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Sur le vif - Page 2

  • Fouquier-Tinville face à l'armée des ombres

     
     
    Sur le vif - Dimanche 28.06.26 - 17.09h
     
     
     
    Je l’ai déjà dit ici : en aucun cas, si j’étais Français, je ne voterais pour Mélenchon. Mais désolé, il est de loin le plus brillant. Sa culture, son sens de l’Histoire, ses dons éclatants de tribun, tout cela fait de lui une bête de campagne, et surtout une figure profondément française. Une figure nationale, et non un passant mondialiste. Un homme entier, insupportable mais surdoué, instinctif, joueur. Au premier tour, il fera un tabac. Ensuite……
     
    Pourquoi, dès lors, ne voterais-je pas pour lui ? Sur son programme souverainiste, son sens de la nation, son intransigeance républicaine, sa soif de justice sociale, son anti-atlantisme, son rejet de tout colonialisme, je peux le rejoindre un bon bout. Et son programme de nationalisations ne fait absolument pas peur au partisan de l’Etat que je suis : j’admire celles de 1944/45 (de Gaulle, avec les communistes), et même celles de 1981 (Mitterrand, avec les communistes).
     
    Mais le problème de Mélenchon, c’est….. Mélenchon lui-même ! Si la référence constante à la Révolution française ne me gène absolument pas en soi, bien au contraire, on y perçoit tout de même, chez notre homme, à cause des excès éruptifs de sa personne, davantage les charrettes chargées de condamnés en route pour la Place de Grève, et l’image de la lame ensanglantée, que l’affranchissement du régime féodal, ou la prodigieuse épopée des Soldats de l’An II.
     
    Cet homme étrange porte, dans le paroxysme de ses contradictions, les noces de l’intelligence et de la démesure, la puissance du verbe et la capacité, pourtant, de sa propre parole à se retourner contre lui. Son rapport délirant au pouvoir, aussi : il y a, en lui, un dictateur qui ne sommeille même pas, disons qu’il rêve à haute voix, et que certains des mots qui feignent de lui échapper, révélateurs de sa nature profonde, donnent des frissons.
     
    Par les temps qui courent, la France a besoin d’un rassembleur, d’un réconciliateur. Pas d’un forcené de la division. Ni d’un esthète de l’hyperbole. Elle a besoin d’un Henri de Navarre, franchissant le Pont-Neuf, en entrant enfin dans Paris le 22 mars 1594, pour apaiser, recoudre, refaire l’unité, après la sainte horreur des Guerres de Religion. Henri, oui, et en aucun cas un chef de clan.
     
    Face à lui ? Des bourgeois. Des installés. Des notables, en quête de retour. Des sociaux-démocrates illisibles. L’armée des ombres.
     
    J’ignore absolument ce que nous réservera le printemps 2027, mais ce diable d’homme, faute d’enivrer l’Histoire, fera parler de lui.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Geneviève Aubry : caractère, courage et solitude

     
     
    Sur le vif - Dimanche 21.06.26 - 14.29h
     
     
     
    J'ai connu Geneviève Aubry dans mes années bernoises. Elle était la figure de proue du Jura bernois, et moi, un ami de toujours de la République et Canton du Jura. Ce qui ne m'a jamais empêché d'apprécier et respecter les gens des districts du Sud, qui avaient choisi de demeurer Bernois.
     
    Geneviève Aubry était une femme de droite. Une radicale intransigeante. Une patriote suisse. Quoi qu'on pût penser de ses positions, elle a été l'une des femmes les plus extraordinairement courageuses que j'aie pu croiser dans le champ politique. Une combattante d'exception. Une démocrate, qui livrait ses batailles dans le champ des idées, celui des conceptions des intérêts supérieurs du pays.
     
    Elle était surtout, dans un environnement médiatique, celui des journalistes accrédités au Palais fédéral (j'en étais), cherchant surtout à ne pas déplaire aux modes progressistes, une femme totalement déterminée à livrer son combat, qu'elle croyait juste. Un caractère. Et surtout, qualité suprême à mes yeux, une rare puissance de solitude.
     
    Cette combattante nous quitte aujourd'hui, à l'âge de 98 ans. A ses proches, sa famille, j'adresse ma sympathie émue et confédérale.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Ce qui nous rassemble

     
     
    Sur le vif - Dimanche 21.06.26 - 10.43h
     
     
    A tous ceux qui m'ont adressé hier leurs voeux, mes vifs et chaleureux remerciements !
     
    Dans trois jours, GAC finira sa vingtième année d'existence, pour une pause d'été qui fera du bien.
     
    Vingt ans. Révolus.
     
    Tenir une émission exige rigueur, discipline, persévérance, aptitude au combat, instinct et passion. Ca n'est pas un job pour amateurs.
     
    Tenir une émission politique exige connaissance du terrain, des hommes et des femmes, ancrage historique, amour du pays.
     
    Je ne fais pas d'émissions sur les sujets "de société", encore moins sur la vie privée. Je fais des émissions politiques, au sens où l'entendaient les Athéniens, il y a 25 siècles.
     
    En toutes choses, je cherche la dimension du collectif. Ce qui, au-delà de nos divergences, nous rassemble.
     
    Oui, ce qui nous rassemble.
     
    Pascal Décaillet