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Sur le vif

  • Ultra-libéraux, l'Histoire est désormais contre vous !

     
     
    Sur le vif - Lundi 18.05.26 - 13.26h
     
     
    13.26h - Chaque intervention d'un patron des patrons, d'un libéral européiste, d'un lobbyiste des milieux financiers, apporte des voix aux partisans de l'initiative du 14 juin, pour la Suisse à dix millions.
     
    Pourquoi ? Pour une raison simple : ce front, toujours exactement le même, toujours recommencé depuis des décennies, pour la libre-circulation sans entraves, contre toute régulation des flux migratoires, ces défenseurs de l'ultra-libéralisme né de la chute du Mur, leur voix ne porte plus. Elle n'arrivera bientôt plus à constituer une majorité en Suisse.
     
    Cette inversion de tendance, historique, commencera-t-elle le 14 juin, ou faudra-t-il attendre encore un peu ? Je n'en sais rien. Mais une chose est sûre : le curseur, sans tarder, va basculer. Pour la majorité de Suisses qui avaient accepté, le 9 février 2014, l'initiative contre l'immigration de masse, un jour ou l'autre, sans doute un jour assez proche, l'heure de la revanche sonnera.
     
    La vérité, c'est que la Suisse étouffe.
     
    La vérité, c'est que cette asphyxie a été créée par les flux migratoires massifs engendrés, depuis un quart de siècle, par les bilatérales, et la libre-circulation.
     
    La vérité, c'est que nos infrastructures ne suivent plus. Ni routières, ni ferroviaires.
     
    La vérité, c'est qu'il est devenu impossible de trouver un logement abordable en milieu urbain. A Genève, nous en savons quelque chose.
     
    La vérité, c'est qu'un certain patronat profiteur, avide de gains faciles, engage, depuis un quart de siècle, des personnes issues de l'immigration, et pratique une sous-enchère condamnable.
     
    Le vérité, c'est que cet ultra-libéralisme, tueur d'Etat, tueur de lien social, tueur de cohésion entre les Suisses, valet des actionnaires, méprisant pour l'ouvrier, le paysan, l'artisan, plus personne, bientôt, n'en voudra.
     
    Nous arrivons à la fin d'un cycle, né de la chute du Mur, et de la prétendue "victoire définitive du capitalisme", à laquelle, pour ma part, je n'ai jamais cru une seconde. Pas plus, d'ailleurs, que je ne l'ai souhaitée.
     
    Au plus fort des années d'arrogance ultra-libérale, je plaidais, parfois très seul dans le paysage éditorial romand, pour l'Etat, la cohésion sociale, le respect des plus humbles, la défense des paysans, de notre industrie. Je plaidais contre les délocalisations, contre la financiarisation de l'économie. Contre le capitalisme de casino. Pour les frontières, afin de protéger les travailleurs suisses de la submersion migratoire.
     
    La vérité, c'est que les Suisses en ont marre. Ils ne sont absolument pas xénophobes, il n'a jamais été question de cela, jamais question de juger l'étranger ontologiquement, en tant que tel. Une telle attitude serait, en tout cas, totalement contraire à toutes mes convictions, spirituelles, humanistes. Je tiens tout humain, sur cette terre, pour absolument égal à un autre. Mais les Suisses veulent, comme le 9 février 2014, une RÉGULATION DES FLUX MIGRATOIRES. C'est si difficile à comprendre ?
     
    Patrons des patrons, parlementaires bourgeois en costard au service de la grande finance, lobbyistes, prenez vous plumes, écrivez tant que vous voulez dans des pages de journaux que vous achetez, faites votre campagne, chacun est libre.
     
    Mais vos arguments, bientôt, ne porteront plus. Le libéralisme sans-frontières, depuis 37 ans, a fait beaucoup trop de mal. Les Suisses aspirent doucement à un autre modèle. Avec un Etat qui joue son rôle. Des services publics forts. Une immigration drastiquement contrôlée, et surtout choisie par nous. Une agriculture et une industrie suisses, protégées. Une santé publique organisée autour de l'intérêt général, et non du profit financier de Caisses privées.
     
    Le grand basculement arrivera-t-il le 14 juin, ou quelques mois, quelques années plus tard, nous verrons bien. Ultra-libéraux, le mouvement est lancé. L'Histoire est désormais contre vous.
     
     
    Pascal Décaillet
     
     
     
     

  • Genève étouffe, la Suisse étouffe, et les profiteurs font la leçon aux démunis !

     
     
    Sur le vif - Dimanche 17.05.26 - 09.41h
     
     
    L’extension du tram de Ferney tourne aux cauchemar pour les automobilistes de la rive droite. Route de Ferney, bloquée depuis un an. Avenue de France, bloquée dès demain.
     
    Pour ceux qui veulent rejoindre l’autoroute de contournement, direction France, le feu, route de Lausanne, pour prendre l’avenue de la Paix, puis la route des Nations (qui est JUSTEMENT l’itinéraire officiel de déviation), reste maintenant cinq minutes au rouge ! Rien que pour emmerder.
     
    Tout cela procède d’une IDÉOLOGIE mortifère, qui entreprend toutes choses pour faciliter la vie des frontaliers, seule raison d’être de ce tram, en se montrant TOTALEMENT INDIFFÉRENT au sort des résidents genevois ! Ce sont eux, pourtant, les classes moyennes, écrasés d’impôts, qui financent ces travaux.
     
    Genève étouffe. La circulation y est devenue dantesque, nulle cohérence politique ne règne à la Mobilité, on laisse des fonctionnaires décider de chantiers, de blocages titanesques pour les Genevois, sans le moindre plan d’ensemble. Sans la moindre coordination. Sans le moindre égard pour les usagers genevois de la route, qui financent ce bordel, et n’en retirent que des bouchons supplémentaires.
     
    La classe politique laisse faire. Les bobos qui se déplacent à vélo électrique pour aller siéger au Grand Conseil se contrefoutent des braves automobilistes genevois qui ne demandent qu’à circuler dans leur ville. Le frontalier est roi, toute la Mobilité se plie en quatre pour lui faciliter la vie, alors que le manant de contribuable, le Gueux genevois, n’en peut plus des bouchons, des chantiers, des tranchées. Genève, c’est Verdun, 1916.
     
    Tout cela, parce que depuis des décennies, une clique de patrons profiteurs font venir des frontaliers pour les payer moins cher que les Suisses !
     
    Genève étouffe. La Suisse court à l’asphyxie. Le réseau routier est pourri. Le réseau ferroviaire, saturé. Les logements, introuvables en milieu urbain.
     
    Et avec ça, la droite libérale, le grand patronat, ont l’inimaginable culot de prendre de haut ceux qui envisagent de voter oui, le 14 juin, à l’initiative sur la Suisse à dix millions. Ils les traitent de ploucs. Les riches font la leçon aux pauvres ! Les profiteurs, aux oubliés de la croissance et de la prospérité. Les bobos en train et vélo électrique, aux braves Suisses qui ont besoin de leur véhicule pour aller bosser.
     
    Il y a, dans tout le scandale de l’Immobilité à Genève, comme dans le combat sur la Suisse à dix millions, un authentique conflit de classe, qui aurait passionné un Karl Marx. Arrogance des profiteurs contre les dindons de la farce.
     
    Une saisissante figure brechtienne, aussi : le patron véreux, à cigare, qui sermonne le peuple en colère. Sur une musique (géniale) de Kurt Weill.
     
    Avec, pour pimenter de ridicule ce triste vaudeville : un idiot utile. La gauche, alliée aux dominants dans le combat du 14 juin. L’armée des ploucs s’en souviendra.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Elsa, pour toujours Elvire !

     
     
    Sur le vif - Samedi 16.05.26 - 12.15h
     
     
     
    J’ai revu hier soir, sur Mezzo, le Don Giovanni du Staatsoper Berlin, très haut niveau général, des voix magnifiques, une mise en scène au service de l’œuvre musicale, sans les artifices de ces prétentieux qui veulent tirer la couverture sur le visuel, alors que l’essentiel relève de la musique, des tempéraments, des voix.
     
    Traversée d’inquiétude métaphysique, même quand elle sublime la libido la plus charnelle, la musique de Mozart, y compris, voire surtout dans l’opéra le plus apparemment licencieux, s’écoute parfaitement les yeux fermés.
     
    Tous sont bons, Don Giovanni et Leporello, Zerlina, Donna Anna. Don Ottavio nous tire les larmes, au moment du « Il mio tesoro ».
     
    Mais surtout, Elvire ! Personnage majeur, central, figure de l’irruption, de la transgression, Mozart a construit les exigences vocales de son rôle autour de cette urgence à chacune de ses apparitions. Moins solennelle que Donna Anna, plus cinglée, elle surgit, déroute, ouvre des chemins de traverse, nous laisse perdus, haletants, illuminés par une musique de rêve, l’une des plus belles jamais composées. Comme dans les Noces.
     
    Elvire, c’est Elsa Dreisig. Au sommet de son art. Sa voix : puissante et fragile, incendiaire, lumineuse. Chacune de ses interventions, y compris en trio avec Don Giovanni et Leporello, est un moment d’exception.
     
    La musique de Mozart est un miracle. Elsa, pardon Elvire, Elsa donc Elvire, Elsa pour toujours Elvire, est à la hauteur de ce miracle.
     
     
    Pascal Décaillet