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Sur le vif - Page 2

  • La guerre de civilisations n'existe pas

     
     
    Sur le vif - Dimanche 12.04.26 - 18.28h
     
     
     
    Par pitié, ne vous couvrez pas de ridicule en parlant de "guerre de civilisations". Ces mots méprisants, néo-coloniaux, n'ont pas davantage lieu d'être, dans l'affaire USA-Israël-Iran, que dans celle du printemps 2003 entre les Etats-Unis, leur toutou britannique et l'Irak.
     
    Par pitié, n'aggravez pas votre cas en usant de ce terme, "Occident", encore plus insolent, encore plus colonial, qui donne toujours l'impression d'un major britannique de l'armée des Indes, sirotant son whisky, sur la véranda de sa résidence de luxe, le regard figé sur le soleil couchant, tandis que l'évente un boy au sourire de miel.
     
    L'idée même qu'existerait une communauté d'appartenance entre notre vieille Europe et les Etats-Unis d'Amérique, pour mener une guerre de valeurs contre le monde arabo-persique, est une pure construction intellectuelle. Là aussi, coloniale, plus que jamais. Arrogante. Dominatrice. Pilleuse de richesses.
     
    Les valeurs ? Vous voulez rire ! Nous, Européens, sommes irrigués jusqu'au plus profond de nos racines par le legs de l'Orient aux mille scintillements. Nos langues viennent d'Orient, via notamment le grec. Nos alphabets. Nos sciences. Nos connaissances en astronomie. Nos inflexions spirituelles, à travers l'infinie diversité des rites antiques, Assyrie, Hébreux, Mésopotamie, Égypte, puis les traditions coptes, araméennes, syriaques, arméniennes.
     
    L’Égypte, oui, tellement l’Égypte ! Avec ses grondements telluriques de rites, ceux des Pharaons, ceux des Pères du Désert, ceux des ermites coptes du christianisme primitif, avant que Nicée ne fige les codes pour tenter de cimenter l'unité de l'Empire, à l'Ouest.
     
    Faces aux ombres immenses de cette filiation, quel poids, autre que dérisoire, peuvent avoir ces mots, "civilisation occidentale" ? Surtout lorsqu'ils sont utilisés pour justifier le soutien indéfectible (jusqu'à quand ?) de Washington à l'arrogance coloniale, mortifère, de M. Netanyahu.
     
    Il n'y pas de guerre de civilisations contre la Perse. Ni contre le Liban. Ni contre l'Irak, en 2003. Il y a des expéditions coloniales yankees, avec des objectifs économiques, énergétiques, colossaux, sous le paravent de "droits de l'homme". Ne parlons pas du nucléaire ! Quelle est la seule puissance au monde, à ce jour, depuis 81 ans, à avoir fait usage, à deux reprises en quelques jours, de l'arme nucléaire ? Ca n'était, à ma connaissance, ni l'Iran, ni l'Irak. Ni la Russie. Ni l'Inde. Ni la Chine.
     
    Il n'y a pas de guerre de civilisations. Il y a une puissance coloniale et dominatrice à Washington, une autre en Israël, qui défendent leurs intérêts stratégiques, territoriaux, énergétiques. C'est leur guerre. Elle ne doit en aucune manière être la nôtre. Les morts de Gaza, et aujourd'hui ceux du Liban, nous leur devons, tout au moins, cette mise au point sémantique sur l'usage des mots.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La place de Netanyahu est à La Haye

     
     
    Sur le vif - Jeudi 09.04.26 - 07.59h
     
     
    Le Liban, scène collatérale du théâtre d’opérations iranien ? Pas du tout ! L’horreur absolue qui s’y déroule dévoile, comme en palimpseste, l’appartenance du Liban à un plan de guerre général, dûment prémédité par les pires faucons d’Israël, décliné diaboliquement en fonction de l’intensité ou des cessez-le-feu avec l’Iran.
     
    Dès que Trump laisse poindre la possibilité d’un accord avec Téhéran, Netanyahu en profite pour mettre le paquet sur le Liban. Et pour y massacrer tous azimuts, comme il le fit pendant deux ans à Gaza.
     
    Le plan ? Augmenter de facto (même pas besoin tout de suite d’annexer, comme en juin 67) le territoire israélien. Créer une zone incompressible, au Sud du Liban, qui puisse servir d’antichambre sécuritaire à Israël, pour très longtemps. Une sorte de Sac du Palatinat (1688), trois siècles et demi après.
     
    Pour cela, sans même plus s’appuyer sur l’argument de la présence du Hezbollah, Israël pulvérise, massacre massivement la population civile du Liban, exactement comme à Gaza. Le but n’est autre qu’une extension pure et simple de son propre territoire. Il faisait partie du plan, longtemps avant la guerre avec l’Iran.
     
    Pire : IL ÉTAIT LE PLAN. Pire encore : IL ÉTAIT L’ESSENTIEL DU PLAN. Et si l’affaire iranienne n’avait été que le gigantesque leurre des ambitions territoriales d’Israël au Sud du Liban ?
     
    La place de Netanyahu n’est ni à Jérusalem, ni au Sud du Liban. Elle n’est ni dans la liste des Justes, légitimement chère au peuple d’Israël, ni dans celle des hommes de bien. La place de Netanyahu, comme d’ailleurs celle de Trump, est à La Haye.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Rima : un parfum de cachet

     
     
    Sur le vif - Vendredi 03.04.26 - 18.21h
     
     
    Bon. Si je résume, il suffit que n’importe quel barbouze de la Cinquième Colonne pro-Netanyahu, section France, lance une délation pour « apologie du terrorisme » pour que la justice et la police de la République se précipitent à flanquer Rima Hassan en garde à vue. Et en avertissent les médias avant même l’audition, histoire que le récit préfabriqué précède l’événement, comme l’existence précède l’essence.
     
    Tant qu’à faire, autant réhabiliter les lettres de cachet, avec séjour à la Bastille à la clef. Ou les masques de fer. Ou les trajets en canot vers le Château d’If. Ça sent l’Ancien Régime, toute cette péripétie, où le féodal le dispute à l’arbitraire. Manque juste le Collier de la Reine, prochain épisode sans doute.
     
    Et les délateurs, ils s’annoncent ? Ils se présentent, auprès du public ? Leurs liens d’intérêts ? Leurs réseaux ? On peut connaître leur visage, à ces colombes pascales ?
     
    Et les Praud, les Le Bret, toute la soldatesque bolloréenne qui se surexcite ! Et la drogue, vous pensez ! French Connection ! Marseille ! Quartiers Nord ! 
     
    Toute cette histoire, c’est un épisode, parmi mille autres, de la création parfaitement concertée, planifiée, construite, d’un roman noir visant à la prise du pouvoir en 2027. Pas celle de Marine. Non, celle de son jeune acolyte ultra-libéral, fringué comme un banquier, et si grand ami de M. Netanyahu. N’a-t-il pas pris soin, en pleine période de massacre généralisé à Gaza, d’aller, en parfait gendre de boulevard, lui présenter, sur place, ses hommages ?
     
     
    Pascal Décaillet