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Sur le vif - Page 2

  • L'autre 4 novembre

     
     
    Sur le vif - Mercredi 04.11.26 - 15.44h
     
     
    Il y a, jour pour jour, 31 ans, le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien en exercice, était assassiné. Je me souviens, comme si c'était hier, de ce jour de deuil. Le monde perdait un homme de paix. Au même titre, à mes yeux, que l'Allemand Willy Brandt, le plus grand Chancelier allemand de l'après-guerre, qui s'était agenouillé devant le Monument aux morts du Ghetto de Varsovie, le 7 décembre 1970.
     
    Toute ma vie, j'ai admiré des hommes de guerre. Mais, plus encore, ceux qui arrivent, comme Henri de Navarre, devenu Henri IV, à jeter des ponts. La puissance du destin de Rabin, c'est qu'avant de devenir un homme de paix, il avait été un homme de guerre, de tout premier plan. Henri de Navarre aussi, avant d'être le réconciliateur d'une France en lambeaux, avait été un chef de clan. L'un et l'autre ont réussi à dépasser le clan pour devenir, au sens le plus fort, des hommes d’État.
     
    Pour ceux qui connaissent l'Histoire du Proche-Orient, l'effort diplomatique, immense et périlleux à l'interne, de Rabin pour tendre un jour la main à Arafat, en présence de Bill Clinton, s'inscrit dans une décennie des années 90 qui fut, entre 1948 et aujourd'hui, l'une des rares lueurs d'espoir.
     
    Rabin est mort sous le coup d'un ultra qui ne lui pardonnait pas d'avoir tendu la main à l'ennemi. A peu près les griefs de Ravaillac à l'endroit du Roi Henri.
     
    Les années 90, c'étaient celles des Accords d'Oslo. La suite, on la connaît. Tout a dégénéré. Des deux côtés, les ultras ont pris le pouvoir. Le sang s'est remis à couler. Ceux qui, comme moi, souhaitent le double bonheur, côte-à-côte, des peuples d'Israël et de Palestine, savent qu'on n'en a jamais été aussi loin. J'en parlais encore mercredi dernier, en direct dans GAC, avec Philippe Lazzarini, l'ancien Commissaire général de l'UNWRA.
     
    En ce 4 novembre, je pense à Yitzhak Rabin. Je pense à mes voyages en cet Orient compliqué, qui nous est si cher. Je pense à Willy Brandt. Je pense à Henri de Navarre. Je pense aux hommes de guerre, devenus des hommes de paix. La plus belle des victoires, parce qu'on la remporte sur soi-même.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Je pense à vous, Pier Paolo

     
     
    Sur le vif - Mardi 03.11.26 - 08.43h
     
     
    Il y a 51 ans et un jour, le 2 novembre 1975, j’étais à quelques mois de ma Maturité, je revois cette scène au journal télévisé, le corps d’un homme sans vie, retrouvé sur la plage d’Ostie, près de Rome. Crime crapuleux ? On n’a jamais su. Ce gisant, le Jour des Morts, s’appelait Pier Paolo Pasolini. J’ai vu ses films, certains maintes fois. J’ai lu ses poèmes. J’ai étudié son parcours communiste. J’ai aimé cet homme.
     
    Pasolini est un homme complexe, nous le sommes tous. Dans son œuvre, cinématographique ou poétique, il laisse poindre, avec un génie puissant, mais toujours retenu, des parts, des éclats disparates, de vérité sur sa personne. À nous, spectateurs, lecteurs, d’assembler les pièces du puzzle. Ou non. La part de ruine, jetée là, est si souvent plus saisissante que la reconstitution intellectuelle de l’ensemble.
     
    Je vous invite à vivre avec Pasolini. Surtout, ne vous précipitez pas, la gloutonnerie ne mène à rien. Savourez. Commencez où vous voulez. Moi, j’avais débuté, très jeune, par Il Vangelo secondo Matteo, l’Evangile selon Mathieu. Et puis, grâce à Rui Nogueira, j’ai tout vu. Lisez absolument ses poèmes. Lentement, à haute voix, en italien bien sûr. Il existe d’excellentes éditions bilingues.
     
    Et puis, plus tard peut-être, lisez ses écrits de jeunesse, dans les revues d’étudiants, sous le fascisme. Cheminez avec lui vers le communisme, pas n’importe lequel, celui des Italiens ! L’un des plus élaborés, dans les décennies d’après-guerre, en Europe occidentale. Le communisme d’Enrico Berlinguer.
     
    Et moi, je pense et repense à cet homme, Pasolini, hanté d’imagerie chrétienne, de peinture italienne, de langue italienne, de tragédie grecque, ami magnifique de Maria Callas, qui fut sa Médée.
     
    Pasolini, paradoxe de tradition et de révolution, allant jusqu’à les fusionner, génie du cinéma, magicien des mots. Je pense à vous, Pier Paolo.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Céline, Lisa, je vous soutiens !

     
     
    Sur le vif - Lundi 02.11.26 - 14,14h
     
     
    Hier, j'ai défendu Céline Amaudruz, par quelques lignes qui semblent avoir quelque peu égayé la République. Aujourd'hui, je défends Lisa Mazzone.
     
    L'une et l'autre, je les ai vues naître à la politique. Je leur ai donné la parole dès leurs tout premiers pas.
     
    J'ai toujours défendu Céline Amaudruz, depuis les premiers jours de son parcours, son droit à faire de la politique. Et, aujourd'hui, après quinze ans à Berne, sa légitimité à se présenter au Conseil fédéral. Je suis d'accord avec elle sur la souveraineté, mais je suis protectionniste, et elle est libérale. Mais je la soutiens, parce qu'elle a le format.
     
    J'ai toujours défendu Lisa Mazzone, depuis le tout début de sa carrière, à Genève. Elle est à des années-lumière de mon positionnement politique (encore que je sois très attaché à la protection de l'environnement). Mais je défends totalement son droit à faire de la politique, vouloir reconquérir son siège à Berne, défendre ses idées. Cela s'appelle la démocratie.
     
    Céline Amaudruz, je la défends contre la gigantesque campagne de presse lancée de Zurich contre elle.
     
    Lisa Mazzone, je la défends contre les insupportables attaques sur sa personne. Il y a tout, dans cette opprobre goguenarde : un style corps de garde du pire goût, du machisme à l'ultime degré, en un mot une vulgarité indigne du débat politique suisse.
     
    Alors voilà, Céline Amaudruz est parfaitement légitimée à se présenter au Conseil fédéral. Lisa Mazzone, à tenter le National et les États. Soutenons-les, ou attaquons-les. Mais de grâce, sur des idées. Pas sur les personnes.
     
     
    Pascal Décaillet