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Sur le vif

  • Cuba : le blocus de la honte

     
     
     
    Sur le vif - Jeudi 23.04.26 - 16.23h
     
     
     
     
    Depuis 64 ans, le blocus américain contre Cuba est un absolu scandale. La première puissance du monde, depuis bientôt trois générations, pratique contre le peuple cubain un acte de guerre dont les premiers à souffrir sont les civils. Le blocus touche l'alimentation, les infrastructures, le matériel médical. C'est un crime, à l'égard d'une population entière.
     
    Qu'on ne vienne pas ici nous parler d'idéologie, de communisme, de "monde libre", cet insupportable mot si cher à Kennedy et à toutes les bonnes consciences américaines.
     
    En 1959, le peuple cubain a fait, contre le régime de Batista, sa Révolution. C'est la sienne. On peut la contester, vouloir le retour à l'ordre ancien, ou la chute du communisme, tout cela oui bien sûr. Mais, jusqu'à nouvel ordre, le régime en vigueur à La Havane EST L'AFFAIRE DES CUBAINS EUX-MÊMES. Elle n'est pas la nôtre. Elle n'est, en aucun cas, celle de Washington, puissance impérialiste depuis (au moins) 1945, à vrai dire déjà avant concernant Cuba, et le monde hispano-américain.
     
    Depuis Kennedy, il y a eu Johnson, Nixon, Ford, Carter, Reagan, Bush père, Clinton, Bush fils, Obama, Trump 1, Biden, Trump 2. AUCUN, je dis bien AUCUN de ces Présidents, fussent-ils des Démocrates officiellement plus ouverts ou des Républicains conservateurs, n'a mis en cause, en profondeur, le régime insupportable du blocus.
     
    Au peuple cubain, j'adresse mon amitié. Ma sympathie. Mes voeux, pour son bonheur. Quel que soit le régime que lui - ET LUI-SEUL - se choisisse.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Natacha, Nicole : un espoir pour la Comédie

     
     
     
    Sur le vif - Mercredi 22.04.26 - 15.20h
     
     
     
    Dans le contexte totalement explosif que vit, depuis des mois, la Comédie de Genève, la nomination, hier, de Natacha Buffet-Desfayes et Nicole Valiquer Grecuccio à la FAD (Fondation d'art dramatique, qui chapeaute l'institution), est une excellente nouvelle. Une lueur d'espoir, pour contribuer à sortir du bourbier.
     
    La Comédie est le lieu le plus important de l'action théâtrale à Genève. Elle mérite une gestion irréprochable, notamment de la part de son organe de tutelle, cette fameuse FAD, dont on parle tant, et qui semble à la dérive.
     
    Natacha Buffet, Nicole Valiquer : deux personnes particulièrement compétentes. Sérieuses. Bosseuses. Imaginatives. Passionnées de culture. L'une est radicale, l'autre socialiste, deux partis qui ont le sens de l'Etat, de la primauté de l'intérêt public. Oui, Genève attend beaucoup de ces deux personnes, leurs impulsions, leurs idées, pour remettre sur rails une institution qui n'aurait jamais dû dysfonctionner à ce point.
     
    Puisse la FAD redevenir une Fondation d'intérêt général, au service de tous, plutôt que l'improbable creuset de ces féodalités dont la Ville a le secret. Pour le détail, je vous renvoie à l'excellente enquête de ma consoeur Laure Lugon Zugravu, sur le site de Léman Bleu.
     
    Oh, bien sûr, deux nouvelles personnes ne suffiront pas à tout changer. Mais ces deux nominations-là vont dans le bon sens. Pour sortir un jour de la crise.
     
    L'intérêt supérieur du monde du théâtre à Genève, mais aussi et surtout celui du public amoureux de cet art majeur, si indispensable à nos vies, exige de tout entreprendre pour trouver des solutions. En clair, soutenir la création, défendre le métier théâtral, souvent si précaire, associer les indépendants qui rament et tirent la langue, restaurer la confiance, le respect mutuel.
     
    Le reste, chapelles, fiefs d'intérêts partisans, trucs et ficelles, cliques et cénacles de l'ombre, on peut, sans état d'âme, le jeter aux orties.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Toutes les versions, toutes les voix

     
     
    Sur le vif - Dimanche 19.04.26 - 10.49h
     
     
    La guerre première de Netanyahu, relayée avec un zèle de feu par sa Cinquième Colonne dans nos pays, c’est celle qui veut imposer au monde une version de l’Histoire. Une seule. Interdite à toute contradiction. Cela porte un nom : cela s’appelle un dogme.
     
    Une version, une seule, sur la légitimité historique d’Israël à occuper d’ancestraux territoires, et surtout à les augmenter, au fil des guerres.
     
    Une version, une seule, sur sa légitimité à massacrer la population de Gaza. 80.000 personnes, en deux ans.
     
    Une version, une seule, sur sa légitimité à mettre à feu et à sang le Sud du Liban, voire un jour à l’annexer.
     
    Une version, une seule, sur sa légitimité à bombarder l’Iran, en massacrer du ciel les populations civiles.
     
    Une version, une seule, sur sa légitimité à laisser les « colons », qu’elle se refuse à appeler « soudards », harceler, molester, déposséder les populations palestiniennes de Cisjordanie. Bref, les pousser à l'exil.
     
    A toutes ces versions imposées, nous, esprits libres, devons, de toutes nos forces, opposer la démarche critique, historique, linguistique : laisser venir à nous toutes les versions. Toutes les voix. À commencer par celles de ceux qui souffrent. Parce qu’on les opprime.
     
    C’est aussi simple que cela.
     
    Pascal Décaillet