Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Liberté - Page 918

  • 2018 : une Année qui respire !

    le%20heron.jpg 

    Sur le vif - Vendredi 29.12.17 - 17.16h

     

    Mes vœux pour 2018 : je nous souhaite à tous une année qui respire.

     

    Une année où il fasse bon vivre. Plaisir à être ensemble. Dessiner des scénarios pour un futur commun. En nous engueulant, parfois. Ca fait du bien. Ca fait partie de la démocratie. Il faut se méfier des eaux trop calmes.

     

    Respirer, au sens de la musique. Et de la poésie, lue à haute voix. Apprendre, dès l'aurore de la vie, ce qu'est une virgule, un point, un point-virgule, une interrogation, une suspension, un "e" muet, celui qu'on compte dans le vers, celui qu'on élide. Apprendre le soupir, la pause, la double croche. Le chemin vers l'oralité, qui est l'une de mes passions, donc celui (par exemple) de la parole radiophonique, se trace doucement, patiemment, dans la mise en succession des syllabes et des silences, des accélérations et ce qu'on retient, du souffle éperdu et de l'immobilité feinte. Ou réelle. La radio est un jeu de vie et de mort.

     

    Notre école, dès le plus jeune âge, a besoin d'organiser le silence et la parole, le "h" qu'on aspire et celui qu'on élide, ou même qu'on élude. Amener l'élève à tenir un discours sur le langage. De mon temps, cela s'appelait la grammaire, et puis l'analyse logique, j'ai toujours trouvé ça génial, en français, en allemand, en latin, en grec. Mais peu importe le nom de ce méta-langage, pourvu qu'il existe. Non pour dominer la langue (quelle illusion, quel étouffement !), mais pour mieux l'embrasser. L'étreindre ? Celui qui prétend à l'oralité doit prendre des risques avec le verbe. Se montrer joueur, avec la mort.

     

    Respirer, dans le regard qu'on porte à l'actualité. Lui donner toute son existence, oui, mais aussi du sens, du champ, de l'arrière-pays. Cela, pour moi, passe par l'Histoire. Mais chacun usera de l'outil qu'il voudra. Pourvu que chaque décrypteur, en plus de nous l'annoncer, cette actualité, nous emmène dans son univers de références à lui. Sa valeur ajoutée. A ce choc de signifiants, personne n'a objectivement raison, encore moins théologiquement, ni mathématiquement. On confronte les subjectivités, on frotte des silex. Peut-être une intelligence collective, entre gens de bonne volonté, triera-t-elle le bon grain et l'ivraie. Je voudrais y croire.

     

    Respirer, chacun d'entre nous, dans son chemin de vie, son rapport à la mort. Respirer face au destin, face à l'inéluctable. Respirer, tant que demeure en nous le moindre souffle qui nous le permette.

     

    Prenez La Fontaine, les Fables, le Héron. Enregistrez-vous. Essayez de le dire juste, ce texte sublime, vous les retrouverez très vite, ces "h" qu'on aspire, ceux qu'on avale, ceux qu'on ignore, ces "h" comme dans "Héron", comme par hasard le titre du poème. Comme par hasard, sur un animal qui a faim. Comme par hasard, un texte où il est question d'avaler, aspirer. Le Héron voudrait manger, il laisse passer ses proies, il ne peut plus. Ne pas manger, à la fin, c'est la mort. Ne pas respirer, aussi. Il faut apprendre à le lire, ce "Héron", de La Fontaine, avec l'exigence absolue de respirer juste, scander juste, donner à chaque virgule, chaque syllabe, l'exactitude de son poids. Enregistrez-vous. Ecoutez-vous, vingt fois, cent fois. Recommencez. Ne boudez ni votre plaisir à l'écoute de votre propre voix, ni votre rage à chaque faiblesse de votre lecture. C'est ainsi que l'on progresse en radio, que l'on avance dans l'ordre de l'oralité.

     

    Oui, je nous souhaite à tous une année de la respiration. Non pour s'extraire du combat. Mais pour donner du corps, du souffle, des poussées de sang et de désir à notre rapport à la vie. Face à la mort.

     

    Excellente Année 2018 à tous !

     

    Pascal Décaillet

     

  • La toute dernière de Billag

     

    Sur le vif - Jeudi 28.12.17 - 15.25h

     

    Toutes les années, je m'acquitte au 1er mai de ma redevance Billag, radio et TV, pour la somme de Fr. 451.10. Là, je l'ai fait, comme toujours, payement effectué le 24 avril 2017, pour la période du 01.01.17 au 31.12.17. Je déteste avoir le moindre retard dans le paiement de mes factures.

     

    Ce matin, dans ma boîte aux lettres, une facture concernant le 2ème semestre 2017 (dûment acquitté le 24 avril, donc), pour la somme de Fr. 225.55.

     

    A l'instant, j'appelle Billag. Je tombe sur un Monsieur très poli. Sous mon nom, avec même adresse de facturation, et autre numéro de client (sorti d'où ?), une fausse date de naissance. Et surtout, une adresse bernoise, que j'ai quittée il y a..... 24 ans et deux mois ! Date à laquelle j'ai cessé d'être correspondant RSR à Berne, pour revenir vivre en Suisse romande !

     

    Bref, un monumental pataquès. Digne de la bureaucratie tsariste à l'époque de Gogol.

     

    Le Monsieur, toujours très poli, me dit de ne surtout pas payer cette facture, qu'il s'agit d'une erreur, qu'il me le confirmera par écrit. Je lui fais confiance, et n'ai rien contre lui.

     

    Mais je me dis quand même que des erreurs aussi colossales doivent, peut-être, exister par centaines. Par milliers ? Il n'y a aucune raison que j'en sois la seule victime.

     

    De là à conclure qu'un certain flottement règne dans cette entreprise...

     

    Cela influencera-t-il mon vote ? La réponse est non. Car je suis un citoyen assez mûr et responsable pour voter sur ce qui m'apparaît comme l'intérêt supérieur du pays, et non sur une anecdote me touchant personnellement.

     

    Mais j'avais quand même furieusement envie de le raconter.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Plaidoyer pour l'intérêt supérieur du pays

    55e00380-ab31-4866-85e8-37fd46960852 

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.12.17

     

    Au seuil de la nouvelle année, je plaide ici pour l’intérêt supérieur de notre pays. Nous, les citoyennes, les citoyens, hommes et femmes libres, adultes, vaccinés, surgis de tous les horizons, avec nos opinions divergentes, ce qui doit nous réunir, c’est le souci du bien commun. Que nous soyons de gauche, de droite, libéraux ou protectionnistes, réformistes ou conservateurs, peu importe ! Confrontons nos opinions, bagarrons-nous en saine démocratie, engueulons-nous fraternellement, mais de grâce, gardons à l’esprit que le but ultime de nos combats, c’est d’être utiles à notre pays. Non à tel ou tel corporatisme. Non à tel ou tel parti, qui n’a pas à être un but en soi. Mais à l’ensemble. Facile à dire. Difficile à mettre en œuvre.

     

    Regardez la santé. Un casse-tête. Caisse unique ? Caisses publiques ? Couper les ailes aux lobbyistes à Berne ? Fixer les primes en fonction du revenu ? Modèle étatisé ? Privé ? Chaque Suisse, comme dans le domaine de l’éducation, a sa petite idée. Huit millions de ministres de la Santé ! Chacun, surtout, sent en soi la colère qui gronde, parce que les primes, depuis vingt ans, ne cessent de grimper. A partir de là, que faire ? Le Parlement, le Conseil fédéral, sont-ils encore dignes de confiance ? La démocratie directe, activée par plusieurs initiatives conjointes, sera-t-elle la solution ? De ce capharnaüm, rien de durable ne pourra émerger sans une disposition d’âme, en chacun d’entre nous, liée sincèrement à l’intérêt supérieur de la communauté humaine de notre pays. A cela, et non à la défense de telle corporation, tel groupement d’intérêts : il y a un moment où le foisonnement associatif de la Suisse doit céder la place à la clarté de l’intérêt général. Idem pour les retraites. Idem pour la fiscalité.

     

    Oui, mais comment définir l’intérêt général, autrement qu’en dégageant des majorités ? C’est précisément pour cela que je crois si fort à la démocratie directe, principalement aux initiatives populaires. Parce qu’elles viennent d’en bas. Elles exhument de l’indifférence les thèmes boudés par les clercs. Elles agitent des sujets méprisés par les élites, politiques ou médiatiques, qui sont d’ailleurs liées. Elles établissent une rude et saine concurrence à la bonne vie parlementaire. Elles les secouent, et c’est pourquoi les élus, se bouchant le nez, affichent leur mépris pour ces textes munis de plus de cent mille signatures, ayant passé l’épreuve de la rue, des empoignades devant les stands de signatures. Alors, eux, les parlementaires, font tout pour invalider l’initiative, empêcher la votation d’avoir lieu. Ils ont tort, évidemment, car ce comportement montre leur peur face à cette concurrence surgie de la base. Et surtout, leur volonté de défendre l’institution parlementaire, hélas parfois, avant le sujet lui-même, qui ne doit être considéré que dans l’intérêt supérieur du pays.

     

    Cette dialectique entre démocratie directe et démocratie participative, l’une et l’autre étant parfaitement utiles et respectables, continuera de nous accompagner pendant toute l’Année 2018. Que je vous souhaite, à tous, excellente, pleine d’émotion et de lumière.

     

    Pascal Décaillet