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Sur le vif - Page 2

  • L'amateur, le professionnel

     
     
    Sur le vif - Lundi 24.08.26 - 15.48h
     
     
    Le contraste, hier dimanche, était saisissant.
     
    D'un côté, sur les bords de l'Isère, par un temps magnifique, avec même un petit vent pour soulever les mèches rebelles, le tour de force de Mélenchon.
     
    Un formidable septuagénaire, diabolique à souhait, fend la foule de ses militants tout acquis à sa cause, il monte à la tribune, il nous décoche un discours un peu trop long, mais incroyablement riche de contenu, plein de vie et de fougue, servi par un orateur qui a tout compris de la musique des phrases, du rythme, des césures, des silences malicieusement préparés. Un artiste de la langue.
     
    L'homme est redoutable. Il est joueur, séducteur, cabotin à l'extrême. Mais le discours est construit, il a une progression interne, on commence par démolir la Macronie, et puis on arrive avec un programme de présidence, un vrai, pensé, articulé, révolutionnaire. On partage ou non, mais c'est du solide. Un mot-clef, comme Mitterrand à Épinay-sur-Seine en juin 71 : la rupture.
     
    Mieux : le chef a pris soin de disposer autour de lui, sur l'autel de sa liturgie, comme des officiants sages et muets, tout son état-major : Panot, Aubry, Bompard, Bagayoko, et tous les autres. Le signal est clair, et là aussi ça rappelle Mitterrand l'année 1980, précédant son élection : les équipes sont formées. Les enfants de choeur, ce sont les futurs ministres. Il y a, dans toute cette mise en scène, du concept, de la structure, et surtout une formidable volonté collective de casser la baraque.
     
    Quelques heures plus tard, TF1, Journal de 20h. La catastrophique prestation de Raphaël Glucksmann. Un homme, surgi de Sirius, nous débite un monologue appris par coeur. Face au journaliste, il ne dialogue pas. Il commet l'immense erreur de s'adresser directement au public, craignant toute interaction qui exigerait quelque fulgurance de répartie. L'homme a peur, et le montre. Un moment de glace purement cérébrale, sans charisme, sans âme. L'impétrant est persuadé qu'il battra la France insoumise au premier tour, puis qu'il sera élu au second. Le public, éberlué pas ce soliloque ubuesque, a quelques raisons d'en douter. Nous verrons bien.
     
    C'était un dimanche bien singulier. Le soir, dans la lumière artificielle d'un studio parisien, les divagations d'un déraciné. Quelques heures plus tôt, au bord de cette eau que nous aimons tant et qui nous a tant manqué en cet été caniculaire, dans un coin charmant de la France profonde, le tour de force d'un très grand professionnel.
     
    La politique peut souffrir toutes sortes d'hommes, à gauche, à droite, d'un peu partout. Il y a juste une catégorie qu'elle rejette, sans appel : les amateurs.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Dissidences imaginaires

     
     
    Sur le vif - Samedi 22.08.26 - 19.44h
     
     
     
    La RTS veut absolument nous faire croire à l’existence d’une forte dissidence UDC pour refuser l’initiative sur la neutralité.
     
    C’est sympathique et rafraîchissant. Mais les faits sont têtus : à l’Assemblée des délégués, aujourd’hui, unanimité POUR, une abstention.
     
    La RTS s’intéresse aux partis divisés ? Si ses reportages sur le climat et les questions de société lui en laissent encore le temps et les forces, elle pourrait peut-être s’intéresser à la proportion d’adhérents PLR qui, eux, ACCEPTENT l’initiative.
     
    Mais je n’ai nul conseil à lui donner. Je débute dans le métier. Et j’adore apprendre.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Président SSR : portrait-robot

     
     
    Sur le vif - Jeudi 20.08.26
     
     
    Rêvons. Un Président de la SSR qui soit entrepreneur, connaisse à fond l'audiovisuel et les médias, incarne jusqu'au bout des ongles l'énergie et l'esprit de production, sache FAIRE lui-même, plutôt que pérorer dans les nuages. Soit profondément attaché à nos quatre langues nationales, s'exprime couramment dans deux d'entre elles, allez disons trois. Connaisse à mort le paysage politique suisse, son Histoire, ses ressorts.
     
    Il pourrait être, aussi, souverainiste, attaché au pays profond. Social, soucieux des plus humbles. Anti-libéral. Anti-atlantiste. Anti-impérialisme américain. Anti-mondialisation financière. Anti-capitaliste. Anti-cocktails de glandus en costards. Bref, un artisan du métier. Parmi d'autres artisans.
     
    Juste une question : si vraiment, par aventure, cette personne devait exister (pure hypothèse, of course), pourquoi diable voudriez-vous qu'elle aspire à présider la SSR ? Alors que son bonheur, son intensité de vie, est dans l'artisanat, jour après jour.
     
    La machine est donc condamnée à recruter des amateurs. Des hurluberlus de salon. Extérieurs à l'essentiel : l'acte de production. Sa férocité de vie.
     
     
    Pascal Décaillet