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Liberté - Page 903

  • Le Mépris

     

    Sur le vif - Jeudi 22.03.18 - 05.41h

     

    Ici, l'insoutenable légèreté de la Chancellerie. Là, l'arrogance du Conseil d'Etat, son mépris de la démocratie directe, dans l'affaire du Plaza.

     

    Dans les deux cas, on joue avec la démocratie, donc avec le peuple souverain. Celui qui élit, celui qui tranche.

     

    Dans les deux cas, on se coupe du réel. On ferme les yeux, on se bouche les oreilles.

     

    Plaza : s'il fallait tout résumer par le titre d'un film, ce serait l'un des plus beaux de l'Histoire du cinéma, Jean-Luc Godard, "Le Mépris".

     

    Moi-même, je suis sur les rotules, après les 104 interviews des Visages de Campagne. Comme citoyen et comme journaliste professionnel, oui à ce double titre, j'en veux à ce Conseil d'Etat, et surtout à son président, de leur arrogance et de leur frivolité de tour d'ivoire.

     

    Misère hautaine. Sans même le vol de gerfauts du poète.

     

    Fatigue et colère.

     

    Une campagne, c'est la lente et régulière montée à l'autel du corps des citoyennes et des citoyens. Une procession laïque vers l'acte, indivisible, du vote. En mépris de cela, nos hauteurs célestes nous balancent des échantillons de Monopoly. Comme si c'était fictif !

     

    Et ils osent encore nous entourlouper, en prenant les grands airs mondains de ceux qui savent, avec leur "Genève internationale" !

     

    Leur planète n'est pas la nôtre.

     

    Pascal Décaillet

     

  • La nouveauté d'un possible

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    Commentaire - GHI - 21.03.18

     

    Il y a des listes, plus que d’autres, d’où sortent de belles vibrations. Et dans ces listes électorales, il y a bien sûr, avant toute chose, des personnes. En l’occurrence, des femmes.

     

    Une liste avec uniquement des femmes : le principe philosophique ne m’avait jamais plu, je le trouvais sectaire, alors que la République est une et indivisible. Bref, j’étais – et suis encore, au fond – mal disposé, sur le principe.

     

    Seulement voilà, il y a les principes, et il y a les personnes. Pour ma grande opération « Visages de Campagne », 104 candidats face à moi, six minutes chacun, j’ai rencontré huit représentantes de la Liste des femmes. Au-delà de savoir si je suis d’accord ou non avec elles, j’ai découvert des univers, des engagements, une joie militante profondément ancrée. Enfin, quelque chose d’assez puissant, à quoi je ne m’attendais pas.

     

    Ensuite ? Ensuite, rien ! Je n’appelle ici ni à voter pour cette liste, ni à la rejeter, chacun est libre. Mais j’ai découvert, après des décennies de passion pour la chose politique, la nouveauté d’un possible. Pas avec de grands discours, ni des démonstrations, ni des palabres de salons parisiens. Mais avec la force, parfois saisissante, de huit témoignages.

     

    Laisser émerger l’inattendu de la parole, c’est peut-être aussi cela, la mission du journalisme. Alors, à ces dames de passage, je dis simplement merci.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Juristes de la Couronne

     

    Sur le vif - Mercredi 21.03.18 - 15.08h

     

    En déclarant nulle l'initiative "Le Plaza ne doit pas mourir", le Conseil d'Etat affiche une nouvelle fois son total mépris d'un processus parfaitement régulier d'exercice de la démocratie directe, dans le Canton de Genève.

     

    Cette initiative a eu les signatures (11'316). C'est aux citoyennes et citoyens de se prononcer. Pas aux juristes de la Couronne.

     

    Par les temps qui courent, avec les errances de la Chancellerie, et la très laborieuse fin de législature que nous vivons, le Conseil d'Etat serait plus avisé de s'invalider lui-même.

     

    Pascal Décaillet