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Sur le vif - Page 2

  • La loi du plus fort

     
     
    Sur le vif - Mercredi 23.09.26 - 06.47h
     
     
    Nuit du 2 au 3 janvier 2026. Un commando de soudards yankees pénètre illégalement dans un pays souverain, extorque le Président en exercice de la République bolivarienne du Venezuela, l’envoie croupir, contre toute loi, dans une geôle américaine. Le shérif ubuesque de la Maison Blanche triomphe. Il n’y a plus ni loi, sauf celle du plus fort, ni règle.
     
    Quelques mois plus tard, Benjamin Netanyahu, responsable direct de la destruction totale de Gaza et de quelque 80.000 morts palestiniens, recherché par la justice internationale, est attendu à New York. Tapis rouge !
     
    C’est tout. Je n’ai rien d’autre à dire. Je pose ici le paradoxe.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Vingt ans après, Ségolène !

     
     
    Sur le vif - Mardi 22.09.26 . 09.56h
     
     
    Ségolène Royal, dont la campagne de 2007 avait été éblouissante, avant de se fracasser au second tour contre l’orléaniste Sarkozy, qui a dégradé la fonction présidentielle comme nul autre, est une personnalité profondément française. Elle respire la France.
     
    Pas l’Ukraine. Pas « l’Europe ». La France !
     
    Je n’analyse pas ici son degré exact de sociale-démocratie, par rapport à ses innombrables concurrents du même camp. Mais sa personne. Ségolène incarne la France. La France profonde. La vieille France, traditionnelle, rurale, celle du terroir, des collectivités locales, des clochers, des processions. La France que François Mitterrand, plus charnel (au sens de Péguy) que cérébral dans son rapport au pays, avait si bien comprise.
     
    Bref, tout ce qu’il faut pour être détestée par la cohorte caviardée des européistes, des mondialistes, de son propre parti, ceux pour qui la dilution de la nation dans un conglomérat supérieur, un Saint-Empire européen, ne semble poser aucun problème.
     
    En 2007, Ségolène, c’était la France. Sarkozy, c’était l’arrogance affairiste.
     
    Alors, a-t-elle la moindre chance ? A la primaire des camarades, elle va se faire laminer. Le Tout-Paris de l’esturgeon roule pour le stagiaire. Son ex-mari, redoutable d’intelligence tactique, guette en embuscade. L’éternelle rivalité de ces Dupondt ne manque ni de saveur, ni de piquant.
     
    Nous verrons. Mais pour l’heure, rien que la voir fait du bien. Il y a vingt ans, en 2007, dans un édito, je l’avais appelée « la Madone des gradins ».
     
    Sa candidature, inattendue, surgissante, passablement cinglée, détestée à l’interne par les mornes apparatchiks, décoiffe. Et ça fait du bien.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Au bord du précipice, le Dormeur du Val

     
     
    Sur le vif - Lundi 21.09.26 - 14.40h
     
     
     
    Les petits dîners en ville. Rive gauche. Quartier latin. Entre quelques éditorialistes de tendance sociale-démocrate, et quelques politiques de la gauche caviar. Le but : faire passer Glucksmann, alias le Dormeur du Val. A tout prix. Le rempart, contre la bête immonde, celle de LFI ou celle du RN.
     
    Maçonnerie ? Société secrète ? Shadow cabinet ? Ne cherchons pas si loin. Sans doute n'existe-t-il même aucun plan préalable, formalisé. Nous ne sommes pas dans un complot. Jean Daniel et Françoise Giroud, dans l'Express, il y a sept décennies, soutenaient à mort Pierre Mendès France, inoubliable Président du Conseil de juin 54 à février 55. Ils avaient du goût, du jugement : Mendès, c'est, de loin, la plus pure figure d'intelligence et d'Etat de la Quatrième République. Ils le soutenaient, et ils avaient raison.
     
    Mais Glucksmann ! L'amateur qui fait la leçon aux professionnels. Car oui, la politique est un métier. Il a ses règles, ses rudes lois de la guerre. Il ne suffit pas de débouler, dire vingt fois "Ukraine", quinze fois "Bruxelles", et dix fois "faire de la politique autrement", pour sceller avec le peuple de France un contrat de confiance. Il y faut autre chose.
     
    Mais enfin, Glucksmann tente sa chance, il en a parfaitement le droit. C'est même courageux. Mais ce tournoiement doré d'éphémères et de volatiles qui gravitent autour de sa candidature ! Ségolène Royal, on la boycotte. François Hollande, on la ramène pour la millième fois avec son histoire de scooter, mais Glucksmann, on l'encense, on l'invite, on le met en couverture. Il est le candidat de la presse mainstream. Pas seulement dans le camp social-démocrate, mais dans l'absolu ! Le seul, on se demande bien pourquoi, qui serait de taille à terrasser Mélenchon ou Marine Le Pen.
     
    C'est un peu court. Glucksmann, c'est le candidat des européistes et des mondialistes, le candidat de la nation oubliée au profit des toiles multinationales, le candidat de Sirius, arraché à tout terroir, tout tellurisme, toute puissance d'attraction et d'enracinement. Le candidat des zombies.
     
    Mais les dîneurs en ville n'en ont cure. Ils ont juste besoin d'un candidat pour détourner les Français de toute Révolution radicale, de gauche comme de droite. Un candidat pour maintenir la sujétion de la France à Bruxelles, mais aussi à Washington. Un candidat pour sauvegarder les acquis de décennies de sortants, de gauche comme de droite, qui ont conduit la France à sa situation actuelle. Au bord du précipice.
     
     
    Pascal Décaillet