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Sur le vif

  • Lièvres de l'aube

     
    Sur le vif - Vendredi 15.05.26 - 22,21h
     
     
     
    J’ai connu et côtoyé Jean-Pascal Delamuraz, pendant mes années au Palais fédéral. C’est peu dire que je l’ai apprécié, le mot est trop faible.
     
    J’ai couvert, d’un bout à l’autre, toute sa campagne de 1992 en faveur de l’Espace économique européen. Il aimait la vie. Il aimait son pays. Il était de cette espèce rare, précieuse, furtive comme un lièvre de l’aube, qu’on appelle les hommes d’Etat.
     
    À partir de là, le patron du Buffet de la Gare de Lausanne fait strictement ce qu’il veut. Mais il est des murs, en ce haut lieu des fiertés solitaires et des nostalgies rentrées, qui doivent se sentir terriblement orphelins.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Léon XIII, la croissance, la Suisse à dix millions

     
     
    Sur le vif - Jeudi 14.05.26 - 23.29h
     
     
    Il faut vraiment ne rien connaître à l’Histoire de la Suisse moderne pour s’étonner du ralliement d’une part non-négligeable de la démocratie chrétienne à l’initiative sur la Suisse à dix millions.
     
    Étudiez les 43 années entre 1848 et 1891. Sept conseillers fédéraux sur sept sont radicaux. La Suisse s’industrialise à fond. Le train se développe à une vitesse vertigineuse, mais aussi la chimie, la sidérurgie, la machine-outil. Les villes croissent et accueillent l’exode rural. Les grandes banques mettent la main sur l’industrie.
     
    Les radicaux sont pour. Les catholiques conservateurs et les chrétiens sociaux sont contre. Les Ligues du Patrimoine éclosent. La protection du paysage devient un thème.
     
    1891, année folle ! En Suisse, Joseph Zemp devient le premier catholique conservateur à casser l’hégémonie radicale au Conseil fédéral. La même année, événement mondial : l’Encyclique Rerum Novarum, de Léon XIII, place l’économie au service de l’humain, condamne la spéculation financière, rappelle le rôle de la famille et du développement personnel. C’est ce texte-là, lumineux, qui sera à la source de la démocratie chrétienne au vingtième siècle.
     
    Pour moi, il est parfaitement normal que des démocrates chrétiens, famille politique dont je connais l’Histoire à fond, se rallient à une initiative pour une Suisse combattant la pure folie de la croissance non-contrôlée.
     
    Centristes suisses, ne vous laissez pas avoir par les spéculateurs, le patronat profiteur, et les quelques affairistes en costard de votre parti.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Suisse à dix millions : l'errance historique de la gauche

     
     
    Sur le vif - Jeudi 14.05.26 - 06.37h
     
     
     
    Je suis un grand admirateur de Pierre-Yves Maillard, que j’ai qualifié « Le meilleur de tous » dans un édito, il y a un quart de siècle.
     
    Mais là, sa position dans le combat du 14 juin sur la Suisse à dix millions est totalement incompréhensible. Les gauches suisses devraient soutenir ce texte.
     
    Les socialistes, pour enfin protéger les travailleurs suisses, dont les plus fragiles sont directement menacés par l’immigration massive.
     
    Les Verts, qui nous parlent à longueur d’année, à juste titre, de qualité de vie, de respect de l’environnement et de lutte contre le mitage du territoire (dans la lignée du grand Franz Weber), pour protéger notre Plateau suisse, qui n’est pas extensible à souhait.
     
    Pierre-Yves Maillard ? Il est aussi le premier syndicaliste de Suisse. Dans cette affaire, la responsabilité historique des syndicats est écrasante. Leur comportement, lamentable. Ils devraient défendre, en absolue priorité, les travailleurs suisses ! Mais vous comprenez, l’aubaine de nouveaux adhérents, issus de la submersion migratoire, par dizaines de milliers par année !
     
    Les syndicats défendent leur propre intérêt financier, pour être encore plus puissants, ils veulent engraisser leur propre machine, plutôt que défendre l’intérêt supérieur des travailleurs suisses.
     
    Dans ce combat, les leaders de la gauche suisse entraînent leurs adhérents dans le mauvais camp. Ils se font les alliés objectifs d’un grand patronat, mondialiste par cupidité, avide de gain financier et de sous-enchère salariale. Triste, lamentable alliance : les patriotes suisses s’en souviendront.
     
    Restent les militants de gauche. Il n’est pas sûr que tous partagent les slogans de leurs chefs de partis. Ils sont, comme chacun d’entre nous, des citoyens libres.
     
    Ils voteront, chacun individuellement, en conscience.
     
     
    Pascal Décaillet