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Sur le vif - Page 3

  • Madame Huguette

     
    Sur le vif - Vendredi 22.05.26 - 20.21h
     
     
    La mort d’Huguette Bouchardeau, très grande dame de l’Histoire des gauches françaises, candidate au premier tour de la présidentielle en 81, conscience sociale de premier plan, intelligente, sensible, humaine, méritait davantage que huit secondes au Journal de 20h. Je dis bien : huit.
     
    Sa candidature de 1981 fut le surgissement solaire d’une solitaire, dégagée des appareils, attachée à ses valeurs. À l’époque, j’étais pour François Mitterrand, mais le cheminement et le courage de cette candidate, sa lucidité sur les choses de la vie, le sort des humbles, la condition des femmes, m’avaient impressionné.
     
    Et puis, en 1981, je n’oubliais pas que ce discours inédit, mais tellement précieux, représentait un tout petit parti qui avait été celui de la plus grande figure politique française de l’après-guerre, après de Gaulle : Pierre Mendès France. Qui vivait encore, pour quelques mois.
     
    Il faut davantage d’humains comme Madame Bouchardeau.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La Sainte Irénée des Camarades

     
     
    Sur le vif - Mercredi 20.05.26 - 11.52h
     
     
     
    Jamais tout ce gâchis, tout ce fatras, tragique et burlesque, de la FAD et de la Comédie, ne se seraient produits, si un homme comme Olivier Gurtner, intelligent, pondéré, habile, très fin politique, capable de nouer des alliances et dénouer les crises en amont, avait été Conseiller administratif, en charge de la Culture.
     
    Son parti municipal porte une responsabilité dans tout ce qui arrive. Au moment du choix interne, c'est lui qu'il aurait dû porter à la candidature.
     
    Force est de constater que la magistrate socialiste en charge de la Culture, quelles que soient ses qualités, son intelligence, ses compétences (je n'en nie aucune), peine à s'imposer politiquement.
     
    A son poste, il ne faut pas seulement connaître les dossiers, ni écouter les gens, je ne doute pas qu'elle ait ces qualités. Non, il faut, face à l'inimaginable panier de crabes de la politique en Ville de Genève, des qualités d'instinct, de ruse, de charme avec ses ennemis, bref celles d'un Manuel Tornare, madré à souhait, toujours aimable, mais redoutable marionnettiste. En un mot, il faut une connaissance un peu lucide, machiavélienne, de la nature humaine. Et pas juste la Sainte Irénée des Camarades.
     
    Il faut le reconnaître, et l'extraordinaire intervention de Michèle Roullet (un grand moment d'intelligence oratoire, de courage, de souffle dans l'ordre du verbe) l'a dit clairement hier soir, il y a un problème, dans la gestion de tout ce capharnaüm de la FAD, lié à la direction politique du Département. Non un manque de compétence. Mais un manque, criant, de savoir-faire et d'habileté politique.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Signé Pascal Décaillet

     
     
    Sur le vif - Mardi 19.05.26 - 14.05h
     
     
    Même lorsque je suis 100% d'accord avec ce qu'ils disent, je ne supporte pas les textes intitulés "Contribution collective".
     
    Un acte éditorial, une prise de position dans la Cité, toutes choses éminemment souhaitables dans notre démocratie vivante, c'est d'abord le choix des mots d'un seul homme. Ou d'une seule femme.
     
    Cet homme seul, ou cette femme seule, prend la plume seul, écrit seul, sertit son texte seul, le dit à haute voix seul, pour en tester le rythme, le souffle, l'euphonie, comme en radio.
     
    Seul, il le signe. De son nom et de son prénom. Les anonymes sont des lâches. Seul, il publie. Seul, il assume.
     
    Sans puissance de solitude, sans capacité profonde à s'isoler des modes, des groupes et des meutes, il n'existe ni courage, ni crédit.
     
    Celui qui croit bon de s'agglutiner dans l'impuissance impersonnelle et l'anonymat d'une "contribution collective", quelle confiance a-t-il en lui-même ? Quel orgueil, face au verbe, au choix des mots, à la musique de la phrase ?
     
    Surtout, ce monceau d'invisibilités individuelles, quel crédit, quelle puissance de feu, peut-il encore avoir, face au lecteur ?
     
    Je hais les contributions collectives. Mon estime pour ceux qui s'y prêtent n'est pas illimitée, vous l'aurez saisi, je pense.
     
     
    Pascal Décaillet