbitraire qui n'était pas une bonne idée. Mais la question démographique est plus centrale que jamais. Un jour ou l'autre, ceux qui veulent réguler les flux gagneront. Comme ils avaient gagné le 9 février 2014. On a juste tout entrepris pour ne surtout pas appliquer leur décision souveraine.
     
    La trahison des clercs est un crime contre la démocratie. Un crime contre le peuple.
     
     
    Pascal Décaillet