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Sur le vif - Page 164

  • Energie : les incompétents et les idéologues, dehors !

     
    Sur le vif - Lundi 18.07.22 - 12.26h
     
     
    Reprise immédiate du nucléaire, en se tournant vers l’avenir, et les centrales de toute nouvelle génération. Mise à la retraite immédiate des politiciens qui nous ont amenés, par pure idéologie militante, à l’impasse énergétique que nous allons connaître l’hiver prochain, à commencer par le plus haut niveau, celui du Conseil fédéral. Mais aussi, certains ministres cantonaux de l’Energie. Mais encore, certains directeurs idéologues de services d’approvisionnement et de distribution. Changement radical de vision, sur l’ensemble du pays. Rupture sans appel avec les sectaires et les millénaristes, qui nous conduisent à la catastrophe.
     
    Un seul impératif : l’approvisionnement de la Suisse. Toutes sources d’énergie confondues. Sans le moindre a priori moral, ni idéologique. Vision de survie, uniquement stratégique, pragmatique. D’abord, les intérêts supérieurs de notre pays, de ses habitants. Au besoin, mise en place de procédures judiciaires contre les idéologues qui nous ont amenés là. Atteinte à la sécurité de la nation.
     
    Mon père a fait partie de la génération d'ingénieurs qui ont contribué à construire des barrages, puis des canalisations et tunnels collecteurs tissant, dans la montagne alpine, des liens entre les différents réseaux et turbines. Ce travail titanesque, ils l'ont accompli dans un esprit national : ils avaient vécu la guerre, ils savaient ce que signifie l'impératif absolu d'auto-approvisionnement. Cette oeuvre extraordinaire, ils ne l'ont pas engagée pour qu'une bande d'idéologues abstraits vienne aujourd'hui la saccager : ces prédicateurs verdâtres, qui croient à la "communauté internationale", et à la gentille solidarité entre nations, n'y connaissent strictement rien !
     
    L’énergie, comme la défense nationale, relève des intérêts stratégiques supérieurs du pays. Elle ne saurait accepter nulle trahison interne, nulle incompétence, nul flottement de mollesse. Elle exige, de la part du pays tout entier, un esprit de tension, de guerre, de combat. Rien d’autre à dire.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Qui après Draghi ? Mais on s'en fout !

     
    Sur le vif - Samedi 16.07.22 - 07.21h
     
     
    L’Italie est un pays où la politique, depuis 1945, n’a jamais réussi à s’imposer. En 1946, les Italiens ont choisi la République, mais cette dernière demeure si faible, face au poids des familles, des intérêts privés, des forces de l’Argent, des clans. C’est un pays où l’Etat adore les signes de puissance, pour masquer sa faiblesse face aux féodalités.
     
    La politique italienne est déprimante, désespérante. Elle distrait le badaud par la Comedia dell’Arte de ses bisbilles intestines, mises en scène par une presse pleine de verve (rien ne vaut les colonnes des grands chroniqueurs), mais sur le fond, elle ne tient pas la route face à la puissance des intérêts privés.
     
    La Democrazia Cristiana, toute puissante dans les quatre décennies qui ont suivi la guerre, porte une écrasante responsabilité dans cette subordination de la République à la puissance des clans. Liens privilégiés avec le système féodal des grandes familles. Pays offert aux prédateurs américains, présents dès 1943 dans le Sud, où ils ont noué les plus aimables contacts avec les clans, puis dès 1945 dans le Nord. Ils ont aidé à la reconstruction, c’est sûr, mais n’ont jamais manqué d’en exiger l’implacable rançon. Elle s’appelle subordination.
     
    L’Italie est un pays extraordinaire, mais sa politique depuis 1945 est sans intérêt. Aucun homme, pour porter un projet national unitaire, enthousiasmant, fédérateur. Plein de gens très intelligents, raffinés, cultivés, mais aucun chef pour affirmer la grandeur de la nation italienne, sa primauté face au système des familles. Là aussi, quatre décennies de démocratie chrétienne plus européiste que nationale, subordonnée aux Américains, incapable d’imposer l’Etat, de formuler un projet fédérateur entre le Nord et le Sud, ont été catastrophiques.
     
    Dans ces conditions, le nom du Président du Conseil, Mario Draghi ou un autre, doit demeurer parfaitement indifférent à l’observateur lucide des rapports de forces politiques. Ces gens-là, aussi intelligents soient-ils, sont des passants. Alors, laissons-les passer, continuons d’adorer ce pays pour l’époustouflante beauté de ses paysages, sa culture, les richesses dialectales de sa langue, la vivacité d’intelligence de ses habitants, l’inventivité de sa cuisine, son génie de la construction, son style de vie unique au monde. Mais pour la politique, pour la primauté de l’Etat sur les intérêts privés, c’est un échec, monumental. Depuis 1945. Ou deux ans avant, si vous préférez.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Appartenance à la puissance de la mémoire

     
    Sur le vif - Mercredi 13.07.22 - 10.41h
     
     
    Jeune ingénieur, mon père, Paul Décaillet (1920-2007), construisait en 1942 le Fort d'Artillerie de Champex, en pleine guerre. Il y rencontre une jeune fille d'Orsières, Gisèle Rausis (1920-2010), ma mère, fille d'Emma et de Maurice Rausis (1892-1925), mon grand-père, instituteur, musicien, Capitaine à l'armée, décédé à l'âge de 33 ans d'une crise de diabète, foudroyante. Entre Paul et Gisèle, idylle immédiate. Mariage le 1er mai 1942. 65 ans d'union, jusqu'au décès de mon père, le 13 juillet 2007, il y a jour pour jour quinze ans. Belle histoire.
     
    Avec ma soeur Dominique, et toute ma famille, nous avons évidemment aujourd'hui, pour notre père, une pensée particulière. Le premier souvenir est celui des innombrables marches en montagne, été après été, avec nuits en cabane. Bagnes, Entremont en tout premier lieu, région Salvan, Dents du Midi, mais aussi rive droite, Rambert, ou encore Hérens, Anniviers, Haut-Valais. Pour le chaud, on pouvait compter sur la soupe de la cabane, où le lardon dominait. Sinon, dans le sac à dos, du lard (encore !) bien sec, un bout de Bagnes ou d'Orsières, du pain de seigle dur comme un caillou, un solide couteau bien tranchant, des fruits secs, du chocolat qui fondait dans la poche extérieure, un boutillon de thé tiède auquel je préférais l'eau glacée des ruisseaux, et puis basta ! A nous la grande aventure !
     
    Ces randonnées alpines, dont certaines dantesques (Aiguilles du Tour en 1966, montée par Orny, nuit à la Cabane du Trient, deux monstres cordées rivales, sous la haute autorité de mon Oncle Raoul, guide de montagne et futur Président du Grand Conseil, ou encore Sentier des Chamois complet, jusqu'à Fionnay, via le lac de Louvie) n'ont pas empêché mes parents de nous faire découvrir le vaste monde, du Proche-Orient jusqu'au Cap Nord. Dire qu'ils ont accompli leur mission est un faible mot.
     
    J'écris ces quelques lignes à quelques mètres du piolet de mon autre grand-père, Emile Décaillet (1887-1941), époux de Marie, mes grands-parents paternels. Emile, originaire évidemment de Salvan, entrepreneur au Châtelard (où mon père a passé son enfance), puis à Martigny. Il y a, dans tout cela, ces récits et ces souvenirs entremêlés, bien plus que des racines. Disons la puissance d'un sentiment d'appartenance. Retrouver, tous les ans, l'extase du pays physique, me plonge dans une profonde communion spirituelle avec ceux qui nous ont précédés.
     
    Appartenance à la puissance de la mémoire.
     
    Mon rapport passionnel à l'Histoire, depuis l'enfance, est lié à ces choses-là. N'avoir connu aucun de mes quatre grands-parents, tous nés au 19ème siècle (1886, 1887, 1892, 1895). Retrouver un fil. Dégager la fresque, sous la couche de peinture.
     
     
    Pascal Décaillet