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Sur le vif

  • La Sainte Irénée des Camarades

     
     
    Sur le vif - Mercredi 20.05.26 - 11.52h
     
     
     
    Jamais tout ce gâchis, tout ce fatras, tragique et burlesque, de la FAD et de la Comédie, ne se seraient produits, si un homme comme Olivier Gurtner, intelligent, pondéré, habile, très fin politique, capable de nouer des alliances et dénouer les crises en amont, avait été Conseiller administratif, en charge de la Culture.
     
    Son parti municipal porte une responsabilité dans tout ce qui arrive. Au moment du choix interne, c'est lui qu'il aurait dû porter à la candidature.
     
    Force est de constater que la magistrate socialiste en charge de la Culture, quelles que soient ses qualités, son intelligence, ses compétences (je n'en nie aucune), peine à s'imposer politiquement.
     
    A son poste, il ne faut pas seulement connaître les dossiers, ni écouter les gens, je ne doute pas qu'elle ait ces qualités. Non, il faut, face à l'inimaginable panier de crabes de la politique en Ville de Genève, des qualités d'instinct, de ruse, de charme avec ses ennemis, bref celles d'un Manuel Tornare, madré à souhait, toujours aimable, mais redoutable marionnettiste. En un mot, il faut une connaissance un peu lucide, machiavélienne, de la nature humaine. Et pas juste la Sainte Irénée des Camarades.
     
    Il faut le reconnaître, et l'extraordinaire intervention de Michèle Roullet (un grand moment d'intelligence oratoire, de courage, de souffle dans l'ordre du verbe) l'a dit clairement hier soir, il y a un problème, dans la gestion de tout ce capharnaüm de la FAD, lié à la direction politique du Département. Non un manque de compétence. Mais un manque, criant, de savoir-faire et d'habileté politique.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Signé Pascal Décaillet

     
     
    Sur le vif - Mardi 19.05.26 - 14.05h
     
     
    Même lorsque je suis 100% d'accord avec ce qu'ils disent, je ne supporte pas les textes intitulés "Contribution collective".
     
    Un acte éditorial, une prise de position dans la Cité, toutes choses éminemment souhaitables dans notre démocratie vivante, c'est d'abord le choix des mots d'un seul homme. Ou d'une seule femme.
     
    Cet homme seul, ou cette femme seule, prend la plume seul, écrit seul, sertit son texte seul, le dit à haute voix seul, pour en tester le rythme, le souffle, l'euphonie, comme en radio.
     
    Seul, il le signe. De son nom et de son prénom. Les anonymes sont des lâches. Seul, il publie. Seul, il assume.
     
    Sans puissance de solitude, sans capacité profonde à s'isoler des modes, des groupes et des meutes, il n'existe ni courage, ni crédit.
     
    Celui qui croit bon de s'agglutiner dans l'impuissance impersonnelle et l'anonymat d'une "contribution collective", quelle confiance a-t-il en lui-même ? Quel orgueil, face au verbe, au choix des mots, à la musique de la phrase ?
     
    Surtout, ce monceau d'invisibilités individuelles, quel crédit, quelle puissance de feu, peut-il encore avoir, face au lecteur ?
     
    Je hais les contributions collectives. Mon estime pour ceux qui s'y prêtent n'est pas illimitée, vous l'aurez saisi, je pense.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Ah, la belle campagne !

     
     
    Sur le vif - Mardi 19.05.26 - 07.46h
     
     
    La Suisse à dix millions : surréaliste conflit de classe, où le nanti nargue le démuni, l’actionnaire méprise le travailleur suisse, le profiteur de la croissance vilipende l’oublié de la prospérité, la caste parlementaire laisse tomber le peuple, la gauche s’allie au patronat ultra-libéral, les sommes colossales jetées dans la campagne par les opposants déversent sur le pays le venin sanctifié de la propagande.
     
    Ah, la belle campagne ! Brechtienne à souhait, avec le patron à cigare qui tente d’embobiner le prolo en bleu de travail, en contorsionnant le sens des mots. Ou digne d’Ibsen, l’Ennemi du peuple, avec un singulier coryphée qui ne cesse de réclamer sa foule de la « majorité qualifiée ».
     
    Brecht ? Ibsen ? Non, Shakespeare ! Jules César. Le discours de Marc-Antoine, sommet du retournement du sens, où l’orateur, tout en disant le plus grand bien de Brutus et Cassius, les désigne à la vindicte montante de la plèbe comme assassins de César.
     
    Décrypter la politique, c’est aussi se passionner pour les mots, les figures du discours, l’art d’habiter le mensonge, avec des oripeaux de vérité.
     
    Le peuple, le 14 juin, jugera.
     
     
    Pascal Décaillet