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Sur le vif

  • Genève étouffe, la Suisse étouffe, et les profiteurs font la leçon aux démunis !

     
     
    Sur le vif - Dimanche 17.05.26 - 09.41h
     
     
    L’extension du tram de Ferney tourne aux cauchemar pour les automobilistes de la rive droite. Route de Ferney, bloquée depuis un an. Avenue de France, bloquée dès demain.
     
    Pour ceux qui veulent rejoindre l’autoroute de contournement, direction France, le feu, route de Lausanne, pour prendre l’avenue de la Paix, puis la route des Nations (qui est JUSTEMENT l’itinéraire officiel de déviation), reste maintenant cinq minutes au rouge ! Rien que pour emmerder.
     
    Tout cela procède d’une IDÉOLOGIE mortifère, qui entreprend toutes choses pour faciliter la vie des frontaliers, seule raison d’être de ce tram, en se montrant TOTALEMENT INDIFFÉRENT au sort des résidents genevois ! Ce sont eux, pourtant, les classes moyennes, écrasés d’impôts, qui financent ces travaux.
     
    Genève étouffe. La circulation y est devenue dantesque, nulle cohérence politique ne règne à la Mobilité, on laisse des fonctionnaires décider de chantiers, de blocages titanesques pour les Genevois, sans le moindre plan d’ensemble. Sans la moindre coordination. Sans le moindre égard pour les usagers genevois de la route, qui financent ce bordel, et n’en retirent que des bouchons supplémentaires.
     
    La classe politique laisse faire. Les bobos qui se déplacent à vélo électrique pour aller siéger au Grand Conseil se contrefoutent des braves automobilistes genevois qui ne demandent qu’à circuler dans leur ville. Le frontalier est roi, toute la Mobilité se plie en quatre pour lui faciliter la vie, alors que le manant de contribuable, le Gueux genevois, n’en peut plus des bouchons, des chantiers, des tranchées. Genève, c’est Verdun, 1916.
     
    Tout cela, parce que depuis des décennies, une clique de patrons profiteurs font venir des frontaliers pour les payer moins cher que les Suisses !
     
    Genève étouffe. La Suisse court à l’asphyxie. Le réseau routier est pourri. Le réseau ferroviaire, saturé. Les logements, introuvables en milieu urbain.
     
    Et avec ça, la droite libérale, le grand patronat, ont l’inimaginable culot de prendre de haut ceux qui envisagent de voter oui, le 14 juin, à l’initiative sur la Suisse à dix millions. Ils les traitent de ploucs. Les riches font la leçon aux pauvres ! Les profiteurs, aux oubliés de la croissance et de la prospérité. Les bobos en train et vélo électrique, aux braves Suisses qui ont besoin de leur véhicule pour aller bosser.
     
    Il y a, dans tout le scandale de l’Immobilité à Genève, comme dans le combat sur la Suisse à dix millions, un authentique conflit de classe, qui aurait passionné un Karl Marx. Arrogance des profiteurs contre les dindons de la farce.
     
    Une saisissante figure brechtienne, aussi : le patron véreux, à cigare, qui sermonne le peuple en colère. Sur une musique (géniale) de Kurt Weill.
     
    Avec, pour pimenter de ridicule ce triste vaudeville : un idiot utile. La gauche, alliée aux dominants dans le combat du 14 juin. L’armée des ploucs s’en souviendra.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Elsa, pour toujours Elvire !

     
     
    Sur le vif - Samedi 16.05.26 - 12.15h
     
     
     
    J’ai revu hier soir, sur Mezzo, le Don Giovanni du Staatsoper Berlin, très haut niveau général, des voix magnifiques, une mise en scène au service de l’œuvre musicale, sans les artifices de ces prétentieux qui veulent tirer la couverture sur le visuel, alors que l’essentiel relève de la musique, des tempéraments, des voix.
     
    Traversée d’inquiétude métaphysique, même quand elle sublime la libido la plus charnelle, la musique de Mozart, y compris, voire surtout dans l’opéra le plus apparemment licencieux, s’écoute parfaitement les yeux fermés.
     
    Tous sont bons, Don Giovanni et Leporello, Zerlina, Donna Anna. Don Ottavio nous tire les larmes, au moment du « Il mio tesoro ».
     
    Mais surtout, Elvire ! Personnage majeur, central, figure de l’irruption, de la transgression, Mozart a construit les exigences vocales de son rôle autour de cette urgence à chacune de ses apparitions. Moins solennelle que Donna Anna, plus cinglée, elle surgit, déroute, ouvre des chemins de traverse, nous laisse perdus, haletants, illuminés par une musique de rêve, l’une des plus belles jamais composées. Comme dans les Noces.
     
    Elvire, c’est Elsa Dreisig. Au sommet de son art. Sa voix : puissante et fragile, incendiaire, lumineuse. Chacune de ses interventions, y compris en trio avec Don Giovanni et Leporello, est un moment d’exception.
     
    La musique de Mozart est un miracle. Elsa, pardon Elvire, Elsa donc Elvire, Elsa pour toujours Elvire, est à la hauteur de ce miracle.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Lièvres de l'aube

     
    Sur le vif - Vendredi 15.05.26 - 22,21h
     
     
     
    J’ai connu et côtoyé Jean-Pascal Delamuraz, pendant mes années au Palais fédéral. C’est peu dire que je l’ai apprécié, le mot est trop faible.
     
    J’ai couvert, d’un bout à l’autre, toute sa campagne de 1992 en faveur de l’Espace économique européen. Il aimait la vie. Il aimait son pays. Il était de cette espèce rare, précieuse, furtive comme un lièvre de l’aube, qu’on appelle les hommes d’Etat.
     
    À partir de là, le patron du Buffet de la Gare de Lausanne fait strictement ce qu’il veut. Mais il est des murs, en ce haut lieu des fiertés solitaires et des nostalgies rentrées, qui doivent se sentir terriblement orphelins.
     
     
    Pascal Décaillet