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Sur le vif - Page 165

  • Manu, Marine : il faudra un peu causer, ces prochains mois !

     
    Sur le vif - Mardi 12.07.22 - 10.44h
     
     
    Emmanuel Macron est un homme intelligent, et surtout très doué pour survivre politiquement. Alors, la leçon de l'Assemblée nationale, lors du débat sur la motion de censure, il a dû la comprendre. La violence extrême de l'extrême-gauche mélenchonienne face à sa Première Ministre, le choix des mots, la déclaration de guerre totale de la cheffe des députés de La France insoumise, tout cela change radicalement la donne.
     
    Quelle donne ? Mais c'est très simple : celle du rapport que les troupes présidentielles devront entretenir, ces prochains mois ou prochaines années, avec le Rassemblement national. Il faudra, pour faire passer des lois, travailler avec eux. Il n'y a, contre l'absolue folie révolutionnaire des enragés de Mélenchon, aucune autre issue. Les leçons de morale, c'est fini. Le plafond de verre a éclaté aux législatives. Le grand vainqueur de l'ensemble de l'exercice électoral, sur quatre dimanches, du printemps 2022, c'est Marine Le Pen. Depuis de longues années, elle tissait patiemment son réseau. Dans toute la France, elle semait. Le temps de la récolte approche. On ne fera pas la politique française sans elle.
     
    Le danger, pour la France, c'est l'extrême-gauche mélenchonienne. Son leader charismatique, en tout premier lieu. Mais déjà, ses émules pullulent. Ainsi, la charge de cavalerie, en forme de guerre totale, disons Murat sur les glaces d'Eylau, de la cheffe de file de La France insoumise, Mathilde Panot, contre la Première Ministre, Elisabeth Borne. Sur la forme, un grand moment oratoire. Cette jeune députée, solide, brillante, précise et cristalline dans le choix des mots, syncopée dans la répétition, nous a livré un discours qui restera dans les Annales de l'Assemblée. Voilà une politicienne qui sait parler. Elle ira loin.
     
    Du Mélenchon, tantôt Conventionnel, tantôt Thermidorien, jacobin jusqu'aux sommets de la Montagne, la guerre, toujours la guerre, du Clemenceau, du Tigre. D'un côté, on se réjouit que la France, après cinq ans de godillots aux ordres de Macron, ait enfin une Assemblée digne de ce nom, au sens de la Convention révolutionnaire, un espace libre pour la parole, le choc des antagonismes, la critique du pouvoir en place, et là Mme Panot a été extraordinaire.
     
    Mais de l'autre côté, il y a le fond. Qu'elle déclare la guerre au gouvernement, c'est le rôle de l'opposition. Mais son programme, à elle ! Le populisme de l'extrême-gauche mélenchonienne, dans sa radicalité intellectuelle. Coupée du réel, exactement comme l'étaient les ultras-jacobins, sous la Convention. Nous sommes là dans une posture d'un tel sectarisme, au sens étymologique de la coupure, que nulle politique, nul jeu d'alliances, nulle ductilité parlementaire (dont cette Assemblée passionnante et polymorphe, très Quatrième, aurait justement le plus grand besoin) ne sont possibles. Avec Mélenchon et ses troupes, un seul choix : les aduler, ou les combattre avec la même violence que celle dont ils se drapent.
     
    Face à cette absolue radicalité du dilemme, surgie des méninges et de la configuration spirituelle intérieure du gourou Mélenchon, il y a une certaine Marine Le Pen. 42% des Français pour elle à la présidentielle, du jamais vu. Aux législatives, elle a fait sauter la banque. Elle place doucement ses hommes et ses femmes aux postes qui compteront. Elle s'apprête à jouer le jeu parlementaire. Elle ne s'énerve pas. Elle maîtrise. Elle va très bien. Ca n'est même plus de la dédiabolisation, c'est du sourire et de l'aisance, au milieu de la tempête.
     
    Emmanuel Macron est un homme intelligent. Il n'est ni dans la situation de von Papen, ni dans celle de Hindenburg. Pour la simple raison que nous ne sommes pas en 1932, mais en 2022. Pas sous la République de Weimar, mais dans la Cinquième République française. Et surtout, que la force montante de la droite nationale et patriote française n'a strictement rien à voir avec le mouvement qui allait s'imposer à Berlin le 30 janvier 1933. On priera donc bien gentiment les éternels hallucinés de la référence aux années trente de bien vouloir considérer les problèmes d'aujourd'hui, partout en Europe : retour des nations, besoin urgent d'un printemps des peuples, nécessité absolue de limiter drastiquement les flux migratoires, préférence nationale, emploi des jeunes, pouvoir d'achat, dignité de vie des retraités.
     
    Alors, l'homme intelligent de l'Elysée n'a plus le choix. Il devra, au coup par coup, pour faire tout de même passer une ou deux lois dans cette législature difficile et périlleuse, prendre langue avec le Rassemblement national. Parce que l'ennemi commun, le seul vrai danger pour la France, c'est le modèle intellectuel de coupure du système Mélenchon. Coupure, comme secte, sectarisme, folie du Grand Soir, couteau entre les dents.
     
    On a dit "République", c'est un beau mot, le plus grand de tous. On a dit "République", oui. Mais, jusqu'à nouvel ordre, on n'a pas dit "République populaire".
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Militaires suisses, merci !

     
    Sur le vif - Lundi 11.07.22 - 18.06h
     
     
    Les casernes, abris, et autres équipements de l’armée suisse sont là pour accueillir les militaires de l’armée suisse. À qui nous, citoyennes et citoyens suisses, devons reconnaissance et soutien pour leur engagement au service de notre pays.
     
    J’ai moi-même consacré près de 500 jours de ma vie à cette institution, et suis plein de reconnaissance, de solidarité et d’amitié envers tous ceux, hommes, femmes, toutes armes et toutes fonctions confondues, tous grades mêlés, qui prennent aujourd’hui le relai.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Vous n'avez rien vu venir, Mme Sommaruga !

     
    Sur le vif - Dimanche 10.07.22 - 10.58h
     
     
    Hallucinant. Simonetta Sommaruga, la ministre en charge de l'énergie en Suisse, nous annonçait benoitement, il y a quelques jours, la probabilité de pénuries énergétiques pour l'hiver prochain, notamment pour l'approvisionnement en gaz. En clair, des centaines de milliers de foyers sans chauffage.
     
    Que fait Mme Sommaruga ? Elle constate. Elle observe. Elle annonce le malheur. Cassandre. C'est très sympathique de sa part. Mais enfin, d'une Conseillère fédérale, on est en droit d'attendre une autre fonction, dans la Cité, que celle de Madame Météo. Elle est membre du gouvernement de notre pays, chargée du dossier ! Depuis des années, elle a la haute main sur l'approvisionnement, les choix stratégiques à opérer, avec devoir absolu d'anticipation, prévision de tous les scénarios, à commencer par celui du pire. Sa lucidité estivale est certes rafraîchissante, mais elle est terriblement tardive.
     
    Car pendant toutes ces années, Mme Sommaruga, qu'avez-vous fait ? Vous avez laissé la Suisse abandonner le nucléaire. Vous n'avez pas suffisamment diversifié notre approvisionnement, en fonction des scénarios stratégiques où le tragique de l'Histoire (comme aujourd'hui en Ukraine) aurait pu se réveiller. Vous avez vécu dans un monde de paix, de rêves, de fraternité universelle, cette vision multilatérale où la "communauté internationale" serait une sorte de gentillesse mondialisée. Bref, vous n'avez rien vu venir.
     
    Votre vision, Mme Sommaruga, a été celle de la gauche ouatée. On roule à vélo, sur les contours fleuris de la Route Enchantée. On nie les impératifs de la Défense nationale. On plante, de sept en quatorze, un panneau solaire sur une chaumière bobo de nos belles campagnes. On éradique le nucléaire, à qui nous devons tant, depuis des décennies, et qui pourrait nous sauver, dans une version modernisée, si nous savons revenir sur nos errances récentes. On a juste oublié le sens du tragique. C'est cela, Madame, votre horizon d'attente, votre monde.
     
    Ca n'est pas le nôtre. Nous voulons des ministres qui anticipent et qui se battent. Qui défendent les nôtres. Qui placent les intérêts supérieurs de la Suisse au premier rang de leurs préoccupations. Qui ne se sentent pas responsables du monde entier, mais puissamment de la petite parcelle dont ils ont à s'occuper. La vôtre, Mme Sommaruga, commence à Chiasso et se termine à Schaffhouse. Elle débute à Romanshorn et s'achève à Chancy. Si, à l'intérieur de ce périmètre, des compatriotes crèvent de froid cet hiver, si leurs canalisations éclatent par impéritie de l'autorité supérieure, ils sauront qui remercier, Mme Sommaruga.
     
     
    Pascal Décaillet