Sur le vif - Mercredi 22.04.26 - 15.20h
Dans le contexte totalement explosif que vit, depuis des mois, la Comédie de Genève, la nomination, hier, de Natacha Buffet-Desfayes et Nicole Valiquer Grecuccio à la FAD (Fondation d'art dramatique, qui chapeaute l'institution), est une excellente nouvelle. Une lueur d'espoir, pour contribuer à sortir du bourbier.
La Comédie est le lieu le plus important de l'action théâtrale à Genève. Elle mérite une gestion irréprochable, notamment de la part de son organe de tutelle, cette fameuse FAD, dont on parle tant, et qui semble à la dérive.
Natacha Buffet, Nicole Valiquer : deux personnes particulièrement compétentes. Sérieuses. Bosseuses. Imaginatives. Passionnées de culture. L'une est radicale, l'autre socialiste, deux partis qui ont le sens de l'Etat, de la primauté de l'intérêt public. Oui, Genève attend beaucoup de ces deux personnes, leurs impulsions, leurs idées, pour remettre sur rails une institution qui n'aurait jamais dû dysfonctionner à ce point.
Puisse la FAD redevenir une Fondation d'intérêt général, au service de tous, plutôt que l'improbable creuset de ces féodalités dont la Ville a le secret. Pour le détail, je vous renvoie à l'excellente enquête de ma consoeur Laure Lugon Zugravu, sur le site de Léman Bleu.
Oh, bien sûr, deux nouvelles personnes ne suffiront pas à tout changer. Mais ces deux nominations-là vont dans le bon sens. Pour sortir un jour de la crise.
L'intérêt supérieur du monde du théâtre à Genève, mais aussi et surtout celui du public amoureux de cet art majeur, si indispensable à nos vies, exige de tout entreprendre pour trouver des solutions. En clair, soutenir la création, défendre le métier théâtral, souvent si précaire, associer les indépendants qui rament et tirent la langue, restaurer la confiance, le respect mutuel.
Le reste, chapelles, fiefs d'intérêts partisans, trucs et ficelles, cliques et cénacles de l'ombre, on peut, sans état d'âme, le jeter aux orties.
Pascal Décaillet